29 mars 2012

Guanajuato, berceau du vin américain

Lors de son récent voyage au Mexique, le Pape Benoît XVI a visité Guanajuato, berceau de la viticulture du pays… et de toute l’Amérique latine. C’est en effet de cet endroit qu’est partie la culture de vitis vinifera, pour se répandre ensuite à travers tout le continent, à la demande des prêtres souhaitant disposer de vin de messe.

Jusque là, le vin était importé d’Espagne, et notamment de Galice et des Canaries, ce qui coûtait très cher. Des archives citent même l’origine du premier vin bu en Amérique, un cru de Pontevedra (aujourd’hui en DO Ribeiro).

Le Diario del Vino, qui commente la visite papale, fait cependant remarquer que la toute consommation d'alcool a été interdite par les autorités durant le passage du Pontife, vin compris.


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00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Mexique | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

22 mars 2012

Information, internet... qui a les clefs?

Juste une petite réflexion sans rapport direct avec le vin, mais qui illustre les menaces du tout internet; ou plutôt, du manque de recul, de grille d'analyse, de clefs de lecture aussi, par rapport à l'information.

Hier, un ado de mon entourage arrive avec une copie d'article sur des cas de gale à Nivelles.

On s'inquiète, bien sûr, car cet ado y est scolarisé.

Sauf qu'à regarder l'article de plus près, l'affaire n'est pas vraiment nouvelle: elle date de l'an dernier .Et sauf qu'à y regarder encore de plus près, il ne s'agit pas de Nivelles (Belgique) mais de Nivelle, et plus précisément, Saint Pée de Nivelle (Pyrénées Atlantiques, France).

Depuis, j'ai appris qu'il y avait bel et bien des cas de gale à Nivelles. Aucun rapport avec l'article, mais les ados ont vite fait de confondre; internet leur livre tout sur un plateau, mais sans discernement.

Alors finalement, s'il n'y a pas de rapport direct avec le vin, il y en a avec tout sujet d'investigation: nous avons intérêt, nous autres journalistes, à ne rien tenir pour acquis, à ne pas préjuger de la capacité des nos lecteurs à décrypter l'information, compte tenu de son abondance.

L'école se flatte d'encourager l'esprit critique des élèves, mais elle ne leur enseigne plus tellement la précision. Alors tout se mélange un peu. La sphère de compétence de chaque "consommateur d'info" se contracte à mesure que sa culture générale se restreint.

Et pour revenir au vin, non, la vendange en vert n'est pas réservée au Vinho Verde.

Non, crianza n'est pas un nom de cépage.

Non, la centrale du Tricastin n'a jamais eu aucun rapport, ni hydrologique ni pédologique, avec les vignes de la région.

Non, il n'y a aucune raison objective pour que le Champagne rosé puisse être un assemblage de vins blancs et de vins rouges, c'est juste un de ces passe-droits dont la France este friande. J'ai lu un jour (sous la plume de défenseurs du rosé sans mélange) que c'était toléré parce que la bulle est un procédé à part. Sauf que les autres effervescents d'appellation, eux, n'ont pas le droit de faire du rosé du coupage; alors l'explication n'en est pas une. Méfiez vous des à-peu-près...

Morale de l'histoire (s'il y en a une): le journalisme, ça peut encore servir à quelque chose - à condition de ne pas se contenter de reproduire des dépêches prémâchées, bien sûr...

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Espagne, France, Portugal, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |