09 décembre 2013

De l'art ou du cochon?

Dom Pérignon a demandé à l'Américain Jeff Koons de réaliser pour son Champagne un coffret dont voici la photo.

Perignon.jpg

 

Je ne suis pas emballé - c'est le cas de le dire.

L'artiste a appelé son oeuvre le "Balloon Venus". Moi, ça me fait penser à un cochon. Au ballon-cochon d'Animals, de Pink Floyd.

Mais primo, je ne suis pas critique d'art (je ne sais même pas si ça en est, c'est vous dire).

Secundo, ce coffret sera diffusé à un si petit nombre d'exemplaires (650), et à un prix tellement démesuré  (18.000 euros) que je ne suis pas dans la cible. Moi, j'aime le vin qui se boit.

Bien sûr, je m'en voudrais de décourager ceux qui cela peut intéresser - je leur conseillerai juste d'aller sur d'autres blogs lire des commentaires plus adaptés.

00:39 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, France | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

17 novembre 2013

Bradage dans le Champagne

Par la voix de son porte parole Thibaut Le Mailloux, le CIVC vient de condamner la guerre des prix du Champagne à laquelle se livre la grande distribution française, comme "nuisible pour l'image du Champagne". Cette guerre a vu descendre les prix d'un Champagne du groupe Vranken jusqu'à 7,78 euros chez Carrefour France, cette dernière semaine.

Il y a-t-il eu vente à perte? Pas sûr, car il s'agit de promotions liées à la carte de fidélité de l'enseigne.

Il faudrait connaître le prix de vente exact consenti par Vranken.

Vranken.jpg

Surtout, est-ce vraiment dommageable à la Champagne? D'abord, ce n'est pas la première fois que la GD se fait une image d'écraseur de prix au dépends du Champagne. Même en période économique faste, la tentation est grande.

Alors, dans la conjoncture actuelle, vous pensez! Aujourd'hui, le client de la GD est d'abord à la recherche de bulles pas chères; aussi la question est plutôt de savoir si le Champagne souhaite rester dans ce marché.

L'image a bon dos, mais une bulle est une bulle, et seuls les prix de cession du raisin, liés au foncier, peuvent réellement justifier une différence de prix avec le Saumur, le Crémant de Loire, du Jura, d'Alsace ou d'ailleurs. Sans oublier tous les investissements passés des marques de Champagne, dont l'objectif principal a été de faire croire au buveur que leurs bulles étaient d'une autre classe. A l'aveugle, cependant, c'est loin d'être évident.

Alors pour moi, ce qui met le plus en danger l'image de la Champagne, c'est la médiocrité de ses BSA de base, dont même la chaptalisation ne parvient pas à faire oublier la maigreur et le manque de maturité.

Enfin, que compte faire le CIVC, à part geindre? Pour mettre fin aux pratiques des grandes enseignes de la GD, il faudrait les attaquer en justice, pour vente à perte, en produisant les documents comptables.

Mais s'attaquer à de si gros clients, c'est autre chose de que de réduire au silence le village suisse de Champagne...

Et puis, pas sûr que les cotisants au CIVC le souhaitent vraiment. Image ou pas, il paraît que certains sont parfois bien contents de trouver la GD pour écouler leurs surstocks.

00:06 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |