26 mars 2011

Vin français: simplifier ou expliquer?

"Les vins français doivent revenir plus accessibles aux consommateurs, plus compréhensibles, moins ésotériques, moins élitistes, déclarait récemment Anne Haller, de France Agri Mer. Se basant sur un étude commanditée par l'office de promotion agricole français, elle enfonçait le clou: "Les consommateurs veulent bien boire du vin français mais pour eux ce doit être un service facile, ils ne souhaitent pas faire des efforts, être éduqués".

C'est dommage, parce que la mission d'explication, c'est justement celle de la presse. Je ne compte donc pas sur France Agri Mer pour m'y aider.

C'est dommage aussi pour les gens qui s'évertuent à faire des vins "compliqués" - je veux dire, autre chose que les 5 grands cépages mondiaux, tous hyper-concurrencés. Autre chose que des vins évidents.

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"Bon alors pour simplifer votre acte d'achat, on a maintenant deux types de rouge en France, la bouteille haute et la bouteille basse. Vous mettez les étiquettes que vous voulez, c'est la cuvée Agri Mer"

C'est dommage, parce que j'ai du mal à comprendre comment France Agri Mer entend faire passer le message français avec le type de vins qu'il prône. Suggère-t-il de jouer uniquement sur le prix? J'ai le regret d'annoncer à Mme Haller que sur ce chapitre, à cépage égal et à qualité égale, nos amis Australiens, Sud-Africains et Chiliens sont plus que compétitifs. L'entrée de gamme, ils connaissent. Le premium aussi. Ils y sont même souvent plus forts que nous. Simplifier, dans ce contexte, cela risque fort de faire perdre au vin de France son "unique selling proposition".

Mais de qui au juste France Agrimer est-il le porte-drapeau, avec sa "simplification"?

A l'évidence, pas des petits Bourguignons épris de leurs climats et cherchant à affirmer leur différence. Quitte à l'expliquer.  Au risque de vous surprendre, tous les consommateurs étrangers ne sont pas décérébrés; il y en a même qui demandent de l'info.

Non, je pense que cette approche "basique" s'adresse plutôt aux grands faiseurs cherchant à écouler leurs volumes à l'export, alors que le marché français se rétracte. Mais cette France là me rend plutôt... aigre et amer.

Au fait, les deux types de producteurs ne financent-ils pas France Agri Mer?

 

 

 

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, Bourgogne, France, Vins de tous pays | Tags : france agrimer, vin, vignoble | Lien permanent | Commentaires (10) | | | |

16 mars 2011

Un hectare de vigne, qu'est que ça coûte en France?

Peut-être faites-vous partie de ceux qui, comme mes amis Guido (Jansegers), Bernard (Sirot) ou Luc (Charlier) ont réalisé le rêve de bon nombre d'oenophiles: s'installer dans le vignoble français et y faire du vin.

Pour vous, voici quelques prix à l'hectare récoltés par Agrifrance, une filiale de BNP Paribas. Il s'agit de moyennes calculées sur des trasactions réelles, sur l'année 2009.

vin,vignoble,prix d'achatUn hectare de vigne en Languedoc (comme ici, à Limoux), cela reste abordable (Photo H. Lalau)

 

Comme l'éventail est assez large, je les ai classées en 4 catégories:

1° Vous n'avez pas beaucoup d'argent devant vous?

Pensez au Languedoc (Corbières, 9.000 euros l'hectare, AOC Languedoc, 13.000). Ou encore, au Muscadet (11.000 euros) ou à l'Anjou (12.000). Vous pouvez même trouver votre bonheur en AOC Bordeaux (15.000 euros).

2° Vous êtes un peu plus argenté?

Pensez aux Côtes du Rhône (20.000 euros), à Chinon/Bourgueil (30.000) ou même au Pic Saint Loup (37.000 euros).

3° Vous ne regardez pas trop au prix mais plutôt au prestige?

Tournez-vous vers Moulin à Vent (70.000 euros), Tavel (80.000 euros), le Médoc (250.000), Saint Emilion (très variabel, entre 200.000 et 600.000 euros) voire Châteauneuf du Pape (390.000 euros).

4° Vous avez gagné au loto ou vous gérez un fonds de pension?

Alors allez voir du côté de la Champagne (à partir d'un petit million d'euros), de Saint Estèphe (1 million d'euros), de Pauillac (1,5 million) ou de Meursault (1,9 million).

Attention, il ne s'agit que du prix des vignes nues. Pour la cave ou le joli manoir, il faudra encore mettre la main à la poche.

Pour expliquer ces énormes variations, il y a la notoriété des vins produits, mais aussi le niveau du marché: dans certains crus, il y a si peu d'offre que les prix sont déraisonnables alors que dans d'autres, même des très belles propriétés peinent à trouver preneur...

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, Bourgogne, Champagne, France, Languedoc, Sud-Ouest | Tags : vin, vignoble, prix d'achat | Lien permanent | Commentaires (10) | | | |