20 août 2011

Moscato, sis, ain't that sweet?

Vous connassez la dernière mode vineuse aux States? Le bon vieux muscat! Ou plutôt, le moscato, car son nom italien fait incontestablement plus branché, même quand il est Made in California. 

En trois ans, ses ventes ont triplé outre Atlantique, passant de 32 à 105 millions de dollars.

GalloFamilyMoscato.jpgAprès le pinot noir, le moscato 

 

Il paraît que ce sont des rappeurs qui ont causé ce retour en grâce (ils associent ce produit à la séduction dans leurs textes). D'ailleurs, les consommateurs se recrutent plutôt parmi les moins de 30 ans. Il semble que ce type de produits à la fois doux, aromatiques et simples soit l'idéal pour attirer des clients non consommateurs de vin. Tous les grands producteurs américains, de Gallo à Beringer en passant par Barefoot et Woodbridge, en profitent, et comme la production US ne suffit pas, on importe d'Espagne et d'Italie.

Certains le coupent même avec de la syrah ou du zinfandel pour la couleur et des arômes de fruit rouge.

C'est un marché de prix et de marque plus que d'origine. Le genre de produits que les gros faiseurs de vins sans indication de provenance pourraient fournir. 

Pas forcément ma tasse de thé ni la vôtre, mais au risque de me répéter, je crois fermement qu'il vaut mieux tabler sur ce type de produit et désengorger au passage la production d'AOP. Ce ne sont pas les mêmes clients, ou en tous cas les mêmes habitudes d'achat. A quoi bon vendre de l'AOC (et au rabais, en plus) à des gens qui n'en n'ont que faire?

A bon entendeur, saluto!

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

01 août 2011

En Anglais, c'est plus joli

"Touching Lives, Improving Lives", "Just do it", "Ideas for life", "Open Happiness", tous ces beaux slogans sont ceux de grands groupes. Ils ont été trouvés par de grandes agences de marketing  qui sont généralement très fières d'avoir pu mettre une image verbale, même la plus bateau, sur une marque. Enfin, au moins en anglais.

Parce que la perception ses clients non-anglophones, elle, est très aléatoire. Ainsi, une grande partie des Allemands interrogés à propos du slogan de Jaguar «Life by Gorgeous» l'ont traduit par "Vivre en Georgie" (Leben in Georgia).
Et c'est bien pire en Espagne, en Italie ou en France, là où la langue de Shakespeare (ou serait-ce plutôt celle de Walt Disney) est loin d'être comprise par tous.

Sans compter que des consommateurs européens se demandent à juste titre pourquoi ils n'ont pas droit à une version dans leur langue. Ils paient pourtant le même prix que les autres - parfois même plus cher, quand on leur vend au prix de l'euro ce qu'on paie en dollars outre-Atlantique. Je pense aux ordis d'Apple, par exemple. Leur slo gan "Think different" s'applique-t-il spécifiquement aux écarts de prix entre les deux rives de l'Atlantique?

Pour en revenir au vin, qui est tout de même le point focal de ce blog (pardon, de ce blogue), la traduction ne peut pas toujours être littérale. Il faut tenir compte du point de vue.

Ainsi, aux Etats-Unis, "French Bastard" semble une marque tout à fait acceptable. Mais imagine-t-on Gallo lancer en France la marque "Salaud d'Américain"?

 


 


00:39 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Vins de tous pays | Tags : langue, vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |