25 mars 2017

Où l'on reparle des importations de vins espagnols

Ce samedi, à Narbonne, des viticulteurs audois s'en sont pris à nouveau à la concurrence des vins espagnols, qualifiée de déloyale. Et exigent la fin des importations.

Voici les arguments entendus:

-Les caves de l'Aude sont pleines.

-Des marques comme Leclerc vendent des vins espagnols, en faisant croire que c'est français en mettant un clocher et un béret sur l'étiquette.

-Les Espagnols et les Italiens sont exonérés de taxe foncière sur les terres agricoles

-Leurs charges sont moins importantes sur leurs salariés.

 

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Deux commentaires.

-Le premier, dans un mode persifleur: l'Espagne possède également des églises et pas mal d'Espagnols portent des bérets (basques, notamment).

-Le second, plus sérieux. Si les vignerons français paient trop de taxes sur le foncier et sur le travail (même sur la main d'oeuvre importée), n'est-ce pas plutôt au gouvernement français, à Bercy, qu'il faut s'en prendre, plutôt qu'aux Espagnols? Aux candidats à la présidence, c'est un allégement fiscal qu'il faut demander; et non une interdiction des importations qui, et les viticulteurs audois le savent bien, est impossible dans le cadre européen, avec le principe de la libre circulation des marchandises.

Et au fait, comment se fait-il que le consommateur français, dont ils pensent qu'on le trompe, ne détecte pas la supercherie? Comment se peut-que le vin espagnol premier prix lui plaise tout autant que celui proposé par les viticulteurs audois?

Et si, en attendant que le fisc français lâche son étreinte sur les viticulteurs audois (ce qui pourrait prendre un peu de temps), ceux-ci se focalisaient plutôt sur une production à valeur ajoutée, qui leur permette de vivre de leur travail sans être en concurrence frontale avec les entrées de gamme, qu'ils viennent d'Espagne ou d'ailleurs? S'ils faisaient en sorte que leurs caves soient un peu moins pleines, mais que les vins dans les cuves aient une véritable raison d'exister?

Comme les vins dont je vous parle, assez souvent, ici; parce que l'Aude possède effectivement de beaux terroirs et de bons vignerons.

Je sais, c'est plus facile de commenter que de tailler la vigne, et de vendre le vin. Mais la voie du protectionnisme est une fausse voie, d'autant que le marché français est en perte de vitesse.

Pour terminer, je ne résiste pas au plaisir de citer un commentaire de soutien aux manifestants, déposé sur le site du Figaro, et signé Haralde 37

"Soutien aux vignerons qui font rayonner la France à l'international."

Donc, si je comprends bien, il est normal que la France exporte des vins pour rayonner à l'international, mais il n'est pas normal qu'elle en importe?

Les vignerons espagnols n'ont pas le droit de rayonner à l'international?

17:36 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, France, Languedoc, Midi | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

16 mars 2017

Lu chez Vincent Pousson: vin et identités

Vincent Pousson (du Blog Idées liquides & solides), qui habite Barcelone, s'est penché récemment sur l'étonnante désaffection des Espagnols pour le vin - étonnante, quand on sait que l'Espagne est un des trois plus gros producteurs de vin au monde.

Deux phrases, dans son argumentation, m'ont frappé: "Au vin, ici, on préfère la bière, et les sodas ultra-sucrés, au premier rang desquels le Coca-Cola, ce poison dont l'Espagnol est devenu un des premiers addicts européens (sans atteindre heureusement le niveau de contamination des « champions du Monde », les Mexicains). Il est amusant d'ailleurs de noter que dans une nation où les revendications régionalistes vont bon train, où l'on évoque à tout bout de champ son « identité », on se soumette à ce point au rouleau-compresseur, au destructeur de culture qu'est le Coca-Cola…"

Le reste, ICI

00:22 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |