23 août 2013

Des vendangeurs espagnols reviennent dans les vignes espagnoles

Au risque de faire "ancien combattant", j'ai connu le moment où, notamment en Alsace, en Champagne et en Bourgogne, les vendanges étaient faites par des locaux, épaulés d'étudiants venus des grandes villes proches, voire de clients passionnés.

Ces dernières années, ce sont plutôt des vendangeurs polonais, slovaques, roumains, bulgares ou même turcs que l'on voit dans les vignes.

"Trop dur de vendanger", "Pas assez bien payé" entend-on dans la bouche de pas mal de jeunes français (je pense aux jeunes parce que c'est vrai que c'est un boulot où il faut la santé).

Du côté des employeurs potentiels, on évoque aussi parfois le code du travail.

Voila qui peut choquer quand on sait le nombre de chômeurs en France, notamment chez les jeunes.

Mais plutôt que de faire de l'économie de comptoir, je porte à votre attention le fait suivant: en Espagne, les jeunes et même les moins jeunes retournent aux vendanges.

Dans ce pays, où le chômage touche plus d'un actif sur quatre (et même plus d'un actif sur trois dans certaines régions), cette année, bon nombre de vendangeurs marocains ont été remplacés par des locaux. On me rapporte aussi que plus de jeunes vendangeurs espagnols proposent leurs services dans le Sud de la France.

Et vous amis vignerons, qu'en pensez-vous?

 

 

09:33 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

10 juillet 2013

Pesticides et Perturbateurs Endocriniens: Générations futures ramène sa fraise

Des test réalisés sur les fraises commercialisées en France révelent la présence de Perturbateurs endocriniens et de résidus de pesticides interdits en Europe.

L'associations Générations futures tire la sonnette d'alarme.

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Enquêtes EXPPERT

Au travers des enquêtes EXPPERT (pour EXposition aux Pesticides PERTurbateurs endocriniens, Générations futures tente de mieux cerner les risques.

Parce que les fœtus et les jeunes enfants sont des populations particulièrement vulnérables aux dangers des PE, même à faible dose, l'association a décidé d'analyser un fruit communément consommé par les femmes enceintes ou les jeunes enfants: la fraise. Les résidus de pesticides ont donc été recherchés dans les fraises vendues en France (en provenance de France et d’Espagne). Résultats:  sur 49 échantillons analysés, 91,83% contenaient un ou des résidus de pesticides et au total, 71,42% des échantillons contenaient des pesticides PE ! (35/49)

65,38% des échantillons de provenance française ont au moins un résidu de pesticide PE (17 /26)
78,26% des échantillons de provenance espagnole ont au moins un résidu de pesticide PE (18 /23)

De même, les tests ont mis en évidence 37 molécules différentes dont 8 Perturbateurs endocriniens différents (chlorpyriphos-ethyl, endosulfan, flutriafol, iprodione, myclobutanil, penconazole, pirimicarb, triadimenol).
A noter que le taux de présence de résidus de la quasi totalité des molécules trouvées était conforme à la norme.

Un seul dépassement de Limite Maximale en Résidu a été repéré (pour l’acrinathrine), soit un taux de non conformité de 2,04%.

Des produits interdits

Ces analyses ont également révélé la présence de résidus de pesticides interdits ou interdits d’usage sur la fraise dans les pays de production (France ou Espagne).

- 2 échantillons français sur 26 (soit 7,69%) contenaient de l’endosulfan, un insecticide organochloré interdit en Europe depuis 2005 et inscrit sur la liste des Polluants Organiques Persistants devant être éliminés au niveau mondial dans le cadre de la convention de Stockholm, convention mise en œuvre sous l’égide de l’ONU.
- 2 échantillons espagnols sur 23 (soit 8,69%) contenaient du carbosulfan, un insecticide interdit en Europe depuis 2007.

Pesticides d’usage interdit sur la fraise

- 3 autres échantillons français sur 26 (11,53%) contenaient des substances actives (SA) autorisées en France mais pas sur la fraise: 2 contenant de la flonicamide et un l’acétamipride.
- 2 autres échantillons espagnols sur 23 (8.69%) contenaient des SA autorisées en Espagne mais non autorisées sur la fraise: un contenant du spirotetramat et l’autre du dimetomorphe.

«Nous alertons nos dirigeants sur la nécessité de prendre des mesures immédiates et fortes pour réduire l’exposition des populations aux pesticides PE et d’adopter une stratégie nationale sur les PE ambitieuse» déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

«De plus, la présence de pesticides interdits en Europe ou sur la culture de la fraise dans plus de 18% des échantillons testés est proprement inacceptable. Là encore, nous attendons une action forte du Gouvernement qui doit faire rapidement cesser cette situation, sur cette culture et sur toutes les autres.» ajoute t’il.

Au titre de citoyen, je m'étonne que des associations comme Générations futures doivent se substituer aux agences de sécurité sanitaires pour effectuer de genre d'analyses et pour en diffuser les résultats; mais si ces analyses sont bel et bien pratiquées par ces agences publiques (quitte à ce qu'elles restent condidentielles), je m'étonne qu'elles ne permettent pas d'éliminer des circuits de commercialisation les produits contenant des résidus de pesticides interdits.

Je pense aussi aux producteurs exposés aux pesticides interdits - de tristes affaires du même genre dans la viticulture m'incitent à penser que non, décidement, il n'y a pas que le résultat qui compte, la belle fraise bien grosse, le beau raisin bien mûr. Qui voudrait boire un vin dont la production aurait rendu malade son producteur?

Plus d'info ICI

11:24 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Europe, France | Tags : pesticides, fraise | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |