21 janvier 2014

And ze winner is... Cognac again

Quel beau paradoxe que celui du Cognac! D'abord, c'est le plus exporté des produits français à base de vin. Plus que le Champagne et le Bordeaux. 161,4 millions de cols expédiés dans le monde en 2013. 2,396 milliards d'euros!

Mais c'est aussi le moins bu en France même. Le marché français ne représente plus que 2,2% des expéditions!

Une situation reflétée dans les rayons alcools de la Grande Distribution (comptez le nombre de références de whisky et de brandy, et celui des Cognacs...) et même chez les cavistes.

Imaginez que Bienvenue chez les Chtis explose le box office américain mais sorte dans trois salles à Saint Michel. Je force un peu le trait, mais il y a de ça.

Lors de mon dernier voyage à Cognac (qui date un peu, je l'avoue, car l'actualité n'a rien de trépidant, à l'ombre des alambics), des panneaux de publicité pour une marque de whisky à bas prix trônaient à l'entrée de la ville. A croire que l'eau de vie de Cognac, même sur place, est "Trop chère pour toi", pour rester dans l'allégorie cinématographique.

Les exportations vers l'Asie ont baissé de 9,8 % en volume et 3,8 % en valeur, tandis que celles vers l'Amérique du Nord ont progressé (+ 2,1 % en volume, + 5,3 % en valeur), de même vers Europe de l'Est et vers l'Afrique. 

Il sera bientôt plus facile de commander un VSOP à Yaoundé qu'à Angoulême!

Mais que fait Arnaud Montebourg?

Source: BNIC

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Charentes, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

26 septembre 2013

Hine, zwei, drei

En deux temps trois mouvements, Chroniques Vineuses vous explique tout sur la finance internationale, l'ingénierie comptable, l'alcool et le Made in France.

Vous connaissez SAS - Son Altesse Sérénissime, fleuron de la littérature de gare.

Vous connaissez aussi EADS - le marchand d'avions et de systèmes d'armement.

Mais connaissez-vous EDV SAS? Non? A votre décharge, c'est une société toute récente. Derrière ce sigle (Editions du Voyage? Elektronische Daten Verarbeitung?) se cachent les descendants de la Famille Nicolas, les anciens propriétaires de la chaîne de magasins de vins éponyme, revendue à Castel en 1988.

C'est beau, la famille! 25 ans après, ces gens ont toujours envie de créer ensemble. Non, je ne persifle pas. Au contraire, je suis admiratif. Tant de cousins, de parents, de mères et de filles se déchirent à cause de sombres histoires d'argent. D'où l'adage: "l'argent ne fait pas le bonheur". Mais je m'égare du Nord.

Pour ceux qui se demanderaient quels sont les avantages d'une Société par Actions Simplifiée, par rapport à une société anonyme classique, il y a notamment le fait que certains associés peuvent disposer de droits non proportionnels à leur parts dans le capital. Les comptables parmi vous auront immédiatement saisi tout l'intérêt.

Surtout dans les alcools, où le capital immobilisé a la fâcheuse tendance de s'évaporer. A Cognac, c'est ce qu'on appelle "la part des anges". A Edimbourg, on appelle ça plutôt "a bluddy waste o'money".

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Si je vous en parle, c'est justement que cette toute nouvelle entité placée sous le signe d'une famille heureuse vient de se porter acquéreur des Cognacs Hine, propriété d'un fonds offshore, CL financial, depuis son rachat à Hennessy.

Trois propriétaires en quelques années. Hine, zwei, drei. Vous suivez toujours?

Si je résume, et c'est là l'essentiel, Hine fêtera ses 250 ans sous pavillon français. Voila qui devrait réjouir M. Montebourg, d'autant que la maison est d'origine anglaise. C'est une sorte de relocalisation sans déménagement, et en plus, ce sont des roastbeefs qui ont mis le capital de départ!

Même si les Français boivent aujourd'hui beaucoup plus de mauvais whisky que de bon Cognac, voila qui méritait un cocorico, non?

 

 

00:09 Écrit par Hervé Lalau dans Charentes, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |