19 décembre 2009

AOP, protection des médiocres?

Je porte à votre connaissance un petit texte que j'ai déposé, voici quelques jours, sur le blog du GJE. Je ne prétend pas faire l'unanimité, je ne demande même qu'à être contredit... Alors, à vos commentaires!


Amoureux de la Bourgogne et de ses vins, j'ai pourtant du mal à défendre sa qualité en dents de scie, surtout en rouge. Compte tenu du prix, facteur aggravant, et compte tenu de sa production, en volume comme en qualité moyenne, c'est miraculeux qu'on lui consacre encore autant de commentaires (chapeau au GJE de réunir tant de passionnés, à ce propos, M. Mauss).

Quant à l'impact comparé de l'homme et du terroir, c'est sans doute en Bourgogne qu'on peut en trouver l'illustration la plus achevée: au Clos de Vougeot, notamment, qui produit le meilleur comme le pire, en fonction des vignerons et des sols.

A propos, ne devrait-on pas, au nom de la défense des intérêts du consommateur, demander à l'INAO de redessiner ce cru? Si le terroir existe, alors délimitons-le sérieusement!


Autre proposition dans cette même approche; scinder les Corbières (complètement disparates au plan climatique, notamment) et Fitou (première AOC du Languedoc, mais coupée en deux).


J'admire l'enthousiasme de nos amis experts, leurs connaissances microclimatiques, mais pour redescendre au niveau du consommateur lambda, avouons que l'AOP (et même le climat) est le royaume de l'amalgame qui protège trop de médiocres.

22:11 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

17 novembre 2009

149ème vente des Hospices de Beaune

Je rentre de la vente des vins des Hospices de Beaune, 149ème du nom.

Les Hospices sont une belle opération d'image, mais aussi l'occasion de belles agapes et d'une grande fête bourguignonne - Beaune prend alors des airs méridionaux, ce qui ne iui arrive pas souvent. Pour nous, journalistes vineux, c'est aussi le moyen de "taster" le nouveau millésime, de s'en faire une première idée au-delà des communiqués de victoire des instances professionnelles. Avec ce bémol, bien sûr, que les vins n'ont pas tous fait la malo, et que les plus flatteurs à ce stade ne le resteront sans doute pas. Mais en résumé, mes amis d'IVV et moi avons été séduits par les rouges de 2009; qui ne manquent ni de fond, ni de sève, ni d'acidité. En blanc, il est beaucoup plus délicat de se prononcer.

Hospices

38.000 à ma droite...

 

Passons sur la présence des "pipoles", acteurs, chanteurs ou têtes couronnées en service commandé ou représentation. Quant au résultat des ventes (+20,5%), en ces temps de crise, et avaec tout le respect que l'on doit au prometteur millésime 2009 (surtout en rouge), cette progression n'est pas en phase avec le marché. Les négociants pestent d'ailleurs contre la hausse artificielle des enchères causée par les achats par internet et par téléphone. Christies fait très bien (trop bien) son boulot...


Pour cette 149ème édition, 799 pièces ont été mises aux enchères, dont 654 pièces de rouge et 145 pièces de blanc.

A titre personnel, ce déplacement m'a permis de renouer avec quelques contacts à Vosne, à Beaune et à Chablis, prétextes à de belles dégustations dont je vous entretiendrai au fil de prochains posts. Vive la Bourgogne... quand même!

 

06:54 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Tags : bourgogne, vin, charite, people | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |