01 février 2013

Demande d'information: quid des 5% d'achats hors domaine?

Chers lecteurs, j'aimerais vous mettre à contribution, pour une fois.

Je cherche des éclaircissements sur une réglementation qui permettrait, au moins dans certaines régions, à des récoltants-manipulants d'acheter des raisins aux producteurs voisins; et de les incorporer à leur propre production, à concurrence de 5% du volume de leur propre récolte. Est-elle toujours en vigueur?

Le chiffre de 5% peut paraître très faible, bien sûr, mais il m'interpelle à double titre:

1° Une tolérance de 5% ne permet-elle pas des abus? Car on ne peut mettre un gendarme derrière chaque cuve, une petite facture ne peut-elle cacher des livraisons plus importantes et le cas échéant, dissimuler des trafics?

2° 5%, c'est peu, mais si ces 5% représentent 50% d'une cuvée en particulier, c'est autre chose...

Question subsidiaire, quid des ventes de vins sur lattes entre propriétaires et entre négociants, en Champagne? Bénéficient-elles d'une autre réglementation?

Merci de m'apporter vos lumières...

00:54 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Champagne, France | Tags : achats hors domaine, réglementation, négoce, abus, vin, vignoble | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

14 janvier 2013

De l'affaire Esterlin et du discount en général

Qu'est-ce j'apprends encore? Que trois malheureux responsables de la Coop de Mancy, alias Esterlin, ont écopé d'amendes (légères) et de prison avec sursis pour avoir vendu de faux millésimés à ED!

L'affaire date de 2005 - ce qui prouve au passage qu'en France, la justice se hâte lentement. En Norvège, Hans Breivik a été jugé en moins d'un an. Esterlin a dû en attendre 7. L'affaire semblait pourtant moins compliquée, a priori. D'autant que comme souvent en France, les faits avaient été portés à la connaissance des enquêteurs par d'anciens salariés.

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Et puis, il n'y avait pas mort d'homme, comme on dit parfois dans les prétoires pour demander la clémence du juge.

Non, il n'y a pas mort d'homme. Et puis, est-ce que les clients d'ED s'intéressent au millésime sur le Champagne? Est-ce une Unique Selling Proposition? Un référent? Est-ce que ça impacte la purchase decision autant que le merchandising (pour parler distributeur)?

Je propose une solution radicale à toutes ces mesquineries. Que le hard discount soit exclu une bonne fois pour toutes du champ d'action de la répression des fraudes. Voire du code du travail.

On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre, le prix le plus bas et la protection la plus haute. Vouloir dépenser le moins possible et avoir des caissières heureuses, des fournisseurs prospères, une France qui marche.

Avec leur mentalité de destockeurs, leur moins-disant commercial, ED et ses concurrents Lidl, Aldi, Norma, Leader Price et consorts sont pour moi les fossoyeurs, non seulement du Champagne, mais bien au-delà.

Ami consommateur, quand tu visites ces enseignes, sache que l'argent que tu y dépenses contribue à pressurer les producteurs, que tes prétendues économies se répercutent sur toutes la chaîne, que tu incites les patrons des PME ou des groupes qui les approvisionnent à moins payer leurs employés - toi, peut-être. Ou à baisser les normes de qualité. Comment peux-tu croire que tu fais une affaire? Même quand tu achètes une voiture d'occasion, tu n'es pas aussi naïf...

Alors, qu'Esterlin ait grugé ED, je ne dis pas que c'est bien, non. Mais ce n'est pas le pire.

Au fait, ED, c'est Carrefour. Vous savez, la chaîne qui positive... "Les prix bas, la confiance en plus"... Le beurre et la crème.

Au fait, la maison Lallement-Dubois-Jeeper, alias LDJ, qui alimentait en champagne à marques de distributeurs ce même Carrefour, et puis Leclerc (Marquis de Coulmeaux), et puis bien d'autres, vient de déposer son bilan avec 40 millions de dettes. Même des ventes de champagne à 5,45 euros (un coup très Hard Discount pourtant signé Leclerc) ne lui ont pas permis de générer assez de trésorerie pour éviter cette issue.

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Signé LDJ

Dommage que le CIVC, si prompt à dénoncer les faux champagnes en dehors de la région, ne se soit pas inquiété publiquement de ce ce qui s'apparente à de la vente à perte. Compte tenu du prix de revient d'une bouteille de BSA, raisin, matières sèches, bouteille, stockage, manutention, dégorgement, transport, tout compris, il y a forcément un truc qui ne colle pas... Ou bien alors, on nous gruge depuis des années avec des Champagnes beaucoup trop chers...

Pensez-y, ami consommateur, quand vous faites ce genre d'"affaire". Pensez aussi aux 10 salariés de LDJ qui risquent de se retrouver sur le carreau. Les distributeurs, eux, n'y pensent pas. Ils profitent de '"l'avantage compétitif"...

Vade retro, distributor!

00:35 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, France | Tags : champagne discount, leclerc, aldi, lidl, carrefour, ed | Lien permanent | Commentaires (7) | | | |