31 décembre 2012

Mon Classement de 2012

Le site Foreign Policy a recensé les "10 personnalités les plus marquantes" de l'année 2012.

Voici ce classement:

1. Aung San Suu Kyi et Thein Sein
2. Moncef Marzouki
3. Bill et Hillary Clinton
4. Sebastian Thrun
5. Bill et Melinda Gates
6. Malala Yousufzai
7. Barack Obama
8. Paul Ryan
9. Chen Guangcheng
10. David Blankenhorn et Narayana Kocherlakota

Bon, il y a pas mal d'illustres inconnus dans ce hit parade - pour moi, en tout cas. Mais surtout, et c'est pour cela que je vous en parle, je n'y vois aucun producteur de vin - voila pourtant des gens qui font énormément pour le rapprochement entre les hommes (et les femmes), qui ne font de mal à personne, et en plus, qui ne monopolisent pas les écrans de télé.

Alors permettez-moi d'établir ma propre liste, pour 2012. Voici les 10 personnalités marquantes, pour moi, cette année:

Floriane Eznack (Jacquart, Champagne).

Pilar Rodrigo (Shadrapa, Tunisie).

Xavier Gonet et Julie Medeville (Champagne et Sauternes)

Louis Barruol (Château Saint Cosme, Gigondas)

Miguel Torres Senor (Penedès, Espagne)

Thierry Sabon (Domaine Montolivet, Châteauneuf du Pape)

Adrien Berlioz (Domaine Berlioz, Savoie)

Julien Goursaud (Cayrou, Cahors)

Thierry Foltzenlogel (Domaine Taluau, Bourgueil)

François Audebert (Domaine Audebert, Bourgueil)

Ludo (La Promenade, Bourgueil).

Ah oui, au fait, j'oubliais: j'ai une sainte horreur des classements et bien entendu, cette liste dépend entièrement des rencontres que j'ai fait au cours de l'année écoulée...

Leurs vins, vous les retrouverez au fil de mes chroniques de ces années; mais les gens, il ne vous reste plus qu'à aller vous-même les rencontrer...

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

14 décembre 2012

Un sale goût dans la bouche

J'ai extrait cette image d'un billet récent de Jacques Berthomeau - qui n'y est pour rien.

Je ne veux d'ailleurs même pas savoir d'où elle vient - je devine qu'il s'agit de prétendus défenseurs du vin français.

Quoi qu'il en soit, on est là au degré zéro de la communication, de l'ouverture, de l'humanité.

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On est même dans une sorte de xénophobie à l'eau tiède.

Oserai-je rappeler à ces chantres du "Consommer français" que la France n'a pas toujours craché sur les jolis rouges d'Algérie, du Maroc ou de Tunisie, quand ceux-ci venaient remonter le Beaujolais, le Bordeaux ou le Côtes du Rhône. Car les vins du Maghreb ne manquaient "ni de robe, ni de caractère", pour reprendre la formulation inepte de l'affiche...

Puis ce fut l'Italie - dans les années 70-80, les producteurs des Pouilles connaissaient très bien le port de Sète. Et puis, plus récemment, il y eut l'Espagne, qui fait toujours le bonheur de Vieux Papes ou du Jouvenceau.

Quant aux vins du Burkina Faso, il faudrait déjà qu'ils existent...

Par ailleurs, j'aimerais qu'on m'explique une fois pour toute ce qui fait la supériorité du cubi de gros rouge hexagonal sur ceux du reste du monde. Ma petite expérience en la matière m'a appris une chose: tout en bas de l'échelle des prix, la production française n'atteint généralement pas le niveau de qualité de ses concurrents espagnols, italiens ou chiliens, par exemple. Des concurrents qui bénéficient souvent de coûts de revient inférieurs et d'un marketing plus efficace. Et ne me parlez pas de terroir: je vous parle de vins de gros rendements.

Bref, cette affichette me laisse un sale goût dans la bouche: celui de la honte. Ce n'est pas digne de mon pays, ni de son patrimoine viticole.

Il serait temps que la France des vins accepte la concurrence, même celle des vins d'assemblages, et qu'elle apprenne à se battre avec d'autres arguments que la caricature, la mesquinerie, la haine. Il n'y a aucune honte à faire de bons vins bas de gamme; c'est tout l'enjeu du Vin de France, de la liberté de plantations...  A côté du vin d'artisan, il y a pour moi en France une place pour le vin industriel - du moment qu'on ne mélange pas les genres...

C'est même une obligation que de chercher à le développer: avec un marché national en baisse, la France viticole doit se tourner vers l'exportation, et ses seuls grands crus ne suffiront pas à payer tous ses vignerons. Il nous faut marcher sur nos deux pieds.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud, Chili, Espagne, Europe, France, Liban, Tunisie | Tags : vin, vignoble, france, reste du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |