20 mai 2009

Le Belge, premier consommateur de Pineau des Charentes au monde

Le consommateur belge est, de très loin, le premier amateur de Pineau des Charentes au monde: la Belgique assure à elle seule 78% des exportation du fameux breuvage charentais et 21% des ventes totales. Plus de 3 millions de bouteilles de Pineau des Charentes y sont vendues chaque année, soit une demi bouteille consommée par an par chaque Belge âgé de plus de 20 ans.

Malgré la crise, le Pineau des Charentes ne compte pas s'arrêter en si bon chemin, et soigne ses contacts avec le Plat Pays. Comme chaque année, une vaste campagne de communication média sera menée avant l’été en Belgique. En outre, le Trophée Pineau des Charentes, qui réunit chaque année des milliers d’amateurs lors de la fameuse Course des Garçons de Café organisée au Cinquantenaire, sera à nouveau organisée cette année les 19 & 20 septembre 2009.
 
Plus d'info: Olivier Duquaine olivier@stilis.be

07:02 Écrit par Hervé Lalau dans Charentes | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

03 février 2009

Ré, l'autre terroir du Cognac?

Autant vous l'avouer tout de suite, j'ai une tendresse particulière pour l'Ile de Ré (surtout hors saison). J'y ai passé plusieurs belles vacances il y a quelques années. Au cours de mes balades à vélo (le transport adapté, sur ce bout de terre tout en longueur, mais plat comme ma main), j'ai notamment appris à apprécier le pineau de la cave locale, à Bois Plage. Je me rappelle encore de son joli slogan: "Ré, une note de goût"... et de ses belles notes fruitées. Je revois aussi ses parcelles de vignes en bord de mer, aussi bien entretenues que des jardinets de retraités. Ré, c'est le calme, la nature, l'océan, l'authenticité. Pas de grands monuments, à part peut-être la cidatelle de Saint Martin, mais de jolies maison blanches avec des courettes qui évoquent l'Andalousie, des fleurs partout, des parcs à huitres, des salines, et le vent du large.

 

Ré-vélation

Camus a-t-il été aussi séduit que moi? Toujours est-il qu'en 2003, la Maison de Cognac a commencé à à s'approvisionner auprès de la Cave de Bois Plage, mais pour ses eaux-de-vie. Beaucoup l'ignorent, mais Ré, qui fait partie de la Charente-Maritime, est classée dans l'aire de production du Cognac, en catégorie Bois Ordinaires. Le nom est trompeur: il fleure la médiocrité; mais leur vraie caractéristique, c'est la diversité. On y trouve le meilleur comme le pire, de vrais terroirs, aussi.

 

product_144831b

Un "packaging" très Scotch... et très classe.


Ré-surrection

On y trouve aussi de bons prix, ce qui, pour un négociant, n'est pas à négliger. Au-delà de la qualité des produits rétais, l'île avait un autre atout: sa notoriété (en Europe, en tout cas). Le joyau de la Côte Atlantique a aujourd'hui de vrais adeptes en Allemagne, en Suisse, au Benelux, bref, Ré est "tendance".

Ca tombait bien, Camus s'était fixé comme objectif d'étendre ses gammes au-delà des traditionnelles Borderies, Grande Champagne et Petite Champagne. Qui plus est, Cyril Camus a cru très tôt dans les qualités aromatiques du cognac océanique, et ses «nez»  ont identifié des parfums aptes à séduire les amateurs de scotch, notamment. C'est que Ré est un vrai terroir, avec sa luminosité, ses longs étés chauds, sa terre sablonneuse, ses embruns, son sol fertilisé par les algues. Le défi du distillateur, c'est de "préserver les arômes uniques dus à ce caractère insulaire".

De cette démarche naît d'abord le «XO Île de Ré by Camus», puis, deux ans plus tard, l'«Île de Ré Fine Island Cognac». Aux alentours de 40 euros, son positionnement est clair: concurrencer les scotchs des îles. Et puis, cette année, c'est la naissance du «Camus Île de Ré Fine Island Cognac Double Matured», une qualité intermédiaire. "Double Matured", car le produit subit deux phases de vieillissement: l'un sur l'île, et l'autre dans les chais de Camus à Cognac, dans des fûts roux de 5-6 ans qui ont déjà perdu le plus gros de leurs tannins, mais rebrûlés. Pas étonnant qu'on y trouve des notes fumées.

 

C'est à la lecture du communiqué qui annonçait ce lancement que j'ai eu connaissance de cette gamme. Mon sang de Rétais (d'adoption) n'a fait qu'un tour, j'ai contacté Coralie Alingrin, la responsable du produit chez Camus, pour en savoir plus. Elle m'a aimablement échantillonné.

 

100354

Christian Ferrand


Ré-putation

J'ai aussi contacté le Monsieur Cognac de notre bonne vieille FIJEV, Christian Ferrand, qui, belle coïncidence, habite à Sainte-Marie de Ré - la plus grosse commune viticole de l'île. Fils de bouilleur de cru, Christian voit bien sûr dans ce produit une démarche marketing: "La bonne idée de Camus a été d'essayer de capitaliser sur la réputation de l'ïle de Ré".  Il n'est pas impressionné outre mesure par la qualité des eaux-de-vie de base: "Le Cognac des Gouverneurs, que la Cave de Bois Plage commercialise tant bien que mal, n'est pas géant". Mais il rend hommage à l'élevage de Camus: "L'autre bonne idée de Camus a été de demander à leur maître de chai de donner une note iodée et très whisky à cet assemblage qui, par certains côtés fait penser à un Islay. Complétez par un habillage très whisky, forme de la bouteille notamment, communiquez sur le "cognacs des îles"  et vous avez un produit qui fait un carton localement, mais pas seulement puisque c'est une excellente vente dans les caves de Saint-Tropez, également. C'est à boire sur glace et ça plaira aux amateurs de whisky".

Merci, Christian.

 

Ré-chauffement

Bon, revenons au produit dans l'étui, j'ai débouché l'échantillon reçu, et voici "l'île de saveurs" que j'y ai trouvée.

Des notes marines, iodées? Oui, peut-être, en cherchant bien; en tout cas, beaucoup d'épices. De la cannelle, de l'orange amère, du cédrat, des clous de girofle, du camphre, de la coriandre, en veux-tu en, voilà. Malgré tout ça, le nez n'a rien d"écoeurant, il reste fin, racé.

Surtout, quelle longueur en bouche! De la chaleur, certes, mais surtout beaucoup d'agrumes, du joli bois (des îles, bien sûr!), pas tellement de vanille, plutôt des notes fumées. Et ça se maintient dans le verre vide. Ma femme y trouve des notes de Glühwein. En ces temps de frimas, voila qui ré-chauffe le coeur, et c'est tout à fait adapté.

Alors, qu'attendez-vous pour succomber à votre tour à cette île enchanteresse?

Contact Camus: c.alingrin@camus.fr

 

Et pour en savoir plus sur les découvertes de Christian Ferrand: http://www.cognac-only.com/

 

 

 

10:34 Écrit par Hervé Lalau dans Charentes | Tags : cognac, re | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |