23 août 2008

Où l'on reparle de l'extension de l'AOC Champagne

Voici quelques semaines, nos confrères de Decanter, un brin provocateurs, interrogeaient leurs lecteurs sur l’extension de l’aire de production du Champagne. La question posée était à choix multiples, et on y exprimait deux craintes majeures:  le mercantilisme et l’abaissement de la qualité.

On peut rassurer nos amis britanniques (pour autant qu’ils aient vraiment été inquiets).

Tout d’abord, il faut arrêter de faire un lien entre cette extension et l’augmentation actuelle de la demande. Lorsque le projet a été déposé, en 2002-2003, le marché était encore atone du fait du sur-stockage de l’an 2000, et bien malin celui qui aurait pu prévoir l’embellie des ventes.

Non, la motivation première de cette extension est de mieux faire coïncider la qualité des sols et le classement, qui se basait surtout jusqu’ici sur l’historique du vignoble. De l’objectiver, aussi. Elle profitera aussi bien aux Maisons qu’aux Récoltants. Quant à parler de mercantilisme… de quel droit, dans une activité commerciale, pourrait-on interdire à des opérateurs de préparer leur avenir?
La Grande-Bretagne ne serait-elle plus cette «nation de boutiquiers» dont parlait Napoléon ?

Par ailleurs, voyons les chiffres : 40 communes entrent dans l’aire, et deux en sortent. Pour un total de 634 aujourd’hui (319 si l’on s’en tient aux seules communes aptes à fournir du raisin donnant droit à d’appellation).
En outre, qui dit commune ne dit pas surface viticole. Au sein de chaque commune, il faudra classer les parcelles, et à l’arrivée, seule une partie de l’extension sera utilisable. Un coup d’œil sur la carte nous permet de constater que la quasi totalité des nouvelles communes sont dans le prolongement direct des communes déjà classées. Topologiquement parlant, c’est plutôt rassurant.
Ajoutons que cette révision de l’aire conduira à une révision parcellaire dans toute la Champagne viticole, et que les critères techniques s’appliqueront donc aussi bien aux nouvelles parcelles qu’aux anciennes.

Faut-il aussi rappeler que l’aire d’appellation Champagne comptait plus de 75.000 ha de vignes en exploitation avant le phyloxéra, contre 35.000 aujourd’hui ?
Au fait, les délimitations actuelles sont-elles à graver dans le marbre ? Il suffit de lire les comptes-rendus des procès qui ont précédé la loi de 1927, pour réaliser à quel point toute œuvre humaine est liée à son temps, et donc contestable.

Enfin, soyons raisonnables : une extension trop rapide de la capacité de production déstabiliserait le marché. Elle n’est donc par dans l’intérêt des opérateurs. Il existe un mécanisme, aujourd’hui déjà, qui empêche cette déstabilisation : annuellement, le pourcentage de nouvelles plantations ne peut dépasser 2%.

Et rappelons que la concrétisation de cette extension ne se fera qu’à partir de 2017.

Alors, amis d’outre-Manche ou d’ailleurs, pas de panique. Vous avez largement le temps de réaliser vos propres plantations de vignes à bulles dans le Kent ou en Hainaut. Et qui sait, dans deux à trois cents ans, vous réviserez votre aire…

09:46 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

01 août 2008

Champagne!

Petite chronique effervescente et sportive de notre ami Eric Boschman...

Les forçats de la route du Tour sont de retour au bercail pour prendre un repos bien mérité avant de s’envoler pour Pékin. Et là, va falloir s’équiper pour respirer. Remarquez, si on mettait un peu de Champagne dans les bidons, peut-être que cela serait efficace. Plus fort en tout cas que l’eau, le pastis et l’orgeat light.

Je disais donc Champagne, avant de disgresser. La consommation de Champagne est, grosso modo, binaire. Une grosse moitié en France, le reste, ça tombe sous le sens, dans le reste du monde.
Pour ce qui est de la moitié franchouillarde, on considère généralement que plus ou moins 80% de celle-ci se fait sur place et dans un rayon d’une centaine de kilomètres, incluant Paris. Si l’on compte sur ses petits doigts boudinés, il en faudra un sacré paquet, on dit 330 millions au total, divisé par deux, ça nous fait plus ou moins 165 millions de bouteilles en France et vous prenez 80% de ça, ça fait, à la grosse louche, 150 millions. De quoi faire une ou deux belles soirées pour un beau vainqueur du Tour.

En Belgique, le leadership est détenu par la maison Laurent-Perrier. Leur cuvée de prestige se nomme “Grand Siècle”, elle est le résultat de l’assemblage de trois millésimes que l’on ne connaît pas, avec un dosage plutôt bas et une petite domination du chardonnay, ça n’a pas vraiment d’intérêt. Ce qui compte, avant tout, c’est la ligne gustative du produit. Les cuvées de prestige sont synonymes de luxe, alors pour faire dans le concept jusqu’au bout, Diamond by Grand Siècle vient de naître dans un décor sur mesure. Laurent-Perrier et le Sofitel Crystal Lounge s’unissent pour une action exclusive du 2 juillet au 30 décembre. C’est dans le Crystal Lounge du récemment rénové Sofitel Bruxelles Louise, signé Antoine Pinto, que vous pourrez découvrir cette offre unique. Pendant 6 mois, les clients pourront y savourer Grand Siècle dans deux verres spécifiques, dont l’un contient un diamant.

Evidemment si vous l’avalez, il faudra ajoutez un scanner et une visite chez le proctologue; mais si vous n’êtes pas distraits, vous repartirez avec un coffret à bijoux conçu par la maison anversoise Pierre De Bie & Fils, contenant le diamant et deux verres Grand Siècle créés tout spécialement pour cette occasion. Bon, les diamants étant éternels, il faudra quand même débourser 1000 euros, la valeur du diamant. Et pas l’avaleur de diamant, si c’est le cas, méritera des beignes.


Plus d’infos : Laurent-Perrier Belgique –Tél. 02/732.90.01

12:16 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |