07 avril 2009

Un grand cru pour Nuits Saint Georges?

Nuits-Saint-Georges est une des rares communes de la Côte de Nuits qui ne possède aucun Grand Cru - un comble, pour la ville qui a donné son nom à une des Côtes de Bourgogne.

Il y a bien pourtant un lieu-dit qui pourrait faire l'affaire: les Saint-Georges, 8 hectares dont la culture en vigne est attestée depuis... l'an mil.

8 hectares à mi-coteau, à la limite de Prémeaux, qui regardent au soleil levant, et aux sols profonds mais caillouteux, assez argileux tout de même. 8 hectares partagés aujourd'hui entre 12 propriétaires.

A l'époque du classement, avant la guerre, Monsieur Le Maire de Nuits était justement un de ces propriétaires; vertueusement, il avait renoncé à demander le Grand Cru pour ce terroir, pensant sans doute qu'on lui reprocherait de se favoriser lui-même. Voila une belle leçon de civisme, qui n'a malheureusement pas fait école partout, mais c'est une autre histore.

La chose pourrait bien être réparée: aujourd'hui, à l'instigation de quelques Nuitons, un dossier officiel de classement en grand cru vient d'être déposé auprès de l'INAO. Il ne devrait pas aboutir avant plusieurs années, cependant.

Notamment parce qu'il suscite la convoitise des propriétaires de parcelles alentour (Les Cailles, Les Vaucrains...), qui se voient bien déjà eux aussi en grand cru. Et qui, géologiquement, ne manquent pas d'arguments.

Mais le plus gros problème n'est pas là: c'est que parmi les douze propriétaires, tous ne peuvent se vanter d'offrir la qualité d'un grand cru.

Le débat n'est pas neuf: doit-on classer un sol, ou la qualité d'un produit fini?

 

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00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

14 mars 2009

Pouilly-Fuissé Vieilles Vignes 2007, de Pierre Vessigaud

J'ai rencontré Pierre Vessigaud chez lui, à Solutré, il y a de cela deux ans, grâce à mon ami Frank Van den Bogaert. Frank était alors acheteur chez Fourcroy et il venait de faire entrer entrer les vins de Vessigaud à son assortiment. J'en ai gardé l'image d'un perfectionniste au discours sobre. Un type bien, qui n'est jamais plus heureux que dans sa vigne ou dans sa cave, à faire ses assemblages. Pierre fait du bio ou presque, sans le dire, et ne se prend pas pour une vedette. Mais ses vins parlent pour lui.

 

Vessigaud Père  Fils

Dans la famille Vessigaud, le père et le fils...

 

Et voici que tout récemment, chez IVV, je retombe - à l'aveugle - sur un de ses vins, son Pouilly-Fuissé Vieilles Vignes 2007. Je ne vais pas vous faire croire que j'ai reconnu sa patte. Mais j'ai adoré le vin avant même de savoir ce que c'était.

Arrivé à la tête du domaine en 1998, Pierre est un artiste qui entend renouer avec la tradition des grands blancs du Mâconnais: « Ici, nous ne faisons pas du Chardonnay, nous faisons des vins qui expriment notre terroir et notre personnalité». Le terroir, pour cette cuvée, ce sont des parcelles d’argilo-calcaires plutôt caillouteuses, exposées Sud-Sud Est, labourées et plantées de vignes de 45 ans en moyenne. La personnalité, c’est un nez de fruits blancs, de kumquat et de fruits secs. En bouche, une belle minéralité, pas mal de puissance, mais une certaine souplesse en finale, grâce à un boisé onctueux, velouté, mais pas dominant.
Accords gourmands envisageables : innombrables. La charcuterie – de l’andouillette aux rillettes en passant par le jambon persillé. Mais aussi la volaille, le crabe,la langoustine, les artichauts sauce hollandaise, la terrine de saumon…

10:07 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |