12 octobre 2012

Un nouveau métier: oenologue-préfet

Le plus gros producteur de vin anglais a décidé de ne pas produire en 2012, vu la mauvaise qualité de la matière première. En Charentes, on n'a pas voulu recourir à une mesure aussi drastique: on chaptalisera donc. Oui, oui, c'est légal, le préfet vient de l'autoriser.

C'est fou ce que les préfets ont de casquettes, de nos jours. Celle d'oenologue, à présent!

Je sais qu'une bonne partie d'entre eux sortent de l'ENA - pourtant, dans le cursus de cette prestigieuse école, je n'ai trouvé aucune formation d'oenologie.

Je suppose donc que leur science est infuse, et que les autorisations qu'ils délivrent sont motivées par une connaissance innée des enjeux.

Enjeux économiques, bien sûr - ce n'est pas une raison parce qu'une année est merdique qu'on ne doit pas produire de l'AOC.

Enjeux qualitatifs, aussi: les consommateurs ont droit au degré d'alcool, qu'il soit obtenu à base de raisin ou de betterave. Et puis si on sucre un peu trop, on pourra toujours désalcooliser après. Le degré betterave coûte de toute façon moins cher.

Le goût, le terroir, l'effet millésime? C'est bon pour les journaleux... Et qu'est-ce qu'ils y connaissent? Ils ne sont même pas oenologues!

Ainsi parlait Betteravoustra.

12:51 Écrit par Hervé Lalau dans Charentes, France, Pour rire | Tags : chaptalisation | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

15 février 2012

Que pèse la France du vin et des spiritueux à l'export? 41 Airbus A380!

Selon les chiffres publiés par l'Union Européenne, avec une récolte 2011 de quelque 50 millions d'hectolitres, en hausse de 11% sur l'année précédente, la France a repris la tête du classement des producteurs européens de vin. Dans le même temps, son éternel rival, l'Italie, a vu sa production diminuer de 17% à 42 millions d'hectos (notamment à cause des arrachages). L'Espagne arrive en troisième position, à 36,5 millions d'hectos (- 9%).

Ces évolutions à la production devraient se traduire par une légère hausse des prix à la production, entre 5 et 10%. Une hausse qui sera bienvenue pour les producteurs, après 3 années de vaches relativement maigres.

La production cumulée des 16 pays producteurs de l'Union Européenne est elle en légère baisse (-2%), à 160,3 Mhl.

800px-A380-841_MSN04_19-10-2010.jpg

Les vignerons français, plus forts que l'A380...

AAA plutôt qu'ANPAA

En 2011, les exportations de vins et spiritueux français ont dépassé les 2,44 milliards de bouteilles, pour un chiffre d'affaires de plus de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires (en hausse de 10,5%). Soit l'équivalent de 41 Airbus A380.

Voila qui nous rend fiers, nous, journalistes du vin, de contribuer à l'essor économique et à la balance commerciale française. Encore un petit effort de la part des Pouvoirs Publics - un peu moins de pinaillage au CSA, un peu moins de publicité pour les thèses de l'ANPAA, et la France regagnera peut être son AAA...

Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Cognac

Quatre origines représentent 70% des ventes à l'export:  Bordeaux, Bourgogne, Champagne et Cognac (l'alcool charentais, à base de vin, représente les deux tiers des exportations de spiritueux français, soit 3,1 milliards d'euros).
Le Bordeaux représente 16% des exportations en volume et 29% en valeur. Le Champagne représente 8% des volumes mais 31% de la valeur.

Merci la Chine!

Les États-Unis constituent toujours le premier marché à l'exportation des vins de l'Hexagone, avec des ventes de  avec 1,7 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2011.

Ils précèdent le Royaume-Uni et la Chine - ce dernier pays a vu ses ventes exploser: +52% en un an, à 857 millions d'euros de ventes. L'Asie reste donc bien notre plus grosse zone de croissance.

11:37 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Charentes, France | Tags : france, export, vin, vignoble, économie | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |