06 janvier 2014

Une prédiction de M. Parker

Cela revient aussi régulièrement que le Concert du Nouvel An à Vienne, à chaque début d'année, Robert Parker fait des prédictions.

Moi, je ne lui demande rien, notez bien. Et je n'ai aucune raison de lui faire du buzz en relayant ce qui sort de sa boule de cristal. Ceci n'est qu'un blog de vin. Et l'on sait l'opinion médiocre que le gourou américain se fait des blogs de vin.

Justement, à ce propos, une de ses prédictions concerne cette activité.

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Robert Nostradamus Parker as a young man

Selon le nouveau Nostradamus des caves, 2014 verra les blogueurs de vin "continuer à se plaindre de ne pas parvenir à rentabiliser leur activité ni à gagner le respect".

Si je m'appelais Guillon, ou Dieudonné, ou Leroy, ou Porte, ou Bedos, je lui dirais bien de mettre cette prédiction et ce jugement de valeur... là où ils pensent.

Mais je suis un gars poli, alors je lui dirai simplement de se mêler de ce qu'il connaît; de continuer à noter ses vins de la manière que ça lui chante (si ses nouveaux propriétaires le laissent encore chanter) et de laisser les blogueurs bloguer.

A titre personnel, le respect, j'en ai plus qu'il ne m'en faut. Et pas de casseroles comme celle du Jumillagate, par exemple. Au fait, quand M. Parker se donnera-t-il la peine de répondre aux questions de mon confrère Jim Budd à propos des méthodes de marketing de MM. Miller et Campo?

Quant à la la rentabilité, ce n'est pas de mes blogs que je l'attends.

PS. Ah au fait, Parker prédit aussi que le Champagne aura de plus en plus de difficulté à maintenir ses parts de marché face aux autres effervescents. Depuis le temps que je le dis, on croirait qu'il lit mon blog!

10:31 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Etats-Unis, Pour rire, Vins de tous pays | Tags : parker, prédictions, blogs de vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

04 janvier 2014

Champagne 2030

Bonnes résolutions, ou wishful thinking?

Les institutionnels du Champagne préparent l'avenir de leur produit avec un plan "Champagne 2030", ce qui qui est tout à fait louable. Le défi étant bien sûr de concilier les intérêts des viticulteurs qui viticultivent et des négociants qui négocient.

Sans les premiers, pas de raisin, sans les seconds, pas de marques fortes et donc pas de ventes, surtout à l'étranger.

Or la grande exportation est la grande obsession des Champenois, qui voient leurs ventes en France se réduire, et celles des marchés les plus proches également.

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La Champagne dans la brume (Photo H. Lalau)

Pour y remédier, Pascal Férat, qui représente les vignerons, ne vise rien moins qu'à l'"excellence": "L’excellence implique le vignoble et passe par une viticulture professionnelle, formée et informée. En 2030, le monde entier doit être convaincu que le raisin de Champagne est unique et meilleur."

Vaste programme. Férat parle notamment de viticulture durable et d'allongement de la durée d’élevage.

Mais la voie est étroite: augmenter les contraintes à la production pour accroître la qualité, c'est prendre le risque de renchérir le produit alors qu'il perd déjà des marchés à cause du différentiel de prix avec, par exemple, le Cava, ou même les Crémants.

On pourrait bien sûr mieux segmenter l'appellation, établir une hiérarchie des produits en fonction de l'élevage, et plus seulement en fonction des terroirs (un peu comme le Cava l'a fait avec ses Reservas). Mais les maisons sont-elles demandeuses?

Vision d'excellence ou pas, aujourd'hui, le Champagne n'est pas forcément le meilleur des effervescents. Et surtout pas le meilleur rapport qualité-prix. Peut-il le (re)devenir d'ici à 2030? Ou bien s'agit-il seulement de le faire croire au consommateur avec un peu d'habillage cosmétique?

00:17 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, Etats-Unis, Europe, France | Tags : champagne, cava, vin, crémant | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |