12 décembre 2012

Droits de plantation: comment ça marche

France Agrimer explique le processus d'attribution de la Réserve nationale des droits de plantation de vignes en France. Non il ne s'agit pas d'une réserve d'indiens, c'est plutôt comme une mine ou un étang, on gère la ressource, sauf que dans ce cas, on crée aussi la ressource avec le principe général d'interdiction de plantations.

Pour 2013, il d'agira :

- d'ouvrir la réserve nationale à la vente de droits du 1er janvier 2013 au 30 juin 2013 ;

- compte tenu de l'état des disponibilités, de ne pas procéder à l'achat de droits, à l'instar de la campagne précédente ;

- de reconduire à 1.000€/hectare le prix de vente des droits de plantation ;

- d'ouvrir à la vente de droits pour les demandes particulières relevant «des cas de force majeure ou de situations exceptionnelles» du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2013 et fixer forfaitairement à 50€ par demande ces droits de plantation.

En résumé, «Les modalités de fonctionnement de la réserve sont adaptées en fonction de l'état du potentiel viticole, des demandes de droits, des stocks et des flux de droits dans la réserve».

Ne pas confondre réserve de droits et droit de réserve.

Finalement, la liberté, c'est beaucoup plus simple à comprendre. C'est peut-être pour ça qu'au Chili, en Argentine, en Afrique du Sud, en Australie, aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande, pays beaucoup moins sophistiqués, l'Etat n'a pas cru devoir instituer de Droits de Plantation...

19 novembre 2012

Poulet à la Valls

Le dimanche midi, très souvent, chez les Lalau, on mange du poulet.

Pas n'importe quel poulet - toujours du Label Rouge. Je connais le réseau, j'ai visité des élevages avec la Sopexa, à Loué, il y a une dizaine d'années (salut Vincent!). Et puis même si c'est plus cher, la vie est trop courte pour manger des volailles poussées aux hormones en 40 jours - pauvres bêtes, comme dirait Gaia.

Toujours est-il que ce dimanche, c'était du poulet blanc fermier du Maine.

 

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Liberté, égalité, poulet de Loué

Ayant entendu M. Montebourg nous dire qu'il fallait acheter français, je me suis dit, bravo, Hervé, tu es dans le bon, tu participes à l'effort collectif. Plus encore, même, car habitant l'étranger, je pourrais sans scrupules me dédouaner de cette impérieuse nécessité.

Avant de mettre mon poulet tricolore dans mon four (allemand, je le crains), je l'ai badigeonné d'huille d'olive. Hélas, c'était de la Tunisienne. Elle est excellente et beaucoup moins chère que celle des Baux, et même moins cher que la Puget, dont je ne suis pas sûr qu'elle soit 100% française. Et puis en plus, elle me rappelle les amis que j'ai en Tunisie - Pilar, Belgacem, Ines, je vous dédie ce poulet.

Tiens, vous savez quoi, ces gens sont presque comme nous, ils ont deux pieds, deux mains, une tête et ils parlent même le français. Ils gagnent leur vie, assez honnêtement au demeurant, en produisant d'excellents vins à partir de cépages français, espagnols ou italiens. A ce propos, il faudra que je demande à Arnaud Montebourg si j'achète bien français quand je bois un Languedoc à base de grenache (pardon, garnacha), un Roussillon contenant du carignan (cariñano) ou un Côtes de Provence blanc à base du rolle (vermentino) - sans parler du gewürztraminer.

Et je n'ai pas non plus les extraits de naissance des vignerons - il faut faire gaffe, il y a tant de Belges dans le vignoble hexagonal, et même quelques Suisses. Voila deux ans, Marc et moi, nous avons rencontré un flying winemaker suisse qui vinifiait alternativement à Leyda, au Chili, à Genève et aux Iles de Lérins. Le monde du vin est tout petit.

Une fois cuit, le poulet est arrivé sur la table. Chez nous, on aime bien les épices; on a mis du poivre -  je crois qu'il vient de Macassar, par la Porte d'Italie. Et puis mon fils a mis du Merken. Si vous ne savez pas ce que c'est, je vous le dis: c'est un mélange d'épices fumé des indiens mapuches du Chili. Là encore, souvenir, souvenir, ce sont des copines qui m'ont offert ce pot là bas, il y a deux ans.

Pour accompagner le poulet, ma femme avait fait du riz - un riz basmati du delta - non, pas le delta du Rhône, plutôt celui du Mékong.

Et pour arroser le tout, là, j'ai carrément dérapé. Après une demi-semaine à fêter le Beaujolais nouveau (plus une belle bouteille de Pouilly-Fumé, hier, signée Saget), j'ai trahi la nation (pire, la Bourgogne!). J'ai servi un excellent pinot noir de Nouvelle-Zélande. Notez, le domaine (Brancott Estate) est la propriété d'un groupe français, Pernod-Ricard, qui possède des vignes dans la plupart des pays du Nouveau-Monde; mais curieusement, pas en France. ils ne NZ'aiment peut-être pas les vins standardisés, comme disent les Jeunes Agriculteurs. Alors indirectement, avec mon pinot des Kiwis, je bois quand même français.

Bref, mon poulet n'est pas un poulet à la Montebourg, mais plutôt un poulet à la Valls. Ben oui, notre ministre de l'intérieur nous vient de l'extérieur. Il est né espagnol en 1962, naturalisé français en 1982.

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Drapeau français, européen... je ne vois pas l'espagnol?


Nobody's perfect.

Pendant que je trahis mon pays avec tous ces produits étrangers, heureusement, bon nombre de mes amis étrangers mangent, conduisent ou boivent français...

Alors, Arnaud, réfléchissez... consommer français, pourquoi pas, mais pas au détriment des bons produits d'ailleurs. Ne vexons pas nos clients étrangers...

00:02 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Espagne, Europe, France, Tunisie, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |