16 novembre 2010

Une députée défend les droits de plantation

Sans surprise, le rapport remis au Ministre de l'agriculture français par Catherine Vautrin, vice-présidente de l’Assemblée nationale et députée de la Marne au Ministre de l'agriculture, plaide pour le maintient des droits de plantation, remis en question par la nouvelle organisation de marché européenne à partir de la fin 2015.  Pour Mme Vautrin, ceux-ci constituent «un outil éprouvé et moderne de gestion harmonieuse du potentiel viticole européen».


 

Elle propose donc cinq pistes:

maintien d'une interdiction de plantations nouvelles, assortie de cas d'exceptions déclinés par types de vignobles

application de ce régime à l'ensemble des vignobles, y compris aux vins sans indication géographique afin d'organiser l'ensemble du marché

gestion du régime des droits de plantation par les interprofessions

gestion fondée notamment sur des prévisions économiques affinées

mise en place d'une nouvelle gouvernance du vignoble, répartie efficacement entre l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao), l'interprofession nationale et les interprofessions régionales.

Avec tout le respect que je dois à Mme la Vice-Présidente, je lui ferai remarquer que l'"outil de gestion harmonieuse" n'a pas empêché la chûte des cours, dramatique, même dans des zones d'AOC.

Secundo, je me permets d'enfourcher à nouveau mon cheval libéral (ou libertaire?): ce n'est pas à l'état d'organiser ni de "gouvernancer" (osons ce néologisme affreux) une filière comme le vin, qui n'est liée, ni à la défense nationale, ni aux intérêts stratégiques. Ni directement, ni via les interprofessions, qui sont juges et partie, représentant les domaines déjà plantés, et donc, on s'en doute, peu ouverts à l'arrivée de nouveaux concurrents. On appelle ça une rente de situation.

Mme Vautrin, en bonne Champenoise, défend donc les "droits acquis" - ceux-là même auxquels le gouvernement prétend s'attaquer dans bien d'autres domaines. Mais pourquoi faut-il des droits pour planter de la vigne quand il n'en faut pas pour planter des patates ou du blé?

Or, et c'est la mon dernier point, je pense que la concurrence est le meilleur moyen de faire progresser la qualité, en écrémant la production non commercialisable, ces excédents que les interprofessions n'ont jamais su réguler.

Je me doute bien que mon discours ne plaira pas à tout le monde. Mais comment en tiendrais-je un autre? Admettrait-on, pour formuler une comparaison qui vaut ce qu'elle vaut, que les journalistes limitent le droit d'expression aux seuls journalistes?

 

 

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, France | Tags : vin, vignoble, france, europe, rente de situation, droits acquis | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

02 novembre 2010

Décès de Bernard de Nonancourt, Président Fondateur de Laurent-Perrier

Communiqué de presse

La Maison Laurent-Perrier a la grande tristesse d’annoncer la disparition de Bernard de Nonancourt, Président Fondateur du Groupe des Champagnes Laurent-Perrier, de Castellane, Salon et Delamotte.

Après avoir servi dans la résistance aux côtés de l’Abbé Pierre, puis dans la 2ème DB du Général Leclerc, il prend, en 1949, les rênes de Laurent Perrier à la demande de sa mère Marie Louise de  Nonancourt.

Pendant plus de 50 ans, Bernard de Nonancourt, entrepreneur charismatique, s’est attaché à faire de Laurent-Perrier une des grandes Maisons de la Champagne. En l’espace d’une vie, il a réussi à hisser la marque au troisième rang en valeur. Sa détermination intransigeante pour la qualité et sa remarquable dimension humaine restent fortement enracinées dans les valeurs de l’entreprise. Il fut l’un des grands artisans de la renommée du champagne et par sa forte implication personnelle, contribua à son rayonnement dans le monde entier.

Il a assis le développement de sa Maison sur des relations fortes avec le vignoble champenois. Son savoir-faire ancré dans la tradition, son indépendance d’esprit et son côté visionnaire lui ont permis de créer des vins devenus des références.

Depuis plusieurs années, Bernard de Nonancourt avait préparé sa succession. Il avait transmis à ses filles Alexandra et Stéphanie, entrées respectivement dans la Maison en 1987 et 1995 et aujourd’hui membres du Directoire, un Groupe international, plein d’avenir et exclusivement dédié au champagne.

Bernard de Nonancourt était Commandeur dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur et avait reçu la Croix de Guerre 1939-1945, la Croix du Combattant et la Médaille d’Engagé Volontaire.

11:29 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne | Tags : vin, vignoble, laurent-perrier | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |