16 mars 2011

Un hectare de vigne, qu'est que ça coûte en France?

Peut-être faites-vous partie de ceux qui, comme mes amis Guido (Jansegers), Bernard (Sirot) ou Luc (Charlier) ont réalisé le rêve de bon nombre d'oenophiles: s'installer dans le vignoble français et y faire du vin.

Pour vous, voici quelques prix à l'hectare récoltés par Agrifrance, une filiale de BNP Paribas. Il s'agit de moyennes calculées sur des trasactions réelles, sur l'année 2009.

vin,vignoble,prix d'achatUn hectare de vigne en Languedoc (comme ici, à Limoux), cela reste abordable (Photo H. Lalau)

 

Comme l'éventail est assez large, je les ai classées en 4 catégories:

1° Vous n'avez pas beaucoup d'argent devant vous?

Pensez au Languedoc (Corbières, 9.000 euros l'hectare, AOC Languedoc, 13.000). Ou encore, au Muscadet (11.000 euros) ou à l'Anjou (12.000). Vous pouvez même trouver votre bonheur en AOC Bordeaux (15.000 euros).

2° Vous êtes un peu plus argenté?

Pensez aux Côtes du Rhône (20.000 euros), à Chinon/Bourgueil (30.000) ou même au Pic Saint Loup (37.000 euros).

3° Vous ne regardez pas trop au prix mais plutôt au prestige?

Tournez-vous vers Moulin à Vent (70.000 euros), Tavel (80.000 euros), le Médoc (250.000), Saint Emilion (très variabel, entre 200.000 et 600.000 euros) voire Châteauneuf du Pape (390.000 euros).

4° Vous avez gagné au loto ou vous gérez un fonds de pension?

Alors allez voir du côté de la Champagne (à partir d'un petit million d'euros), de Saint Estèphe (1 million d'euros), de Pauillac (1,5 million) ou de Meursault (1,9 million).

Attention, il ne s'agit que du prix des vignes nues. Pour la cave ou le joli manoir, il faudra encore mettre la main à la poche.

Pour expliquer ces énormes variations, il y a la notoriété des vins produits, mais aussi le niveau du marché: dans certains crus, il y a si peu d'offre que les prix sont déraisonnables alors que dans d'autres, même des très belles propriétés peinent à trouver preneur...

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, Bourgogne, Champagne, France, Languedoc, Sud-Ouest | Tags : vin, vignoble, prix d'achat | Lien permanent | Commentaires (10) | | | |

04 mars 2011

Lu dans In Vino Veritas 146

Le dernier In Vino Veritas consacre un beau dossier aux Bourgogne 2008.

Dans ce dossier, on trouve un encadré intitulé fort à propos:

"DEUX DÉGUSTATEURS NOUS PARLENT DES AFFRES DE LA DÉGUSTATION À L’AVEUGLE"

Fort à propos, parce c'est de cela qu'on y parle. Je vous fais grâce de la première opinion, car c'est la mienne et je l'ai déjà exprimée ici. Mais voici la seconde, celle de mon ami Youri:

"La première session de dégustation des vins blancs de Bourgogne 2008 (23 échantillons) était particulièrement décevante. De nombreux vins étaient marqués par une acidité et une amertume excessives. Ce sentiment de déception s’était amplifié à la lecture des vins dégustés.

J’avais repris chez moi 5 vins afin de les re-goûter en soirée. Hélas, pas de grand changement et les bouteilles ont passé la nuit au frigo. Le lendemain soir, 3 vins étaient définitivement morts mais, Ô surprise, deux vins s’étaient ouverts et se livraient enfin.
Le Puligny Montrachet Premier Cru Clos du Cailleret 2008 du Domaine des Lambrays, que j’avais qualifié de «trop amer» et d’«austère» la veille, offrait ce soir un nez élégant sur des notes végétales, du citron, de la minéralité, et une touché d’ananas. La bouche à l'attaque tendue, possédait une matière concentrée, de la minéralité, une acidité marquée et une finale un peu stricte mais nettement moins déséquilibrée, laissant présager une belle évolution.
La plus grande surprise vint du Corton Charlemagne 2008 du Domaine Bouchard. Qualifié de «fermé et léger» la veille, après 24 heures d’aération, son nez explosait de complexité; fruits secs, noisette, citron, note fumée, touché florale et fruits jaunes. En bouche, l’attaque était ample, le fruit superbe, la matière serrée, presque tannique et la finale kilométrique.
Ces deux exemples reflètent la difficulté des dégustations à l’aveugle. Nous goutons les vins à un moment X, dans des conditions Y, mais certains vins ont besoin de conditions Z pour se livrer (d’autres non!). Le vin est vivant et sa dégustation ne correspond à aucun modèle mathématique infaillible.

Une semaine plus tard, en dégustant les rouges du millésime 2008, j’ai retenté l’expérience avec 4 vins décevants lors de la dégustation. Un seul s’est ouvert le lendemain: Le Clos de Lambrays. Nous l'avions trouvé réduit, sec et trop extrait; il s’est révélé avec un nez mariant la griotte, le café, des notes florales et minérales. L’attaque de bouche est tendue et minérale, avec une belle rétro de griotte, matière concentrée et très grand extrait sec qui se prolonge en une longue finale serrée. Un vin massif qui devra se fondre, mais qui reflète un très grand terroir."


Youri Sokolov

00:13 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Bourgogne, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, dégustation, youri sokolov | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |