21 septembre 2014

Eric, Andy, si vous me lisez...

Comme je reviens de Limoux, je suis allé faire un petit store check du rayon bulles dans la GD belge, pour me rendre compte de la place de cette vénérable appellation (et de sa petite soeur le Crémant de Limoux). Et là, j'hallucine, chez Carrefour Market, les deux sont aux abonnés absents.

Plus globalement, la portion dévolue aux vins mousseux français - Champagne, Crémants ou autres - est de plus en plus congrue.intro_ferriol104112.jpg

N°1 en facings au rayon bulles chez Carrefour

Que reste-t-il, outre les Champagnes, qui concourent dans une autre catégorie de prix?

Deux Crémants d'Alsace, un Crémant de Bordeaux, un Saumur, un Crémant de Loire, un Crémant de Bourgogne, une Clairette de Die, un Pétillant. Je n'ai vu ni Crémant de Limoux, ni Crémant du Jura (ils sont pourtant si bons!). 

A noter que ces bulles françaises ne bénéficient pas d'une grande exposition (deux à quatre facings au maximum), pendant que certains Cavas et Proseccos, eux, en ont jusqu'à 7. 

Et oui, ce sont ces deux produits qui taillent des croupières aux mousseux Made in France. Et dire qu'il y a encore dix ans, l'Hexagone régnait en maître sur cette catégorie!

Le plus étonnant, sans doute, c'est de constater qu'un mousseux australien de Yellow Tail a autant de visibilité en Belgique qu'une bonne vieille marque comme Ackerman.

J'ai quand même un peu de mal à comprendre la logique d'implantation - on ne peut même pas dire sur ce sont les grandes marques qui sont avantagées: le record du plus grand nombre de facings est détenu par Ferriol (Covides), un Cava dont vous n'avez sans doute jamais entendu parler. 

Tiens, j'ai vu que mes copain Eric Boschman et Andy de Brouwer ont été choisis par Carrefour pour incarner sa foire aux vins 2014. "Hypersommeliers", qu'ils sont, à présent.

Eric, Andy, si vous lisez, pouvez-vous leur demander comment ça marche, l'implantation du rayon hyper-bulles?

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Publicité gratuite - ce sont deux copains!

01 septembre 2014

Pourquoi importons-nous tant de miel?

Le marché du miel pourrait-il préfigurer l'évolution de celui du vin dans un futur plus ou moins proche?

Si c'est le cas, les viticulteurs français ont du soucis à se faire...

Jusque dans les années 1990, la France était globalement auto-suffisante en miel. Mais en 10 ans, sa production a été divisée par deux. Elle ne représente plus qu'un peu plus d'un tiers de la consommation nationale (15.000 tonnes sur 40.000).

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A quoi reconnaît-on une abeille française? Au prix de son miel!

Selon France AgriMer, la France a importé 25.500 tonnes de miel en 2012, principalement en provenance d’Espagne, de Chine, d'Ukraine, d’Argentine, d'Allemagne et de Hongrie. 

En cause, principalement le prix: un kilo de miel français coûte 3 euros à produire, pour seulement 1,5 euro en Espagne, par exemple. Difficile à comprendre si l'on se dit que l'essentiel du boulot est fait par les abeilles, qui ne connaissent pas notre code du travail et dont les habitudes ne dépendent a priori pas de la langue ou du modèle social du pays où leur ruche est implantée. Mais il y a tout le reste, la main d'oeuvre humaine, l'entretien des ruches, la récolte, la mise en pot - tout cela est imposé, encadré, assujetti - plein pot, au tarif national.

D'un autre côté, les producteurs français émettent de sérieux doutes sur la qualité de certains miels importés - notamment en provenance de Chine (premier producteur mondial, avec plus de 500.000 tonnes). Selon eux, les producteurs de l'Empire du Milieu écourteraient le cycle naturel de maturation du miel pour réduire les coûts, ne permettant pas aux abeilles de reboucher les alvéoles.

Pourquoi donc est-ce que je pense à des vins dont les raisins sont récoltés en sous-maturité et qui sont abondamment chaptalisés?

Qui qu'il en soit, le miel ainsi récolté contiendrait trop d'eau et se conserverait moins bien. 

Le hic, apparemment, c'est que le consommateur français ne fait guère la différence. Le produit s'appelle miel dans les deux cas, et l'origine est souvent assez discrète sur l'emballage. Alors il achète le moins cher.

Comment remédier à cet état de fait? Interdire les importations? Pour celles en provenance de l'Union européenne, ce serait contraire à la libre circulation des marchandises. 

Abaisser le coût du travail en France? C'est contraire au modèle français.

N'en déplaise à M. Montebourg, la part du miel national devrait donc continuer à baisser dans la consommation française.

 

08:10 Écrit par Hervé Lalau dans Chine, Espagne, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |