26 novembre 2011

La Buena Vida, la bonne adresse

Quand on parle de vins, on parle souvent des producteurs, et c'est normal. Parfois aussi, des oenologues, des consultants ou même des chroniqueurs, des gourous du vin.

Il y a pourtant une autre catégorie de gens très importants dans la diffusion du vin; et idéalement, du bon vin. Ce sont les importateurs. Qu'ils soient agents de marques ou vrais importateurs, qu'ils achètent et revendent le vin ou qu'ils touchent des commissions.

Pour les consommateurs des pays non producteurs, ils sont les intermédiaires indispensables, les passages obligés. Que le producteur choisisse le mauvais importateur, et son vin, aussi intéressant soit-il, peinera à trouver son public. Dans bien des cas, même, le producteur se découragera et abandonnera ses efforts, déduisant que le pays en question n'est pas intéressé.

En Belgique, par exemple, cela nous vaut de ne connaître qu'une petite partie de l'offre de vins sud-africains. Aussi, quand j'entends mes confrères belges me dire qu'ils n'ont jamais rien bu de vraiment bon qui provienne de ce pays, je trouve dommage qu'ils doivent se faire une idée sur la foi d'une sélection incomplète.

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Au Mas d'en Gil, dans le Priorat (Photo H. Lalau)

Il y a des contre-exemples, bien sûr. Certains importateurs sont des passionnés au moins autant que des vendeurs, ils tiennent à proposer l'offre la plus pointue et la plus large possible.

C'est dans cette catégorie que je range Wim Vanleuven, de La Buena Vida.

Comme son nom l'indique, il est Flamand. Comme le nom de son entreprise l'indique, il est spécialisé en vins espagnols.

Et quand je dis spécialisé, je devrais plutôt dire "hanté". Son offre, c'est sa promesse: proposer le meilleur de l'Espagne. Vaste programme, mais qu'il parvient à tenir.

Voyez plutôt ICI

Son site, ce n'est pas seulement un catalogue, c'est une petite encyclopédie du vin espagnol...

Je ne sais pas ce qui est le plus remarquable chez lui. Qu'il parvienne à attirer les grands noms, les Vega Sicilia, les Toro Albala, les Raul Pérez, les Pingus, les Mas d'en Gil, les Palacios, les Albet i Noia, les Pazo de Senorans, les Vina Mein, les Gramona, les Valdueza..., tous ces noms qu'on retrouve année après année dans les guides ou dans les magazines (et même sur ce blog, parfois, car  j'en ai visité plusieurs). Ou bien qu'il mette son point d'honneur à proposer les étoiles montantes de toutes les dénominations qui peinent à sortir de l'anonymat, de Valdeorras à El Hierro en passant par Mentrida, Terrerazo ou Mallorca...

En plus, et ce n'est pas pour me déplaire, il a la fibre écologique - la plupart des domaines qu'il représente sont bio, biodynamiques ou sympathisants.

La semaine dernière, chez In Vino Veritas, nous avons pu apprécier quelques unes de ses dernières trouvailles; le superbe PX Cream de Toro Albala, qui pourrait inspirer un commentaire long comme un jour sans vin. Artazu, aussi, dont nous n'avons finalement pas retenu l'Artazuri - et ce n'est pas faute de l'avoir défendu! Peut-on vraiment reprocher à un vin d'être trop séducteur? 

Pour en revenir à Wim et à la Buena Vida, ils illustrent parfaitement mon propos: le vin, c'est d'abord une affaire d'hommes et de femmes. Pour que la rencontre se fasse entre un vin et son consommateur, il faut d'abord qu'une autre rencontre ait lieu, celle entre le producteur et son  ambassadeur. Celui qui devra en porter les couleurs sur son marché. Traduire le message pour des consommateurs qui ne partagent ni la langue de l'élaborateur, ni son style de vie, ni ses habitudes alimentaires, mais qui n'en sont pas moins, on l'espère, ouverts à la découverte.

Tant qu'il y aura des gens comme Wim, je ne me fais pas trop de soucis pour cette découverte et pour l'avenir des beaux vins dans ce pays.

Chronique libre de toute publicité - ça vient du coeur, pas du portefeuille!

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Espagne | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

13 septembre 2011

Vieux Papes, Urbi & Orbi

Première vente de vins en volume dans la distribution française, Vieux Papes change de catégorie.

De Vin de France (mention déjà assez vaste), la marque du groupe Castel passe en "Vin de Différents Pays de la Communauté Européenne".

Le pourquoi? C'est une simple question de prix. Les cours des vins de France ont progressé de 30% l'an dernier, frisant les 60 centimes le litre. C'est donc en Espagne que la marque est allée chercher son salut. Ne me demandez pas à quel prix ils ont fait affaire, c'est sûrement moins cher que l'eau minérale. Bonne pioche, en tout cas: les consommateurs interrogés par la marque, qui parvient apparemment tout de même à dégager un petit budget marketing, s'en fichent royalement. Franchement, et ibériquement. Ils continuent de lamper jusqu'à plus soif ce jaja devenu international. Et l'on dit que les Français sont chauvins!

L'explication m'a quand même un peu déçu. Moi qui pensais que le Vieux Papes voulait symboliser l'universalité du message pontifical. Ben oui, "Urbi et Orbi". A Rome et au Monde...

 

00:32 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, France | Tags : vin, marques, castel | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |