01 août 2011

En Anglais, c'est plus joli

"Touching Lives, Improving Lives", "Just do it", "Ideas for life", "Open Happiness", tous ces beaux slogans sont ceux de grands groupes. Ils ont été trouvés par de grandes agences de marketing  qui sont généralement très fières d'avoir pu mettre une image verbale, même la plus bateau, sur une marque. Enfin, au moins en anglais.

Parce que la perception ses clients non-anglophones, elle, est très aléatoire. Ainsi, une grande partie des Allemands interrogés à propos du slogan de Jaguar «Life by Gorgeous» l'ont traduit par "Vivre en Georgie" (Leben in Georgia).
Et c'est bien pire en Espagne, en Italie ou en France, là où la langue de Shakespeare (ou serait-ce plutôt celle de Walt Disney) est loin d'être comprise par tous.

Sans compter que des consommateurs européens se demandent à juste titre pourquoi ils n'ont pas droit à une version dans leur langue. Ils paient pourtant le même prix que les autres - parfois même plus cher, quand on leur vend au prix de l'euro ce qu'on paie en dollars outre-Atlantique. Je pense aux ordis d'Apple, par exemple. Leur slo gan "Think different" s'applique-t-il spécifiquement aux écarts de prix entre les deux rives de l'Atlantique?

Pour en revenir au vin, qui est tout de même le point focal de ce blog (pardon, de ce blogue), la traduction ne peut pas toujours être littérale. Il faut tenir compte du point de vue.

Ainsi, aux Etats-Unis, "French Bastard" semble une marque tout à fait acceptable. Mais imagine-t-on Gallo lancer en France la marque "Salaud d'Américain"?

 


 


00:39 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Vins de tous pays | Tags : langue, vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

17 juin 2011

Degrés d'alcool: le réchauffement climatique a bon dos

Une étude de l'American Association of Wine Economics révèle que l'augmentation des degrés d'alcool observée dans le vin a bien moins à voir avec le réchauffement climatique qu'avec une volonté délibérée des producteurs de vins, eux mêmes incités à cette course aux degrés par les critiques vineux les plus influents, adeptes du "fruit très mûr".

Cette étude se base notamment sur les données de 18 ans de mesures effectuées par le monopole de distribution des vins de l'Ontario (LCBO), mesures réalisées sur des vins de toutes provenances (près de 100.000 vins au total, une fois écartés les vins de dessert et vins de type vendanges tardives).

Or, on a constaté des hausse des degrés dans les vins provenant de zones où il n'a pas été observé de réchauffement climatique. Bref, les vendeurs de levures qui nous promettent des produits susceptibles de freiner la hausse des degrés dans les zones chaudes sont un peu à côté de la plaque.

Pour en savoir plus: ICI

Quand on lit tout ça, on comprend mieux pourquoi autant de vignerons en France continuent à chaptaliser quand le climat se réchauffe. Je pense au Beaujolais, par exemple, à cause du scandale du sucrage; mais il n'y a pas qu'eux. Un coup d'oeil sur la liste des AOC permettant tout à fait légalement l'enrichissement à concurrence de 1 à 2%, sans oublier l'osmose inverse, etc, est édifiant.

Et voila pourquoi on ne trouve plus beaucoup de ces rouges de 12° qui nous plaisaient tant il y a 30 ans...

Tiens, si, j'en ai trouvé voici peu chez un naturiste, le domaine des Chardons, en Costières de Nîmes.

00:16 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, Europe, France, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, degrés | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |