01 mai 2015

Un Cinsault du Sud du Chili: Santa Inés Secano Interior Coelemu 2013

Sortez vos GPS et situons-nous un peu.

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Santa Inés est une marque du groupe De Martino/Santa Teresa, dont la cave se situe dans la région du Maipo; mais le vin d'aujourd'hui provient de la vallée d'Itata, plus de 500 km plus au Sud.

Sur l'étiquette figure la DO Secano Interior/Coelemu. Coelemu étant une commune d'Itata. Quant à la mention Secano Interior, elle mérite un petit développement. Vous me suivez toujours?

Traditionnellement, on le sait,  le Chili viticole est divisé en vallées plus ou moins parallèles qui s’étendent du Pacifique aux Andes ; comme chacune d’entre elles présente au moins autant de diversité en son sein, en fonction de l’influence maritime ou de l’altitude, notamment, ont été ajoutées les mentions facultatives costa et cordillera.

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Santa Inès, alias De Martino (Photo (c) H. Lalau)

Mais la DO Secano Interior, elle, est un concept différent; d'abord, elle est transrégionale, puisqu’elle s’étend du Maipo jusqu’à Bio-Bio; mais surtout, elle est liée au cépage: seuls les vins de Pais et de Cinsault peuvent la revendiquer. Grosso modo, il s'agit de vieilles vignes traditionnelles, cultivées en gobelets, et non irriguées.

Tout ça pour vous dire qu’il ne s’agit pas d’un vin chilien «habituel», mais d’une spécialité à l’ancienne. Une robe grenadine assez lumineuse, une belle bombe de fruit au nez– griotte, groseille, mais surtout beaucoup de souplesse et d’élégance en bouche, des tannins à peine perceptibles, des épices douces, quelques notes fumées – du Merquén mapuche, sans doute! Servir légèrement rafraîchi à l’apéro ou sur une volaille – un poulet basquaise, par exemple.

http://www.demartino.cl/

 

 

11:40 Écrit par Hervé Lalau dans Chili | Tags : chili, secano interior, coelemu | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

17 janvier 2015

Faut-il réapprendre à déguster?

Voici une phrase qui m'interpelle. Elle est signée Thierry Germain (Domaine des Roches Neuves, Saumur-Champigny).

«Faut-il réapprendre à déguster ? Il est de plus en plus difficile d’apprécier un vin de grande expression tant nous sommes habitués à goûter les vins techniques, ronds, gras et sucrés que le monde nous a dictés».

Association d'idées, ceci me fait repenser à la répartition des vins (et de leurs adeptes) en deux blocs, selon le critique américain Eric Asimov - à moins qu'il s'agisse de mon excellent confrère québécois Marc-André Gagnon (je n'ai pas pu les départager). A savoir, les vins A et les vins B.

Les premiers étant les vins dits "européens", plus acides, plus "tendus". Plus cerise, pour les rouges, au moins.

Les seconds étant les vins du "nouveau monde", plus ronds, plus sucrés. Plus pruneau.

Si on croise les deux conceptions, celle de M. Germain (qui est grosso modo celle de beaucoup de vignerons bio ou biodynamistes, notamment), et celle de MM. Asimov ou Gagnon, on en arrive à la conclusion que les vins européens ont le plus d'expression.

Je ne suis pas convaincu. 

Je pense qu'il y a plein d'exceptions. 

Il faudrait faire le tri selon les cépages et la latitude, notamment. Un grenache n'aura jamais le profil d'un sangiovese. Un viognier celui d'un sauvignon.

Et où classer des vins peu alcooleux, acides ET sucrés comme ceux de la Moselle allemande?

Enfin, j'ai dégusté des pinots noirs chiliens, ou des chenins sud-africains qui n'avaient rien à envier à leurs homologues européens en terme d'expression. Par ailleurs, l'Europe ne manque pas de vins techniques non plus. 

Je crains bien que cette classification ne soit trop réductrice.

Et vous?

09:27 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud, Allemagne, Chili, France, Italie, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |