26 septembre 2014

Champagne "Made in France by Polish hands"

Bien sûr, il faut se garder de généraliser: non, la Champagne n'est pas qu'un immense gourbi de vendeurs de sommeils!

Mais tout de même; la découverte, à Fleury-la-Rivière, de 248 vendangeurs polonais "logés dans des conditions indignes", selon les services de la sous-préfecture d'Epernay, fait un peu tâche au pays de la bulle de prestige.

Une enquête pour traite d'êtres humains et travail dissimulé a été ouverte par le parquet de Châlons-en-Champagne. Selon les premiers éléments divulgués par le sous-préfet, "le prestataire polonais qui les employait pour le compte de plusieurs vignerons les logeait dans cette maison à douze par pièce au mépris des règles de sécurité élémentaires en les nourrissant avec des aliments périmés ou avariés. Mais Les vignerons n'étaient pas au fait de ces conditions et l'enquête précisera les conditions d'embauche des saisonniers".

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Les Polonais sont nos amis, et ça ne date pas d'hier...

Le syndicat général des vignerons de Champagne a d'ailleurs condamné "ce type de pratiques inadmissibles et indignes" et envisage de se porter partie civile au procès "pour atteinte à l'image de l'Aoc Champagne".

Il n'a pas tort. Savoir qu'on exploite des Polonais pour produire du Champagne, c'est un peu repoussoir.

Le prix de vente du produit final devrait permettre de payer décemment les travailleurs, pour qu'ils se logent correctement.

Je ne vais pas en faire des tonnes, mais je me pose encore quelques questions.

Pourquoi ne pas employer de la main d'oeuvre locale, compte tenu du taux de chômage en France, ce qui éviterait le problème du logement...

Ou bien l'emploi de saisonniers étrangers permet-il des économies en termes de prestations sociales, par exemple? Est-ce notre code du travail qui pose problème?

Le Made in France, dont on nous rebat les oreilles, et que l'on traduira en l'occurrence par "Il n'est Champagne que de Champagne", peut-il inclure de la main d'oeuvre étrangère?

Pour mieux informer le consommateur, peut-être faudrait-il plutôt apposer la mention "Made in Champagne with French grapes harvested by Polish hands? 

Qu'on me comprenne bien, je n'ai rien contre la Pologne ni les Polonais, peuple ami; et c'est leur droit le plus strict, en tant qu'Européens, de venir vendanger chez nous quand les Français ne veulent plus le faire. Ce qui m'énerve, c'est l'hypocrisie. 

01:00 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

21 septembre 2014

Eric, Andy, si vous me lisez...

Comme je reviens de Limoux, je suis allé faire un petit store check du rayon bulles dans la GD belge, pour me rendre compte de la place de cette vénérable appellation (et de sa petite soeur le Crémant de Limoux). Et là, j'hallucine, chez Carrefour Market, les deux sont aux abonnés absents.

Plus globalement, la portion dévolue aux vins mousseux français - Champagne, Crémants ou autres - est de plus en plus congrue.intro_ferriol104112.jpg

N°1 en facings au rayon bulles chez Carrefour

Que reste-t-il, outre les Champagnes, qui concourent dans une autre catégorie de prix?

Deux Crémants d'Alsace, un Crémant de Bordeaux, un Saumur, un Crémant de Loire, un Crémant de Bourgogne, une Clairette de Die, un Pétillant. Je n'ai vu ni Crémant de Limoux, ni Crémant du Jura (ils sont pourtant si bons!). 

A noter que ces bulles françaises ne bénéficient pas d'une grande exposition (deux à quatre facings au maximum), pendant que certains Cavas et Proseccos, eux, en ont jusqu'à 7. 

Et oui, ce sont ces deux produits qui taillent des croupières aux mousseux Made in France. Et dire qu'il y a encore dix ans, l'Hexagone régnait en maître sur cette catégorie!

Le plus étonnant, sans doute, c'est de constater qu'un mousseux australien de Yellow Tail a autant de visibilité en Belgique qu'une bonne vieille marque comme Ackerman.

J'ai quand même un peu de mal à comprendre la logique d'implantation - on ne peut même pas dire sur ce sont les grandes marques qui sont avantagées: le record du plus grand nombre de facings est détenu par Ferriol (Covides), un Cava dont vous n'avez sans doute jamais entendu parler. 

Tiens, j'ai vu que mes copain Eric Boschman et Andy de Brouwer ont été choisis par Carrefour pour incarner sa foire aux vins 2014. "Hypersommeliers", qu'ils sont, à présent.

Eric, Andy, si vous lisez, pouvez-vous leur demander comment ça marche, l'implantation du rayon hyper-bulles?

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