06 septembre 2008

Les vendanges de Champagne commencent vendredi prochain

Les premières vendanges de pinot meunier démarreront le 12 septembre en Champagne, le gros de la troupe embrayant dès le lundi 15.

"L'été a été peu ensoleillé mais relativement sec, donc favorable à un développement des raisins sans présence de pourriture", a précisé Daniel Lorson, du CIVC.

Côté volume, on table sur une récolte légèrement inférieure à celle de l'an dernier.

Les ventes totales de Champagne sur les 12 derniers mois se sont élevées à 335 millions de cols. Si certains pays, notamment asiatiques, ont connu des hausses à 2 chiffres, d'autres, comme les Etats-Unis ou la Suisse, enregistrent une baisse, imputée à la hausse des tarifs.

17:46 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

23 août 2008

Où l'on reparle de l'extension de l'AOC Champagne

Voici quelques semaines, nos confrères de Decanter, un brin provocateurs, interrogeaient leurs lecteurs sur l’extension de l’aire de production du Champagne. La question posée était à choix multiples, et on y exprimait deux craintes majeures:  le mercantilisme et l’abaissement de la qualité.

On peut rassurer nos amis britanniques (pour autant qu’ils aient vraiment été inquiets).

Tout d’abord, il faut arrêter de faire un lien entre cette extension et l’augmentation actuelle de la demande. Lorsque le projet a été déposé, en 2002-2003, le marché était encore atone du fait du sur-stockage de l’an 2000, et bien malin celui qui aurait pu prévoir l’embellie des ventes.

Non, la motivation première de cette extension est de mieux faire coïncider la qualité des sols et le classement, qui se basait surtout jusqu’ici sur l’historique du vignoble. De l’objectiver, aussi. Elle profitera aussi bien aux Maisons qu’aux Récoltants. Quant à parler de mercantilisme… de quel droit, dans une activité commerciale, pourrait-on interdire à des opérateurs de préparer leur avenir?
La Grande-Bretagne ne serait-elle plus cette «nation de boutiquiers» dont parlait Napoléon ?

Par ailleurs, voyons les chiffres : 40 communes entrent dans l’aire, et deux en sortent. Pour un total de 634 aujourd’hui (319 si l’on s’en tient aux seules communes aptes à fournir du raisin donnant droit à d’appellation).
En outre, qui dit commune ne dit pas surface viticole. Au sein de chaque commune, il faudra classer les parcelles, et à l’arrivée, seule une partie de l’extension sera utilisable. Un coup d’œil sur la carte nous permet de constater que la quasi totalité des nouvelles communes sont dans le prolongement direct des communes déjà classées. Topologiquement parlant, c’est plutôt rassurant.
Ajoutons que cette révision de l’aire conduira à une révision parcellaire dans toute la Champagne viticole, et que les critères techniques s’appliqueront donc aussi bien aux nouvelles parcelles qu’aux anciennes.

Faut-il aussi rappeler que l’aire d’appellation Champagne comptait plus de 75.000 ha de vignes en exploitation avant le phyloxéra, contre 35.000 aujourd’hui ?
Au fait, les délimitations actuelles sont-elles à graver dans le marbre ? Il suffit de lire les comptes-rendus des procès qui ont précédé la loi de 1927, pour réaliser à quel point toute œuvre humaine est liée à son temps, et donc contestable.

Enfin, soyons raisonnables : une extension trop rapide de la capacité de production déstabiliserait le marché. Elle n’est donc par dans l’intérêt des opérateurs. Il existe un mécanisme, aujourd’hui déjà, qui empêche cette déstabilisation : annuellement, le pourcentage de nouvelles plantations ne peut dépasser 2%.

Et rappelons que la concrétisation de cette extension ne se fera qu’à partir de 2017.

Alors, amis d’outre-Manche ou d’ailleurs, pas de panique. Vous avez largement le temps de réaliser vos propres plantations de vignes à bulles dans le Kent ou en Hainaut. Et qui sait, dans deux à trois cents ans, vous réviserez votre aire…

09:46 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |