29 octobre 2010

Dur d'hériter de vin, au Québec!

Vous le savez, je m'intéresse de près à ce qui se passe au Québec, ayant eu l'occasion de visiter la Belle Province et de constater l'engouement sincère de ses habitants pour le vin, d'où qu'il vienne. Et même pour en produire, ce qui n'est pas une mince affaire.

Je vous ai dit tout le bien que je pensais du programme Educ'Alcool, qui informe plutôt que d'il ne réprime ou ne diabolise, comme on le fait si facilement de ce côté-ci de l'Atlantique, comme pour se laver les mains du problème.

Je vous ai encore parlé de l'offre impressionnante des magasins de la SAQ, un monopole qui vous ferait presque aimer les monopoles.

De là à dire que tout va bien dans le meilleur des mondes du vin, sur les bords du Saint Laurent, il y a un pas dans la neige que je ne franchirai pas.

Que penser, en effet, de la mésaventure de M. Klause? Ce Québécois vient d'hériter de son père domicilié en France 120 bouteilles de vin; mais pour rapatrier ses bouteilles, il devrait régler au Monopole, en plus des droits de douane, entre 66% et 126% de la valeur des vins. Plus cher que ce qu'ils ne valent! Vous parlez d'un héritage!

La SAQ, qui applique les règles, dit qu'elle ne peut pas faire d'exception. Elle fait observer que ces règles sont d'ailleurs à peu près les mêmes dans tout le Canada. Elles n'en sont pas moins mauvaises et il convient d'en changer.

On a conseillé à M. Klause de vendre ses bouteilles et de rapatrier l'argent. C'est faire injure au côté sentimental de cet héritage. Et puis, qu'on m'explique pourquoi le cash aurait-il meilleure odeur que le liquide? La valeur du vin n'est-elle pas la même dans le patrimoine, qu'il soit en bouteille ou en monnaie sonnante et trébuchante?

D'autant que M. Klause devra certainement payer des frais de notaires et des taxes en France, déjà - sauf à refuser son héritage. Rajoutez les droits québécois, et vous avez quelque chose qui ressemble furieusement à une double imposition. Ce que le droit international condamne, si je ne m'abuse. (amis avocats, vous qui  lisez ce blog, éclairez-moi sur cet aspect transnational).

Quoi qu'il en soit, ce ne sont pas les quelques héritages de caves survenant chaque année qui vont grever le budget provincial. La SAQ se grandirait donc à peu de frais en reexaminant la question, quitte à demander au pouvoir législatif d'adopter une dérogation spéciale pour ce genre de cas limite. Ce qui nous semble à tous juste et légitime deviendrait alors légal, et c'est là la marque d'une nation vraiment démocratique.

Sans vouloir donner de leçon, moi, le Maudit Français...

 

00:10 Écrit par Hervé Lalau dans Canada | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

23 août 2010

Merci Patron!

Je reçois ce matin le nouveau guide des vins bio de Pascal Patron.

J'ai rencontré Pascal au Québec, où il vit depuis quelques années, lors des Sélections Mondiales.

Français, oenologue, il a tâté du journalisme vineux et de la consultance; bref, il essaie de vivre de sa passion pour le vin.

pic.php.jpegL'auteur et son oeuvre

J'aime son guide parce qu'il est sincère. Voila un type qui croit dans la viticulture bio, mais qui croit d'abord dans le vin de qualité. Les deux n'ont rien d'incompatible, au contraire, les vins "bio" sont de plus en plus plaisants. Il faut dire qu'ils sont aussi de plus en plus nombreux, et que la proportion de professionnels s'est grandement accrue ces 10 dernières années, au détriment des "allumés", dirons-nous -avec tout le respect que je dois à ces précurseurs, certainement bien intentionnés.

Qu'on est heureux, aujourd'hui, de pouvoir recommander des vins qui contribuent au respect de la planète (bon, je sais, reste le problème du cuivre, mais peut-être pourra-t-on un jour s'en passer...).

Si j'aime son guide, c'est bien entendu aussi pour ses choix. Retrouver dans un même ouvrage Jean Delobre (Les 7 Lunes), Laurent Combier, Marc Imbert (Torraccia), Thierry Germain (Roches Neuves) ou Frédéric Brochet (Ampelidae), ou encore, hors de France, Albet i Noia, c'est un plaisir rare: à des degrés divers, leurs vins m'enchantent.

Il y en a d'autres, bien sûr, alors à vous de les découvrir. Voila un guide qui ne dormira pas dans votre armoire, il vous accompagnera au long de vos escapades vineuses; bref, à mon sens, c'est un meilleur investissement que bien des primeurs 2009 de Bordeaux...

En creux, il est intéressant de noter que certaines régions ou pays sont sous-représentés ans le monde du vin "bio". La Champagne, Bordeaux, le Portugal, la Grèce sont ainsi bien moins gâtés dans le Guide Patron que la Loire, l'Alsace, le Languedoc, la Bourgogne ou l'Espagne.

Les optimistes du bio diront qu'il y a dans ces régions un fort potentiel de développement.

Guide Patron des Vins Bio, éditions Amerik

 

 

 

05:37 Écrit par Hervé Lalau dans Canada, France | Tags : vin biologique, vignoble, bio | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |