26 janvier 2009

Champagne chilien

De passage à Santiago entre deux visites de vignobles, je suis allé fouiner avec Aristide chez Vinos del Mundo, une petite chaîne de cavistes chiliens dont le magasin de Las Condes est très bien tenu. La plupart des bons crus du Chili y sont présents, et même quelques vins étrangers.

Du côté des vins chiliens, j'ai tout de suite remarqué une belle promotion pour le Champagne Undurraga.

Vous lisez bien, Undurraga produit du Champagne chilien. La photo ci-jointe en témoigne.

Loin de moi l'idée de jouer les rabatteurs pour le Conseil Interprofesionnel des Vins de Champagne et son armée de juristes. Je me contenterai de m'étonner qu'ils ne fassent rien contre l'utilisation de leur marque de ce côté des Andes, pour un vin à bulles, alors qu'ils ont tant fait contre le petit vin (tranquille) de la commune vaudoise de Champagne.

 

Champagne Undurraga

04:40 Écrit par Hervé Lalau dans Chili | Tags : chili | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

25 janvier 2009

Vers Limari

Oh, qu'il est long, le Chili! Après être descendu 400 km au Sud de Santiago, dans la Vallée du Maule, nous sommes remontés vers l'Aconcongagua, puis, laissant Santiago derrière nous, puis, le long de la côte pacifique, vers Limari, également à 400 km de la Capitale.

 

Limari

Arrêt photo au bord du Pacifique (Photo Aristide Spies)


A mesure que nous remontions vers le nord, le paysage devenait un peu plus désertique - pour vous donner un exemple, les clôtures entre les champs ne sont plus faites de fils de fer, mais de cactus. Le long de la Panaméricaine, superbe, le plus souvent droite, quelques autochtones stationnent sous l'ombre maigre d'un parasol ou d'une tente pour vous vendre qui des pastèques, qui des "pasteles", qui des fruits de mer, qui un chevreau! C'est surprenant, bon enfant, ces vendeurs d'autoroute agitent des petits drapeaux blancs pour vous faire signe de vous arrêter. La première fois, ça fait un peu peur. Mais pas autant que les familles qui traversent l'autoroute - ici, c'est normal.

Nous nous arrêtons justement, à peu près à mi-distance, pour goûter aux "Mejores Empanadas al Queso de Chile", dans un bâtiment qui évoque furieusement une friterie. D'ailleurs, si les friteries existaient au Chili, elles vendraient probablement des mariscos et des empanadas. Celle-ci sont effectivement superbes. Laissez-moi retrouver le nom du bled (un mot indien long comme un jour sans empanadas), je vous donnerai l'adresse, c'est mieux que la pharmacie Lopez du regretté Pierre Dac. Au fait, j'ai vérifié, elle est vraiment de garde ce week-end. Mais revenons à notre Panaméricaine.

 

Limari2

La Costa (Photo H. Lalau)

 

Quand la route se rapproche du Pacifique, elle offre des vues à couper le souffle sur les échancrures de la côte, les vagues puissantes et les gerbes d'écumes qui se fracassent sur les plages et les rochers. Hortmis quelques stations balnéaires plutôt familiales, la côte est l complètement déserte. Il y a de la place au Chili. Curieusement, le ciel est souvent nuageux entre la côte et la cordillère côtière. La mer est froide (c'est le courant de Humbold), et malgré la latitude, on trouve dans cette zone certains des terroirs les plus frais du Chili.

C'est ce qui a attiré ici quelques investisseurs, dans les années 90, notamment la maison Aguirre, ainsi que celle que nous allons visiter aujourd'hui, Tamaya.

Après la sortie d'autoroute, on roule assez longtemps dans la campagne pour arriver à une exploitation de bonne taille (tout est relatif, au Chili), mais où le vignoble n'est qu'une petite partie des cultures (150 ha, en deux morceaux); un petit domaine, à l'échelle locale.

 

Tamaya

Sur les hauteurs de Tamaya (Photo H. Lalau)

 

C'est que l'hacienda a commencé avec les fruits, les avocats (un des ingrédients irremplaçables de la cuisine chilienne) et les oliviers. La vigne est venue plus tard. Au départ, l'oenologue le dit lui même, on a planté un peu de tous les cépages, un peu partout. Il n'y avait aucun historique, rien sur quoi s'appuyer, alors ce fut l'apprentissage par les erreurs.

Dans la deuxième phase des plantations, cependant, les gens de Tamaya ont été nettement plus précis. Et ça se traduit dans les vins, notamment dans le Sauvignon Winemaker's Selection issu d'une parcelle d'un hectare, à couper le souffle. Le problème, nous confie l'oenologue, c'est qu'on ne peut pas le reproduire à plus grande échelle, il y a ici une couche de sable sur calcaire qu'on ne retrouve pas ailleurs. Mais au risque de me répéter, c'est peut-être ça, l'avenir du Chili, les micro-terroirs?

Toujours chez Tamaya, il faut goûter les deux Syrah (Reserva et winemaker's Selection). Ce cépage aura décidément été la grande révélation de notre périple chilien.

15:39 Écrit par Hervé Lalau dans Chili | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |