23 mars 2015

Domaine d'Aupilhac, La Boda 2005

Est-ce que les rouges du Languedoc vieillissent bien?

Pas mal, merci, en tout cas, chez les bonnes maisons.

Comme chez Sylvain Fadat, à Montpeyroux, qui, lors de mon dernier passage, a sorti une bouteille de La Boda 2005.

10 ans, donc, pour ce mariage du Mourvèdre et de la Syrah, du Nord et du Sud, mais aussi du bas et du haut, des marnes bleues d'Aupilhac et des basaltes et calcaires des Cocalières. Le tout élevé en demi-muids.

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Sylvain Fadat croquant ses raisins dans sa vigne des Cocalières (Photo (c) H. Lalau 2014)

 

Au nez, c'est assez classique pour l'endroit: fruit rouge bien mûr, cerise, mûre, cuir, fumée, des épices en veux-tu, en voila. La garrigue entoure les vignes de Sylvain, on ne s'étonnera pas d'en retrouver dans le vin - qu'elle passe par la peau du raisin ou bien par notre imaginaire, je dirai, peu importe.

La bouche est plus spectaculaire: un tel équilibre, une telle noce, entre la puissance, la concentration (superbe mais pas exagérée), les tanins mûrs et bien enrobés, le fruit croquant... et une telle fraîcheur, c'est tout bonnement époustouflant. Et en plus, une pointe de salinité vient titiller la langue en finale, ce qui réclame un autre verre - tiens, y en n'a plus!

Un seul mot: bravo. Comme le taureau du même nom.

Un seul mot, ça tombe bien, Sylvain n'est pas un grand bavard, ses vins parlent pour lui.

Un grand merci à Michel Smith, qui, le premier, lors d'un voyage consacré à une autre appellation de la région, a tenu à me présenter le domaine. Je rejoins bien sûr Michel pour dire que si le Languedoc avait droit aux Grands Crus (n'en déplaise à l'INAO), Montpeyroux, ou au moins Aupilhac en serait un...

PS. La cuvée Les Cocalières 2002 (Syrah, Mourvèdre et Grenache) est très bien aussi, un peu plus sur le fruit noir, un peu plus serré, mais tranchant, affûté comme une bonne lame de Laguiole ou de Tolède. Et on ne lui donne vraiment pas 13 ans. Toute comparaison avec quelques vins éteints de cet âge, d'ailleurs en France, même dans des AOP plus chères, tourne à l'avantage du valeureux Languedoc.

Contact: Domaine d'Aupilhac

09:04 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

08 novembre 2014

Albariños/Alvarinhos al Mundo

L'Albariño, alias Alvarinho, est une spécialité du Nord du Portugal et de la Galice (dans l'ordre que vous voulez).

En toute logique, ce trésor partagé devrait rapprocher les deux régions, faire se multiplier les collaborations, les échanges techniques, les groupes de travail. Ce n'est pas le cas. La faute à l'histoire, à la bureaucratie, aux habitudes, à pas de chance... A croire qu'il est plus facile pour un flying winemaker australien de venir travailler en Alentejo, qu'à un oenologue portugais de passer le Rio Minho - et vice versa.

Il y a des exceptions, bien sûr, comme la Quinta Edmund do Val - un domaine portugais de 7 hectares (dont 6 d'Alvarinho), situé à Valença do Minho, et détenu... par un Espagnol, Edmundo Rafael Ruibal Sobral.

 

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Le produit est déclaré en Vinho Regional do Minho. 

Dans sa version 2010, il nous offre toute la belle palette des arômes de ce cépage particulièrement bien doté par la nature - abricot, poire, mangue - lais aussi une rasade d'anis; en bouche, il allie vivacité et profondeur - c'est un vin qui a du coffre, du corps, de la présence. La finale iodée et légèrement saline invite au deuxième verre, ce qui est toujours bon signe. Après 4 ans, il présente encore une belle fraîcheur, mais a gagné avec le temps une grande cohésion.

Albariños al Mundo

Une belle initiative promeut depuis quelque temps ce beau cépage à la double orthographe: le Concours Albariños/Alvarinhos al Mundo. Initié par l'Unión Española de Catadores, sous l'impulsion de son dynamique président Fernando Gurucharri, ce concours itinérant est destiné à le faire mieux connaître sur les marchés de consommation. C'est pourquoi la première édition s'est tenue à Londres, la seconde à Dusseldorf et la troisème, ce vendredi, à Bruxelles.

J'u étais, ce qui m'a permis de déguster une quarantaine d'échantillons d'Albarinos - plus sans doute, que dans toute la dernière décennie! Ce qui m'a aussi permis de vérifier la grande diversité des productions issues de ce cépage - le plus souvent aromatique, mais tour à tour vif ou gras, carré ou rond, au naturel ou boisé... Au fait, saviez vous qu'on en fait même une excellente eau de vie? 

00:21 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Portugal | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |