28 juillet 2011

Cáceres perd son "marquis"

Je ne l'ai rencontré qu'une seule fois, mais Enrique Forner, le fondateur de Marques de Caceres, dont je viens d'apprendre le décès, m'avait laissé une forte impression.

C'était au début des années 2000. Le groupe de journalistes dont je faisais partie visitait les grands vignobles du Nord de l'Espagne, et une grève d'avions nous avait fait arriver à Cenicero, là où se trouve la bodega, à une heure indue. Vraiment indue: je veux dire, vers 2 heures du matin. Qu'à cela ne tienne, M. Forner nous avait fait faire le grand tour du propriétaire, comme si de rien n'était; puis il nous avait invités à sa table. Nous avions devisé de nombre de sujets.

De la Rioja, mais pas seulement; de l'Espagne, de la France, aussi - il la connaissait très bien pour y avoir vécu de ses 11 ans jusqu'à ses 50 ans et y avoir appris le vin. Il y a avait même acquis, avec son frère, les châteaux Camensac et Larose Trintaudon.

Des modes du vin. Il en avait connu pas mal, les tout petits rendements, l'extraction, les macérations longues, etc... Aucune n'était vraiment sa tasse de tannins. Il se situait au-delà des modes.

De l'oenologie - il avait été l'élève du Professeur Peynaud à Bordeaux, et c'est avec ce même Peynaud qu'il avait choisi Cenicero pour implanter sa bodega, à la fin des années 60. Sa famille était de Valencia, pourtant.

De l'élevage. Forner avait été un des tout premiers en Rioja à refuser les passages très longs en foudre. Il avait d'ailleurs choqué pas mal de monde quand il avait introduit les cuves inox à Cenicero. Il savait pourtant utiliser le chêne - je me rappelle encore avec émotion du Gaudium 94 qu'il nous avait fait déguster cette nuit-là. Le premier millésime de cette nouvelle étiquette, si je ne me trompe. Gaudium, la joie. Tout un programme.

Et ce dont il était le plus fier, c'était d'avoir fait souche dans le vin, que sa fille Cristina ait repris le flambeau.

Depuis 2007, c'est elle qui avait en charge la gestion quotidienne de Marques de Cáceres.

Bref, Enrique Forner, pour les quelques heures que j'ai partagé avec lui, m'avait semblé personnifier l'honnête homme comme pouvaient l'envisager les philisophes du 18ème siècle. Un homme cultivé, mais pas imbu de lui même; un visionnaire, mais modeste, les pieds bien ancrés dans la réalité, dan sla terre. Un entrepreneur, mais toujours à l'écoute des autres. Un producteur et un commerçant, sans doute, mais un homme de grande classe, aussi. Un grand bonhomme du vin.

Il disparaît à l'âge de 86 ans. Mes condoléances à Cristina, que j'avais également rencontrée à cette même occasion - elle ne s'en souvient sans doute pas - et qui me semble avoir bon nombre des qualités de son père.

00:04 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Europe, France | Tags : espagne, rioja, marques de caceres | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

20 juin 2011

Vinifier bio en Europe

Les pays de l'Union Européenne n'ont pas pu se mettre d'accord sur l'encadrement du vin bio, l'année dernière. Qu'à cela ne tienne, le privé prend le relai, et en l'occurrence, «l'Aiab», le «Federbio» et la «Firab», pour l'Italie, l'«Itab» et la «Fnivab» pour la France, la «Seae» pour l'Espagne, et «Bio Suisse» et «Déméter Suisse» qui lancent une Charte européenne de Vinification Biologique.

Objectif: «promouvoir l'élaboration de vins biologiques de qualité et certifiés, suppléant ainsi l'absence de règlement européen sur la vinification biologique».

Le contenu de la charte est basé sur les dernières propositions de la Commission Européenne sur la vinification biologique de janvier 2010. Les producteurs peuvent donc désormais faire certifier leur vinification selon une charte privée adhérant à CEVinBio et «en mentionnant sur les étiquettes leur participation à l'initiative CEVinBio», plaide l'Itab.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Europe, France, Suisse | Tags : vin, vignoble, europe, bio | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |