14 septembre 2011

Pour en finir avec la guidite chronique

Vous ne concevez pas de vivre la rentrée sans le dernier Goncourt, ni sans un bon guide d'achat des vins?

Ne vous inquiétez pas. C'est moins grave que la maladie de Jacques Chirac. Et surtout, c'est beaucoup plus répandu, alors les labos investissent; ils vont bien finir par trouver un traitement.

En attendant, vous pouvez au moins éviter d'acheter le mauvais guide. Vous n'avez qu'à aller sur le site du Vindicateur. Il fait un tri.

C'est ICI et j'adore.

guide de vins,vin,matrix

Juste un petit commentaire.

Le taulier du site, Antonin Iommi-Amunategui, se pose la question de sa légitimité de commentateur.

Ne te la pose plus, Antonin! Est-ce que les éditeurs et les auteurs de ces guides se la posent? Et qui osera me dire qu'il n'a jamais été déçu par une sélection du Guide Hachette, du Bettane et Desseauve ou du Guide de la RVF?

Allons, tout ce qui est humain est faillible et plein d'irrationnel.

Alors continue, Antonin. Même si ça ne fait pas vendre un guide de moins, vu qu'ils sont posés près des caisses de grand crus au Coraffour, au Pasclerc, à l'Interfâché ou au Minus Casimmo, cette semaine, ton oeuvre aura au moins fait un heureux: moi.

Grâce à toi, j'ai trouvé le courage de ne pas en acheter. Même si je n'en dégoûte pas les autres. C'est qu'il y a du boulot, derrière tout ça! Et de l'argent, aussi.

A Sierre, il y a quelques jours, j'ai reçu le Guide Vinea des Vins Suisses. Ca me suffit pour le moment.

En plus, c'est très économique: comme les vins qui y sont mis en avant ne sont pas vendus chez moi, je ne suis pas tenté d'acheter!

Mais tout à coup, j'ai comme un doute.

Et si tout ça n'était qu'une vaste supercherie, une sorte de Matrix du vin? Les guides commenteraient (très bien) des vins qui n'existeraient pas (un peu comme pour les Primeurs), et nous on commenterait les commentaires.

Ah, au fait, pour le Goncourt, je ne peux rien faire. C'est à vous de voir.

01 septembre 2011

Un Champenois pouvait-il dire autre chose?

Suite de notre grand feuilleton sur le bouchon...

Henri Gasco, de Vranken-Pommery, m'a fait bien rire: "Le liège a su garder toute l'herméticité nécessaire pour le vin", déclare-t-il à qui veut l'entendre.

Tant pis si les faits infirment cette jolie prise de position (le liège n'est pas si hermétique que ça s'il laisse passer le TCA, notamment). Tant pis si la citation est de commande (pour le site des Liégeux de Planète Liège).

Sans doute M. Gasco est-il sincère. Je lui laisse le bénéfice du doute, en tout cas.

Moi, ce qui m'amuse, c'est le non-dit.

Imaginez un peu que le chef de cave d'une Grande Maison nous dise de brut en blanc (ah ah) quelque chose du genre:

"Oui, mes bouchons fuient, c'est problématique, mais que voulez-vous, le Champagne est une industrie où l'on doit avoir l'air vieux jeu.

C'est pas qu'on soit contre le progrès: on est même très modernes dans le domaine de la chimie, demandez aux vendeurs de produits phyto; et puis on augmente régulièrement nos rendements à l'hectare, ce qui prouve bien qu'on progresse dans la maîtrise de la matière première; on a robotisé le remuage, aussi. L'oenologie de pointe, on adhère: on chaptalise et on soufre copieusement, on refroidit, on mélange du rouge et du blanc, on essaie de bien contrôler la prise de mousse... C'est très technique, vous voyez.

Et ça, bien sûr, c'est seulement la partie émergée de l'iceberg. Parce que parfois, il y en a qui échangent des vins clairs ou des bouteilles sur lattes avec la concurrence; on dit même, qu'il y en a qui importent des vins d'ailleurs. Je ne dis pas que c'est bien, tout ça, juste que ce sont des pratiques plus ou moins admises. C'est qu'on a toute une planète à fournir, vous comprenez!

Mais mettre une capsule sur la bouteille, alors ça non, ce serait bien trop voyant".

Evidemment, ce ne serait pas bien, de dire ça. Ce serait peut être un petit peu vrai. Mais ce ne serait pas correct. Au sens de respectable, je veux dire.

Sur les quarts aviation, quand même, parfois, certaines maisons osent le bouchon de plastique, je crois. Evidemment, les gens ne vont pas descendre de l'avion en vol pour ça...

En attendant le grand coming-out du négoce champenois, je me permets de saluer trois producteurs qui, bien que de la région, sont à des années lumière de la conception mercantile (caricaturalement?) dénoncée plus haut: j'ai nommé Francis Boulard, Franck Pascal et Xavier Gonet. Courage, les gars!

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |