17 mai 2010

Vins de glace du Canada

Hier après midi, dans le cadre du Concours des Citadelles du Vin, j'ai assisté à la conférence donnée par Me Ghislain K. Laflamme sur les vins de glace du Canada. Impressionnant.

Ce pays (ou faut-il dire cette mosaïque de pays) est devenu une référence en la matière, prouvant au monde que d'un handicap climatique, à force d'obstination, on pouvait faire un atout.

Contrairement aux vignerons allemands, autrichiens ou alsaciens, les Canadiens ne manquent jamais de basses températures pour leurs vins de glace, que ce soit en Colombie Britannique, en Ontario, en Nouvelle-Ecosse ou au Québec. Ils ne manquent pas non plus d'hommes et de femmes entreprenants pour mettre en valeur ce nouveau patrimoine inattendu.

J'ai eu l'occasion de déguster plusieurs de leurs nectars (comment qualifier autrement des vins produits en si petits rendements?), et il faut bien admettre que s'ils n'atteignent généralement pas la complexité de vins passerillés et botrytisés, la pureté de leur fruit est impressionnante, de même que leur équilibre si magique entre l'acidité et la sucrosité - je parle bien sûr des meilleurs, ceux élaborés à partir de raisins vraiment arrivés à maturité.

Pas des "vins de glacière" obtenus par cryoextraction.

Parmi ceux-ci, je réserve une place particulière pour le Domaine de l'Orpailleur, que j'ai visité l'an dernier (voir ici), et qui sont disponibles en France. C'est à connaître, et pas seulement parce que cela vient de chez nous cousins de l'ex-Nouvelle France...

Contact: 0033 4 66 59 19 72

Internet: http://www.tourelles.com

 

00:15 Écrit par Hervé Lalau dans Canada | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

20 avril 2010

Vu (et bu) du Québec

Dans le dernier magazine Vignobles & Vins, notre consoeur québécoise Nicole Barrette Ryan signe un bel édito qui nous renvoie à nos contradictions.

A lire un bon verre d'Orpailleur à la main, ou à défaut, de vin de France, tant qu'on a le droit d'en exporter...

Orpailleur1

Le domaine de l'Orpailleur, à Dunham

 

La civilisation du vin

La France, pays de la Renaissance, du bien vivre, bien boire, bien manger, poursuit sa descente aux enfers de la prohibition. Je le constate encore une fois avec désolation, car cette auto-censure insidieuse commence à se propager jusqu’ici. J’en ai pour preuve un tout récent ouvrage publié aux Éditions de l’homme (et donc ici à Montréal) intitulé Hébergements de charme chez les vignerons français (nous en faisons un compte-rendu dans le Vinoflash), qui comporte en page 4 le warning (et j’emploie le mot anglais à dessein) «L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération». Et pourtant, vous avez bien vu que le titre n’est pas une incitation à se saouler, il s’agit d’un guide charme et plaisir dans diverses régions vinicoles de France chez des passionnés de leur terroir et de leur travail, qui se double de quelques pages sur le vignoble et les cépages de chacune de ces régions, informations reprises dans le livre de Jacques Orhon, édité par Les Éditions de l’homme, Le Nouveau guide des vins de France. Ce travail d’identité du vin avec son terroir et ses traditions est toutefois un des fleurons de la culture française. Pourquoi dès lors, cet acharnement?

À l’inverse, ici au Québec, notre consœur et amie, Janine Saine, publie un superbe ouvrage intitulé La route des vins de Brome-Missisquoi, Cantons-de-l’Est aux Éditions La Presse (dont nous faisons également un compte-rendu dans le Vinoflash), dans le même esprit charme et plaisir. Quelle différence d’esprit ! Ici, nous apprenons le plaisir du vin, nous le savourons, nous nous baignons dans cette civilisation millénaire, sans même imaginer qu’il y ait là l’ombre du péché. Car, qui dit vin, dit aussi tout un ensemble d’éléments intangibles – hébergement, restaurants, objets d’art, boutiques d’antiquaires, spécialités gastronomiques, etc. Et pourtant, Dieu sait si le puritanisme américain a pu veiller sur nous.

Mais pour en arriver là où nous sommes, il faut reconnaître ici le grand travail d’éducation qu’a fait Éduc’alcool auprès des jeunes, auprès des adolescents et auprès des adultes déjà engagés dans la vie professionnelle. Ce travail de fond est visible au quotidien dans les achats que font les consommateurs dans les magasins de la SAQ et aussi dans le choix des vins dans les restaurants. En effet, nombreux sont les restaurateurs qui proposent une très belle gamme de vins au verre. Dans ce cas, on ne peut pas dire qu’il s’agit d’inciter à boire, mais plutôt de proposer le vin qui s’harmonise le mieux avec le plat. Savourons le bonheur de vivre là où on respecte le travail de la vigne et du vin, et dès les beaux jours allons à la découverte de ces vignobles du Québec !

Nicole Barrette Ryan

 

11:05 Écrit par Hervé Lalau dans Canada | Tags : hygienisme, vin, quebec | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |