20 janvier 2009

L'esprit d'entreprise à la Chilienne

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas.
A Marchiguë, aux confins des vallées de la Colchagua, du Lontue et de Curicó, j’ai visité un domaine relativement nouveau: Errazuriz Ovalle.

 

Errazuriz Ovalle

Les nouvelles plantations d'Errazuriz Ovalle, entre les cactus (Photo H. Lalau)


Homme d’affaires, banquier, un temps politicien, M. Errazuriz (pas de rapport direct avec la marque Errazuriz), possède pas mal de terres autour de Marchiguë. Il a décidé de les planter de vignes. A l’Américaine, c’est à dire en grand : plus de 2000 ha, en plaine et en coteaux. Rien qu’en fil de fer pour conduire les vignes, cela représente une fois et demie le tour de la terre. Sûr que dans le lot, il y a de beaux terroirs, mais il faudra sans doute un certain temps pour les identifier. Et y adapter les bons cépages.


Pour vinifier tout ça, EOV (c’est la marque choisie par le groupe) s’est bien sûr construit une cave gigantesque, une usine à vins, fonctionnelle avant toute chose.
Et la magie du Chili, c’est que malgré les volumes gigantesques, malgré la jeunesse du domaine, les raisins sont bons, un fruit juteux et croquant apparaît en filigrane de tous les vins. Les entrées de gamme sont bien rondes, un peu trop pour mon goût, parfois, mais sans défaut. L’élevage n’est pas toujours parfait, mais sûr que les supermarchés ne feront pas la fine bouche. On fait des essais d’assemblages (la série Triciclo) qui ne sont pas dénués d’intérêt, et il y a même quelques surprenants hauts de gamme (Ultima). La matière première est de qualité, je vous dit !

Même les concurrents d’EOV ne s’y sont pas trompés: une grosse partie de ses beaux raisins finissent dans des cuvées de prestige de groupes connus sur les marchés extérieurs.
Car faute d’une marque forte, EOV ne peut vendre tout le vin qu’il a la capacité de produire, et doit donc céder ses raisins.

D’aucuns, en Europe, diraient que M. Errazuriz a eu les yeux plus grands que le ventre ; mais au Chili, on vous répondra que c’est l’esprit d’entreprise qui compte, et que le commercial n’a qu’à suivre. Ce pays ne finit pas de m’étonner.

00:07 Écrit par Hervé Lalau dans Chili | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

16 janvier 2009

Bons baisers de la Colchagua

Ca y est, je suis au Chili. Je vous écris de Chimbarombo, aux portes de la Colchagua.

Après les frimas européens, c'est drôle de sentir sur sa peau de chaud soleil chilien.

De Santiago, nous avons pris la direction du Sud, l'autopista se fraie un beau chemin entre les premiers contreforts des Andes, à gauche, et les cultures de la plaine centrale. Il y a des vignes, bien sûr, mais aussi pas mal de maraichages et de fruitiers. Ah, les pastèques, ici, c'est autre chose!

A une bonne heure et demie de Santiago, je me suis arrêté chez Cono Sur.

Cono Sur

Cono Sur (Photo H. Lalau)


La cave s'est fait une réputation, voici deux ans, parce qu'elle a été la première 100% compensée carbone au monde. Ce qui nous fait une belle jambe, vous l'avourez. Oui, mais derrière la communication, il y a un réel engagement environnemental, que j'ai pu mesurer, d'une part par les efforts dans le domaine cultural (une bonne partie du vignoble est maintenant exploité en bio, ce qui n'est pas si courant au Chili); et de l'autre, par le nombre de vélos rangés près du chai. Car sur le site de vinification de ce groupe (qui traite les raisins de tous les vignobles du groupe, de Limari à Bio-Bio), tout le personnel se déplace à vélo. On retrouve d'ailleurs une bicyclette sur pas mal des étiquettes de la maison.

Cono Sur, c'est aussi un peu l'illustration du Chili viticole qui bouge. A côté de la superbe maison coloniale nichée dans son écrin d'eucalyptus, on trouve maintenant un chai rempli de petites cuves ouvertes, conçu pour traiter des séries limitées (notamment les raisins de Leyda), et un bâtiment en construction, qui accueillera bientôt les pinots noirs reserva, vinifiés sous la double férulle d'Adolfo Hurtado et du très bourguignon Martin Prieur.

Car pendant la crise, Le Chili continue d'investir!

 

11:06 Écrit par Hervé Lalau dans Chili | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |