07 octobre 2008

Les Domaines du Patriarche

50.000 touristes visitent chaque année les Caves de Patriarche – ce qui en fait la deuxième plus grande attraction de Beaune après les Hospices. On parle beaucoup d’oenotourisme, ces derniers temps, on souhaite même le développer, ce qui est bien. Force est de constater que les Beaunois n’ont pas attendu la mode actuelle.

 

Meursault

Meursault, son église, ses vignes, son château... (Photo H. Lalau)


Les Caves de Patriarche, à elles seules, résument bien l’intérêt qu’il y a à marier vin et culture. La Maison propose d’ailleurs plusieurs formules pour découvrir ce patrimoine architectural et… liquide, dont une, la visite Privilège, se fait accompagné d’un sommelier, dégustation à l’appui.

Les Caves sont situées au centre de la ville, sous l’ancien Couvent des Visitandines. Réseau étendu au fil du temps sous la ville, elles sont parfois antérieures au bâtiment – certaines parties remontent au XIVème siècle. Le labyrinthe de galeries abrite quelques millions de bouteilles. Quelques unes sont sous clef, comme le fameux caveau de l’an 2000, fermé en 1963 pour abriter une sélections des meilleurs flacons de 1959.  Une partie des 2000 bouteilles ont effectivement été réouvertes en 2000, confirmant l’aptitude au vieillissement des bons millésimes bourguignons. On trouve aussi, au détour d’un couloir, un caveau abritant un lot rare : quelques bouteilles vinifiées, vieillies et embouteillées par les Hospices de Beaune, à la demande d’André. Boisseaux, père de Jacques, l’actuel PDG du groupe. Il faut dire que depuis 50 ans, Patriarche est un des plus gros acheteurs des pièces de la fameuse vente de charité.

Au cours de la visite des caves, vous passerez sans doute par la superbe salle de dégustation. Et si vous parvenez à vous extraire de cette magie hors du temps, vous finirez votre parcours à la boutique, où vous laisserez votre obole au Patriarche de la Bourgogne. Vous remarquerez immanquablement quelques bouteilles du Château de Meursault.
Ce domaine de 60 ha est la propriété de Patriarche (de même que le Château de Marsannay, 39 ha). Marc Vanhellemont et moi l’avons visité et dégusté sur place une sélection des vins de ces deux domaines, ainsi que quelques vins de négoce de Patriarche.

Château de Meursault

Le château de Meursault, dont l’histoire remonte au 11ème siècle a été acquis en 1973 par André Boisseaux, qui en redéveloppa considérablement le vignoble, portant sa surface de  15  à 60 ha. Curiosité légale, une partie des vignes, celles qui bordent le château jusqu’à  la route nationale, sont classées en AOC Meursault,  le reste en AOC Bourgogne. Pour simplifier les choses, le Château assemble les deux parties et le déclare en AOC Bourgogne, sous le nom de « Clos du Château ». Ces parcelles conduites en bio sont vinifiées comme un cru, et sans surprise, le vin qui en est issu en présente bien des caractères.
Les caves voûtées du château renferment 700.000 bouteilles et 200 pièces de vin.

 

 

Notre sélection


Meursault du Château 2006
 
Meursault 1er Cru 2005
 
Beaune Grèves 1er Cru 2005
 
Volnay 1er Cru Clos des Chênes 2005
 
Marsannay blanc Champs Perdrix 2006
 
Marsannay rouge Grandes Vignes 2006


 

Vous pourrez retrouver nos notes de dégustation dans un prochain In Vino Veritas.

 

09:01 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

01 octobre 2008

Montagny blanc

Entre les villages de Buxy, Montagny, Saint-Vallerin et Jully, une lumière particulière nimbe le vignoble au levé comme au couchant, collines et amphithéâtres naturels tapissés de vignes semblent alors poudroyer de soleil. Au bout de la Côte Chalonnaise en descendant vers Lyon, se niche l’appellation Montagny. Consacrée essentiellement au Chardonnay, elle offre des blancs minéraux aux très belles expressions.

 

Côte Chalonnaise

Le charme discret de la Côte chalonnaise

 

Sols et climat


Le vignoble s’étale sur une succession de collines reliées par des vallées parfois encaissées. Vers Montagny, les marnes et les argiles vertes dominent, c’est le territoire des crus minéraux et puissants. Par contre, du côté de Buxy, décalé à l’est, grès du Trias et surtout les calcaires du Kimméridgien engendrent l’élégance florale, établi sur un soutien minéral plus ténu. Les altitudes vont de 250 à 400 mètres, les orientations privilégient l’est, voire le sud-est et le sud. L’entité, appellations communales et AOC régionales comprises, compte 440 ha dans lesquels les lieux-dits classés en 1er cru se partagent 255 ha.
Quant au climat, il est à la croisée des chemins. À la fois tempéré et continental selon les jeux des dépressions et des anticyclones, mâtiné d’un soupçon d’influences méditerranéennes. Les collines protègent le vignoble du vent humide du sud-ouest, mais n’offre aucune barrière à celui du nord.

Organigramme  


Une bonne vingtaine de vignerons, deux caves coopératives et le négoce, se répartissent la cinquantaine de lieux-dits, arrêtés depuis le décret du 11 septembre 1936. Le plus grand des climats s’appelle Les Coères et totalise 28 ha, sis entre les quatre villages de l’appellation.
Les rendements sont limités à 50 hl/ha, ce qui donne une moyenne annuelle d'environ 15.000 hectolitres. La densité de plantation est de minimum 8.000 pieds/ha.

Voici la liste des domaines dégustés (et appréciés):


-Cave de Bissey Montagny 1er Cru Les Pidances

-Château Cary Potet Les Burnins et Les Reculerons

-Christophe Aladame

-Domaine Laurent Cognard (à Buxy) Montagny 1er Cru Les Bassets

-Domaine Berthenet Montagny 1er Cru Les Saint Morilles

-Domaine des Moirots (à Bissey) Montagny 1er Cru Le Vieux Château’’

-La Buxynoise Montagny 1er Cru Les Chagnots et Montcuchot

 

 

Un petit avant goût avec le Château de Cary Potet ‘’Les Burnins’’ Montagny 1er Cru, de Charles et Pierre du Besset:

Les Burnins tirent leur nom de la bure des moines qui travaillaient le lieu-dit. L’exposition plein sud et la pente assez forte encourage la maturité, le sol argileux sur dalle calcaire, le minéral doublé d’élégance. Les Chardonnay ont 25 ans et s’élevent en barriques.
La robe est vert pâle ; jolie note de verveine au premier nez, puis s’enclenche les successions de rose, d’abricot, de gingembre, de pamplemousse, de grillé ; la bouche nous accueille vivement et nous envoie sans détour un coup de pierre à fusil, le gras nous dispense un baume léger et nous permet d’apprécier les saveurs senties ; la longueur ravive les papilles.

 

                                                    Marc Vanhellemont

 

Vous pourrez retrouver les commentaires complets dans un prochain In Vino Veritas.

La Bourgogne recèle décidément bien des trésors cachés...

 

06:40 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |