20 avril 2010

Vu (et bu) du Québec

Dans le dernier magazine Vignobles & Vins, notre consoeur québécoise Nicole Barrette Ryan signe un bel édito qui nous renvoie à nos contradictions.

A lire un bon verre d'Orpailleur à la main, ou à défaut, de vin de France, tant qu'on a le droit d'en exporter...

Orpailleur1

Le domaine de l'Orpailleur, à Dunham

 

La civilisation du vin

La France, pays de la Renaissance, du bien vivre, bien boire, bien manger, poursuit sa descente aux enfers de la prohibition. Je le constate encore une fois avec désolation, car cette auto-censure insidieuse commence à se propager jusqu’ici. J’en ai pour preuve un tout récent ouvrage publié aux Éditions de l’homme (et donc ici à Montréal) intitulé Hébergements de charme chez les vignerons français (nous en faisons un compte-rendu dans le Vinoflash), qui comporte en page 4 le warning (et j’emploie le mot anglais à dessein) «L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération». Et pourtant, vous avez bien vu que le titre n’est pas une incitation à se saouler, il s’agit d’un guide charme et plaisir dans diverses régions vinicoles de France chez des passionnés de leur terroir et de leur travail, qui se double de quelques pages sur le vignoble et les cépages de chacune de ces régions, informations reprises dans le livre de Jacques Orhon, édité par Les Éditions de l’homme, Le Nouveau guide des vins de France. Ce travail d’identité du vin avec son terroir et ses traditions est toutefois un des fleurons de la culture française. Pourquoi dès lors, cet acharnement?

À l’inverse, ici au Québec, notre consœur et amie, Janine Saine, publie un superbe ouvrage intitulé La route des vins de Brome-Missisquoi, Cantons-de-l’Est aux Éditions La Presse (dont nous faisons également un compte-rendu dans le Vinoflash), dans le même esprit charme et plaisir. Quelle différence d’esprit ! Ici, nous apprenons le plaisir du vin, nous le savourons, nous nous baignons dans cette civilisation millénaire, sans même imaginer qu’il y ait là l’ombre du péché. Car, qui dit vin, dit aussi tout un ensemble d’éléments intangibles – hébergement, restaurants, objets d’art, boutiques d’antiquaires, spécialités gastronomiques, etc. Et pourtant, Dieu sait si le puritanisme américain a pu veiller sur nous.

Mais pour en arriver là où nous sommes, il faut reconnaître ici le grand travail d’éducation qu’a fait Éduc’alcool auprès des jeunes, auprès des adolescents et auprès des adultes déjà engagés dans la vie professionnelle. Ce travail de fond est visible au quotidien dans les achats que font les consommateurs dans les magasins de la SAQ et aussi dans le choix des vins dans les restaurants. En effet, nombreux sont les restaurateurs qui proposent une très belle gamme de vins au verre. Dans ce cas, on ne peut pas dire qu’il s’agit d’inciter à boire, mais plutôt de proposer le vin qui s’harmonise le mieux avec le plat. Savourons le bonheur de vivre là où on respecte le travail de la vigne et du vin, et dès les beaux jours allons à la découverte de ces vignobles du Québec !

Nicole Barrette Ryan

 

11:05 Écrit par Hervé Lalau dans Canada | Tags : hygienisme, vin, quebec | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

01 décembre 2009

Un chum au Canada

J'aimerais vous présenter aujourd'hui un confrère québécois bien sympathique (c'est presque un pléonasme), à savoir Jean Aubry. Avec ses airs d'éternel ado, Jean en ferait presque oublier qu'il a pas mal roulé sa bosse sur la planète vineuse. Jugez un peu de son CV.

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Jean Aubry

 

Tout commence avec la passion du vin, qui le prend à la fin des années 70. Décidé à en faire  son métier, Jean part pour la France en 1986 pour suivre une formation à l’Institut d’œnologie de Bordeaux où il obtient son diplôme d’aptitude à la dégustation (D.U.A.D.), devenant l’un des premiers québécois à recevoir ce diplôme. Il complète sur place sa formation par deux stages de vinification auprès de Jean-Claude Berrouet au Châteaux Petrus & Lafleur-Gazin (excusez du peu), et chez Taittinger, en Champagne. De retour au Québec, il attaque sa carrière devenant animateur et chroniqueur vineux.

Lauréat de plusieurs prix journalistiques, Jean se partage entre ses chroniques au journal Le Devoir  et au magazine L’Actualité Médicale, et ses interventions hebdomadaires sur les ondes de Radio-Canada. Depuis 6 ans, il publie aussi le Guide Aubry des 100 meilleurs vins à moins de 25$, chez Transcontinental.

Il est aussi co-fondateur de la nouvelle méthode d’apprentissage au vin dawine® qu’il a développé à l’Ecole des femmes du vin à Paris de 2003 à 2007.

Et ça lui donne envore l'occasion de traîner ses guêtres en France, comme à Saint Emilion, où je l'ai rencontré en septembre.

Voila ce que l'on peut appeler un emploi du temps chargé! Mais avec une tête bien pleine, une bonne dose d'humour et pas mal de travail, Jean assure. Si les Québécois n'existaient pas, il faudrait les inventer, tsé...

07:38 Écrit par Hervé Lalau dans Canada | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |