16 mai 2011

Du vin bio, "nature"... et industriel

J'aimerais citer quelques lignes d'un papier de mon collègue Jérôme Van der Putt, amoureux des vins bio et nature, à paraître dans le prochain IVV:

"Pour la 2ème année consécutive, la foire FIVE (Feria International del Vino Ecológico) s’est tenue en avril à Pamplona, jolie capitale de la Navarre où il ne fait pas bon se balader quand on lâche les taureaux, début juillet, lors de la San Fermín.
J'y ai fait quelques belles découvertes, mais après avoir quand même trié au milieu de vins bio de tous acabits, parfois issus de processus totalement industriels et destinés aux grandes surfaces; tel ce vin zéro sulfites, vendangé à la machine sur un domaine de 250 hectares, levuré et filtré tellement stérile qu’il ne reste plus qu’un jus de bonbon aseptisé à l’arrivée. Pas ma tasse de thé !"

Je me demande depuis longtemps si l'industrialisation ne guette pas le bio, et même le vin nature. Faudra-t-il que les puristes lancent de nouveaux labels, de nouvelles certifications, pour éviter la récupération, la normalisation, la mystification?

Amis du vin sincère, Olif, Isabelle, Iris, Lilian..., à l'aide!

10:07 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Vins de tous pays | Tags : vin bio, vin nature, vin naturel, industrie, récupération | Lien permanent | Commentaires (23) | | | |

27 avril 2011

Où vont les vins d'Espagne importés en France?

J'avais déjà tiqué, voici quelques semaines, en apprenant la forte croissance des importations de vins d'Espagne en France.

J'avais surtout tiqué parce que dans les rayons ou dans les restos, ces vins brillent surtout par leur absence. Restait bien entendu la piste de coupages ("vins sans IGP de l'Union Européenne").

Mais les chiffres de coïncident pas.

Les ventes en France de vins sans IGP de L'Union Européenne représentent 77 millions de litres.

Les exportations de vins espagnols vers la France, elles, représentent 350 millions de litres.

Comme la règle des 85/15 ne s'applique pas au vin sans IGP mais qui mentionnent un nom de pays, il est interdit de mettre des vins non français dans du Vin de France. Cette piste là n'est donc pas la bonne.

Du côté des mousseux de cuves closes? Mauvaise pioche: s'ils assemblent des vins étrangers, ils sont aussi versés dans la catégorie Vins de l'union Européenne.

Alors quoi, il y a au bas mot 300 millions de litres de vins espagnols qui s'évaporent en France, ou qui finissent au caniveau?

Ou bien seraient-ils réexportés? On ne comprend pas bien la logique économique, dans ce cas. Les BIB du hard discount allemand, peut-être? Mais pourquoi ne pas les embiber en Espagne directement?

La distillation, peut-être? Mais pour produire quoi? Et pourquoi justement en France?

Ou bien il y aurait-il de la fraude aux appellations? Du vin espagnol viendrait-il "remonter" nos crus?  De l'airen de la Mancha finirait-il en Cognac ou en Vodka?

Vu les volumes concernés et vu la rigueur supposée des contrôles, l'idée a de quoi faire frémir. La France n'est pas le Sud de l'Italie, tout de même...

Si vous en avez une, d'idée...

12:33 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne | Lien permanent | Commentaires (10) | | | |