12 novembre 2012

To bee or not to bee

"A quoi sert une chanson si elle est désarmée?", écrivait Roda-Gil. A quoi sert un blog si ce n'est pour gueuler sa rage face à l'inique, à l'inepte, à l'ineffable, à l'impardonable?

Alors je retourne au front. Le front des abeilles, en l'occurrence. Ceux qui s'en foutent peuvent aller voir ailleurs si j'y suis. Je n'y suis pas.

Je ne suis pas apiculteur, mais je séjourne depuis longtemps, l'été, dans des régions apicoles où la disparition de nos chères pollénisatrices inquiète... Et puis j'aime la Nature, je ne suis pas rancunier.

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Abeille butinant (photo Jon Sullivan)

 

Voici donc la lettre ouverte de Nicolas Laarman, le Délégué Général de Pollinis, que m'a transmise l'excellent Laurent Gibet

La bataille qui a lieu en ce moment au niveau européen peut être déterminante pour la survie des abeilles – et notre avenir à tous.

Les lobbys agrochimistes sont sur le point d'imposer trois types de pesticides néonicotinoïdes notoirement dangereux pour les abeilles dans tous les pays européens. La seule façon de leur barrer la route, c’est que des centaines de milliers de citoyens se mobilisent à travers toute l’Europe pour obliger les députés européens à intervenir.

Aidez-nous à sauver les abeilles ! Signez dès maintenant la pétition aux députés européens en cliquant ici.

C’est le dernier round d’un combat mené au corps à corps depuis l’été dernier, rappelez-vous :

Après plusieurs études qui, coup sur coup, ont montré les ravages de certains pesticides neurotoxiques (les néonicotinoïdes) sur les abeilles, et le retrait de la vente d’un de ces pesticides – le Cruiser OSR - en France par le Ministre de l’Agriculture, la Commission Européenne a demandé à son autorité sanitaire (l’EFSA) de réévaluer la dangerosité de ces substances. Et plus particulièrement celle du Thiametoxam, de l’Imidaclopride et de la Clothianidine, trois types de néonicotinoïdes responsables à eux seuls de la mort de millions d’abeilles chaque année en Europe.

Seulement voilà :

Les lobbys agrochimistes ont toutes les chances de gagner la bataille. Pourquoi ? Parce que ce sont EUX-MÊMES qui sont chargés d’évaluer la dangerosité de leurs produits !

Incroyable, mais vrai… Les autorités sanitaires européennes chargées de garantir notre sécurité alimentaire sont composées de technocrates, pas de scientifiques. Personne, dans les institutions européennes, n’est capable de mener les tests scientifiques nécessaires pour évaluer la dangerosité d’un pesticide sur les abeilles. En clair, ce sont les fabricants de pesticides eux-mêmes qui évaluent la dangerosité de leurs produits. Et vu le chiffre d'affaires phénoménal qu'ils tirent de ces pesticides, on ne peut pas s'attendre à ce qu'ils les interdisent !

Résultat: les autorités sanitaires délèguent ce travail à un groupe « informel » d’experts, l’ICPBR (International Commission on Plant-Bee Relationships)… qui, lui, est composé aux deux tiers par des membres de l’industrie agrochimique !

Notre seule façon d’agir, en tant que citoyens, c’est de dénoncer ce scandale haut et fort, et d'exercer une pression maximale sur les députés européens pour qu’ils interviennent avant que les agrochimistes aient eux-mêmes déclaré leurs produits «inoffensifs».

Le temps presse: le verdict doit être rendu en décembre. Il n’y a pas une minute à perdre : s’il vous plaît, signez vite cette pétition et faites-la suivre à tous vos amis.

Toute la communauté scientifique sait que ces pesticides néonicotinoïdes font des ravages irréparables sur les abeilles:

Dans les ruches en bonne santé, ces produits neurotoxiques agissent sur le système d’orientation des abeilles, les empêchant de revenir à la ruche. Incapables de retrouver leur chemin, elles finissent par mourir d'épuisement. Petit à petit, les ruches se vident, les essaims sont décimés, et c'est tout l'écosystème qui se trouve en danger. Dans les ruches déjà affaiblies par un parasite ou une maladie, les néonicotinoïdes apportent le coup de grâce aux abeilles, qui n’ont plus assez de force pour résister à ce poison trop violent.

Alors oui, il y a urgence à retirer ces substances toxiques du marché!

J’espère que je peux compter sur votre action. Vous, moi et tous les citoyens qui se soucient des abeilles, de la biodiversité et de l'avenir des générations futures, nous sommes le seul rempart face à la rapacité des firmes agrochimiques.

Ces firmes l’ont déjà annoncé : elles mettront « tous les moyens » pour continuer à faire autoriser leurs produits. Et quand on voit les ressources financières énormes dont elles disposent, il y a de quoi s’inquiéter!

Aussi, je vous demande de signer dès maintenant votre pétition aux députés européens, et de transmettre ce message à vos proches, vos amis et vos collègues, pour leur demander d’agir, eux aussi, pour faire barrage aux fabricants de pesticides tueurs d’abeilles.


Par avance, merci.

Nicolas Laarman, Délégué général - Pollinis/Conservatoire des Fermes et de la Nature
 

A quoi bon, me direz-vous?

A quoi bon les abeilles, vous répondrai-je!

Ce sera un petit clic pour l'homme, mais un grand pas pour la Nature...

14:28 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

08 novembre 2012

Barack de chantier

Je profite de cet espace de liberté pour féliciter chaleureusement le 44ème président des Etats Unis d'Amérique, Barack Obama, pour sa victoire.

Barack, je sais que tu me lis régulièrement, alors comme Mitt Romney, "I wish you success".

Au café Le Moderne, à Saint-Darsos, on était tous pour toi. Maurice, la barmaid, avait réglé la télé sur CNN, on a vu tous les résultats Etat par Etat, on a fêté chaque victoire en faisant péter une bouteille de Gaillac. On est comme ça, au Moderne, on s'intéresse à l'actualité internationale, mais on boit local. C'est pas comme ces enc.. du café des Sports, qui ont préféré regarder Paris-Zagreb en buvant de la Vodka-Red Bull. Pas étonnant qu'ils n'aient pas les idées claires.

Ce matin, au Moderne, on a aussi écouté les premiers mots du nouveau président, sur Europe1. Il a été sympa, Barrack, de réserver ses premiers mots à une radio française. Si, si, c'est ce qu'a dit le présentateur: "je vous propose de réécouter les premiers mots du nouveau président sur Europe1". Ca a dû bien les embêter, sur RTL.

Moi, j'aime bien écouter les analyses à la radio sur la politique américaine. Comme au départ, on ne connaît pas grand chose du sujet, on a vraiment l'impression d'apprendre. Leur système électoral est amusant, par exemple.  Avec seulement 50.000 voix d'écart sur des millions de votants, tu peux remporter 2/3 des grands électeurs. Et après, tu fais ce que tu veux.

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Le Maine, y compris la Mayenne, a voté pour un président progressiste

C'est tout à fait comme nos élections à l'ODG. Chez nous, tous les hommes sont égaux mais pas tous les producteurs.

Tiens, en même temps que les élections présidentielles, certains Etats organisaient des réferendums. Le Colorado légalise la beuh. Dommage pour Armstrong qu'ils n'aient pas légalisé l'EPO! Le Maine légalise le mariage homo. Qui a dit que les Lavallois étaient rétrogrades? Mais j'ai rien vu sur l'importation des fromages au lait cru, ni sur le foie gras, ni sur le mouillage des vins. Oui, en  Californie, c'est autorisé. Les Américains et nous, on n'a pas  toujours la même conception des grands sujets de société.

Quoi qu'il en soit, Barack se retrouve à présent face à un gros chantier - "Normal, c'est Barack de chantier!", comme dit Maurice. Faut dire qu'avant de reprendre le bar, elle travaillait dans le bâtiment. 

Bon, je ne parle pas seulement du système d'assurance maladie. Il y a aussi la guerre en Irak, la guerre en Afghanistan, la guerre en Syrie, la guerre en Palestine, le nucléaire iranien, les problèmes linguistiques belges, l'islamophobie, l'antisémitisme, le conflit entre Nicolas Bedos et Tristane Banon, sans oublier le bornage de la parcelle du Papé Isidore, à Sors-Lavit, qui pose problème depuis une sombre histoire avec la Kommandatur, en 1943. Bref, Barack va devoir reprendre en charge la paix dans le monde. Vaste programme. Au bas mot. Obama.

J'espère que ça lui laissera un peu de temps pour sa famille, et puis aussi et surtout, pour instituer enfin des droits de plantation pour les vignes américaines.

J'en parlais justement hier soir avec David, le président du Syndicat des Jeunes Allocataires Agricoles (vous savez, celui qui a posé avec les copains sur le calendrier du Rugby Club Lomagnol): "Pendant son premier mandat, Obama a pris la mesure de la fonction, il a réfléchi, tu vois, et maintenant, il va agir. On va voir ce qu'on va voir. Faut pas prendre la réflexion pour de l'inertie".

David m'a tout de suite coupé: "L'inertie, c'est bien, si c'est pour préserver les droits acquis. Regarde, nous, avec les droits de plantation... Pourquoi changer un truc qui date du Front Populaire? D'ailleurs, avec notre campagne de pub, on a bien joué. Tous les journaux parlent des droits comme d'une ligne de défense pour les vins de qualité. Non à la standardisation des vins! On va la leur montrer, à Bruxelles, notre force d'inertie..."

Il parle d'or, David. C'est pour ça qu'il est président...

00:54 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |