14 mars 2009

Pouilly-Fuissé Vieilles Vignes 2007, de Pierre Vessigaud

J'ai rencontré Pierre Vessigaud chez lui, à Solutré, il y a de cela deux ans, grâce à mon ami Frank Van den Bogaert. Frank était alors acheteur chez Fourcroy et il venait de faire entrer entrer les vins de Vessigaud à son assortiment. J'en ai gardé l'image d'un perfectionniste au discours sobre. Un type bien, qui n'est jamais plus heureux que dans sa vigne ou dans sa cave, à faire ses assemblages. Pierre fait du bio ou presque, sans le dire, et ne se prend pas pour une vedette. Mais ses vins parlent pour lui.

 

Vessigaud Père  Fils

Dans la famille Vessigaud, le père et le fils...

 

Et voici que tout récemment, chez IVV, je retombe - à l'aveugle - sur un de ses vins, son Pouilly-Fuissé Vieilles Vignes 2007. Je ne vais pas vous faire croire que j'ai reconnu sa patte. Mais j'ai adoré le vin avant même de savoir ce que c'était.

Arrivé à la tête du domaine en 1998, Pierre est un artiste qui entend renouer avec la tradition des grands blancs du Mâconnais: « Ici, nous ne faisons pas du Chardonnay, nous faisons des vins qui expriment notre terroir et notre personnalité». Le terroir, pour cette cuvée, ce sont des parcelles d’argilo-calcaires plutôt caillouteuses, exposées Sud-Sud Est, labourées et plantées de vignes de 45 ans en moyenne. La personnalité, c’est un nez de fruits blancs, de kumquat et de fruits secs. En bouche, une belle minéralité, pas mal de puissance, mais une certaine souplesse en finale, grâce à un boisé onctueux, velouté, mais pas dominant.
Accords gourmands envisageables : innombrables. La charcuterie – de l’andouillette aux rillettes en passant par le jambon persillé. Mais aussi la volaille, le crabe,la langoustine, les artichauts sauce hollandaise, la terrine de saumon…

10:07 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

10 mars 2009

Dallas-sur-Serein

Il s'en passe des choses à Chablis! Josiane Châtelain, propriétaire d'un beau domaine viticole à Fontenay-près-Chablis, a été empoisonnée pendant plus de 6 mois à l'arsenic par son vigneron de mari.

Chaque jour, entre 2004 et 2005, Jacky Châtelain verse dans sa soupe un peu de l'arsenic destiné aux traitements de la vigne. Josiane a des maux de tête, d'atroces douleurs à l'abdomen et maigrit à vue d'oeil - la vigneronne manque bien d'y laisser la vie, et reste handicapée.

Curieusement, les symptomes cessent après la séparation de la victime d'avec son mari. Au centre anti-poison de Paris, où on l'hospitalise, on détecte bien une grosse dose d'arsenic dans son sang mais l'enquête ne donne rien, à l'époque. Il faut attendre près de 4 ans et une relance de l'enquête par une juge d'instruction d'Auxerre, pour confondre l'ex-mari, installé entre-temps dans le Var.

Celui-ci se disait négligé par sa femme au profit de l'exploitation; il avait trouvé là une manière radicale de recouvrer sa liberté sentimentale... et accessoirement, de mettre la main sur le domaine de 35 ha, qui englobe de très beaux crus.

 

La morale de l'histoire: quand on vous dit qu'il faut limiter le nombre de traitements dans la vigne, ce ne sont pas des blagues!

07:57 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |