29 mai 2011

Et la Belgique dans tout ça?

Cette semaine, l'ami Eric Boschman s'étonne du peu d'intérêt des exportateurs étrangers pour leurs clients belges...

"J’ai là, sous les yeux, le dossier de presse, plutôt bien fait au demeurant, de la Bourgogne, venue présenter ses vins il y a quelques jours à Bruxelles à la presse et aux professionnels. Et j’y lis, un rien atterré je vous l’avoue, que le BIVB a décidé de cibler en particulier quelques pays pour communiquer dans les années à venir. Pays dont ne fait pas partie la Belgique, bien évidemment, sinon pas de raison de s’énerver.

Belgique_régionale.jpgLa Belgique, 10 provinces, 3 langues, 3 régions, un bon bazar, mais quel marché!

Je conversais, pas plus tard qu’il y a deux jours avec une personne oeuvrant au commerce extérieur grec, qui me disait que l’association des producteurs de vins grecs avait ciblé quelques pays pour promouvoir leurs exportations dans les prochaines années. Dois-je vous signaler que la Belgique n’en fait pas partie?

J’ai eu le même genre de conversation avec des responsables de Vini Portugal il y a peu, et comme sœur Anne en attente d’un gouvernement, je ne vois au loin que la route qui poudroie et bleuoie dans le lointain.

Mais qu’est ce que c’est que ce cirque? ils sont tous cons les étrangers ou quoi ? Y’a t-il quelqu’un qui lit des statistiques dans les pays environnants? OK, je peux comprendre qu’il est plus drôle d’organiser une dégustation de prestige à Nouille York ou à Shan Gay qu’à Strépy-Bracquegnies ou Erps-Kwerps (un fantasme), mais franchement, nous sommes un des rares, sinon le seul pays d’Europe où la consommation de vin croît régulièrement (pratiquement un litre en une petite décennie), nous sommes aussi le pays d’Europe qui consacre le budget moyen le plus élevé à la bouteille. Qui plus est, grâce à nos deux ou trois marchés intérieurs, nous offrons une diversité de comportements culturels importants, ce qui offre aux producteurs et à leurs responsables (?) une vision originale du comportement des consommateurs. Alors quoi? Notre proverbiale modestie fait que nous ne frimons pas assez à l’étranger lors des dégustations? Si ce n’est que ça, j’ai bien le nom de deux ou trois sommeliers et de l’un ou l’autre collègue qui feront le poids, y’a qu’a demander. Est-ce parce que nous ne nous prenons pas assez au sérieux qu'on nous ignore?

Lorsque l’on regarde quelques chiffres, certes la Belgique n’est pas la Chine, et le fait qu’elle consomme régulièrement et beaucoup depuis des siècles ne signifie rien au regard des yeux de Chimène que font les marchés asiatiques aux finances des producteurs ; mais pourraient-ils me dire combien de voitures chinoises viennent remplir leurs coffres de pinards payés au prix fort, en espèce, pas dans les statistiques export, au cœur de l’été ? Toutes les régions de France, et même de quelques pays environnants connaissent ce phénomène. On chuchote même dans certains coins que l’on reconnaît les Belges non pas à l’immatriculation de leur véhicule, mais au fait qu'ils sont les seuls à utiliser des billets de 500 euros pour payer leurs caisses. Les esprits chagrins pourraient me rétorquer que puisque cela fonctionne bien cela n’aurait pas de sens d’en rajouter une couche. C’est loufoque, un marché ça s’entretient, c’est comme une relation amoureuse, un jour, celui qui donne tout et ne reçoit rien se fatigue et s’en va voir ailleurs comment ça se passe.

En Belgique, le désamour met longtemps à se manifester, mais quand ça bouge, ça bouge. Les producteurs de Cava se frottent les mains et les champenois assistent à un léger tassement. Pas grave pour les Champagnes, le marché mondial absorbe ce qui ne se consomme plus chez nous. Mais en fait c’est un peu con, parce que pour ouvrir un nouveau marché il faut plus d’énergie et de budget que pour en entretenir un fidèle. C’est un peu comme une histoire d’amour, j’ai comme l’impression que nous sommes dans la peau de l’amant fidèle qui donne, pardonne, accepte et se fait quand même délaisser au profit d’un analphabète violent qui n’a pour lui que le parfum de l’exotisme. C’est idiot, hein. Mais c’est comme ça, même pour les stratèges de l’exportation de vin, nous ne sommes bons qu’à consommer sans poser de questions. Allez, la semaine prochaine je serai de belle humeur, c’est promis. D’ici là, quoi que vous dégustiez, dégustez le bien."

Eric Boschman

00:20 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Bourgogne, Espagne, France, Grèce, Portugal | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

25 mai 2011

Terra incognita

A 50 ans bientôt, je regarde derrière moi et je me dis que j'ai eu la chance de visiter pas mal de vignobles au monde, de l'Europe en passant par le Chili et l'Afrique du Sud. Mais l'esprit humain est ainsi fait qu'il voit souvent le verre à moitié vide. Avec un peu d'avance, j'adresse donc au Père Noël ma liste de voyages encore à faire.

Des coins dont j'ai pu goûter les produits, ou pas; des vignobles tout près, ou très loin. Des appellations réputées, ou pas. Des voyages qui font rêver, ou pas.

Voici donc les endroits que j'ai vraiment envie de voir dans les années qui viennent, mes zones blanches sur la carte du vignoble mondial, ma "terra incognita":

-Coteaux du Vendômois/Coteaux du Loir

-Coteaux du Layon

-Duras

-Ardèche

-Gaillac

-Irouléguy

-Béarn

-Saint Véran

-Saint-Chinian

-Minervois

-Crépy

-Die

-Thann

-Alsace Grand Cru Schoenenbourg

-Gigondas

-Coteaux d'Aix

-Côtes Roannaises

-Châteaumeillant

-Saint Pourçain

-Quincy

-Morgon

-Pays d'Auge (Calvados)

-Armagnac

-Madiran

-Corneilla de la Rivière

-Saint Honorat

-Ribera del Duero

-Costers del Segre

-Açores

-Lanzarote

-Santorin

-Nemea

-Mantinia

-Samos/Lesbos

-Tunisie

-Hermanus

-Olifantsrivier

-Nouvelle-Zélande

-Cinque Terre

-Calabre

-Franciacorta

-Neuchâtel

-Bio-Bio

-Neuquen

-Salta

-Baja California

-Speyside

Comme vous le voyez, j'ai du pain sur la planche.