28 décembre 2011

Un Rioja pour réchauffer l'hiver: Finca Valpiedra Reserva 2005 (Familia Martínez Bujanda)

Un petit coup de blues entre les fêtes? Mon complice des 5 du Vin, j'ai nommé Marc Vanhellemont, nous remonte le moral et nous réchauffe le coeur avec un de ces commentaires de vin d'hiver dont il a le secret, poétique et détaillé.

C'est espagnol, riojano, même; mais ça n'a rien de poussiéreux. C'est Valpiedra...

Finca Valpiedra (3).jpg

La même en version 2004

Grenat carminé aux nuances améthyste, il respire les aiguilles de pin sur lequel gît quelques airelles, une poignée de framboises, trois grains de poivre. Le grain tannique extrêmement fin tisse une trame serrée et résistante comme un lin des Flandres, souple comme la batiste. Le linge trempe dans une liqueur de baies sauvages relevée de baies de genévrier, adoucie d’amande, rafraîchie de jus de groseille. L’élevage y apporte un je-ne-sais-quoi venu d’Orient ou d’Amérique, un goût de santal et de fève de tonka. L’ultime goutte avalée semble éclater et nous remémorer tous les parfums sentis et goûtés.

Assemblage de 90% Tempranillo, 5% de Cabernet Sauvignon et Mazuelo et 5% Graciano. Élevage de 22 mois en barriques neuves de chêne français.

Marc Vanhellemont


Valpiedra, kes aco?

La finca Valpiedra s'étend sur 80 ha de vignes, à Fuenmayor, au bord de l'Ebre, étagées sur trois terrasses successives plantées entre 1972 et 1998.

Elle est la propriété de Carlos et Pilar Martínez Bujanda, qui possèdent également la Finca Antigua, dans la Mancha.

Historiquement, Finca Valpiedra est une des premières propriétés de la Rioja à avoir osé produire un vrai vin de domaine, sans apports d'autres raisins des autres sous-zones, comme c'est le plus courant dans la région.

Importateur en Belgique: Bleuzé Wines

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

16 décembre 2011

Un apéro avec Miguel Torres Senior

Ce n'est pas pour me vanter, mais mardi dernier, j'ai pris l'apéro avec Miguel Torres Senior, à Barcelone.

Comme ce n'était ni le lieu ni le moment d'échanger nos adresses de vacances, nous avons parlé des vieux cépages catalans qu'il s'évertue à faire revivre - périodiquement, il met des annonces dans les journaux locaux pour qu'on lui fasse connaître des plants non identifiés.

Il les fait examiner, il en fait faire des boutures, il les fait planter, et parfois, quand le résultat est à la hauteur des espérances, il les multiplie; ce sont deux de ces plants sauvés de la mort commerciale, le Tarro et le Samso, qui ont été plantés au domaine de Grans Muralles, en Conca de Barbera. Ils portent les noms des viticulteurs qui les ont trouvés. Les vins que Torres en tire sont tout bonnement époustouflants.

Miguel-Torres.jpg

Miguel Torres

La démarche est d'autant plus intéressante que si l'on s'en rappelle bien, Torres est réellement sorti de l'anonymat, dans les années 70, grâce aux cépages internationaux - le cabernet sauvignon de son Mas La Plana, notamment, celui-là même qui a battu Latour dans une grande dégustation, propulsant au passage, non seulement Torres, mais toute l'Espagne, sur le devant de la scène viticole.

On dirait qu'il y a deux Torres, l'un, le tycoon qui vend des millions de bouteilles (très bien faites, d'ailleurs), et l'autre, le bon pater familias qui s'engage pour la sauvegarde du patrimoine viticole, et au delà, pour le développement durable, la lutte contre le réchauffement climatique...

Mais non, c'est le même. Seul le succès du "business" permet à Torres Miguel d'entretenir les "danseuses" écologiques de Miguel Torres. Et puis d'ailleurs, qui sait si demain, ces danseuses ne deviendront pas le mainstream du groupe?

Ou peut-être ne faut-il pas chercher si loin? Miguel Torres me semble tout sauf arrogant, blasé, compliqué. C'est un homme affable, aux idées claires, au verbe précis, aux manières exquises. Le genre de type avec lequel je reprendrais bien l'apéro, tiens.

Les chats ne font pas des chiens: j'ai rencontré son fils, Miguel Junior, au Chili, et il m'a fait lui aussi forte impression.

00:08 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |