25 octobre 2011

Gevrey, le tractopelle et la journaliste... ne tirez pas sur le pianiste!

Au détour de mon billet sur mes belles rencontres savoyardes, la semaine dernière, je vous ai indiqué un texte de ma consoeur Florence Kennel sur le concassage d'un premier cru à Gevrey-Chambertin.

Je vous le redonne aujourd'hui, c'est ICI

Moins pour l'article, dont je suppose que vous avez déjà pris connaissance (Olif en a parlé aussi sur son blog, hier), que pour les commentaires.

Et plus précisément deux.

Celui de Dominique Rézette, d'une part; celui-ci, si je le décrypte bien, va intervenir auprès de Denis Saverot pour faire modifier (ou interdire?) le dossier à paraître dans la RVF sur ce thème; il évoque même une action au pénal... Je ne connais pas ses motivations, mais c'est pour le moins un acte fort.

florence kennel,gevrey-chambertin

Florence n"hésite pas à mettre les pieds dans les vignes - ici, en Savoie (Photo H. Lalau).

Celui d'un anonyme, de l'autre, répondant au pseudo de "timeisrunningout". Ce dernier nous livre une argumentation discutable, mais parfaitement recevable, sur les bienfaits du pelletage; ce qui me gêne beaucoup plus, c'est qu'il se croit obligé de décrédibiliser la pauvre Florence, en des termes infâmants; passe encore qu'il mette en doute sa compétence (je peux pourtant témoigner qu'elle sait ce qu'est un pied de vigne, tout comme Jean-Michel Deiss), il met aussi en doute son honnêteté, ce qui est plus grave. Et il se permet encore de l'insulter en des termes quasi-orduriers: "les vieilles vous diraient que si la pilule avait existé de leur temps, vous ne seriez pas là pour écrire de telles inepties".

On se croirait revenu aux purges staliniennes! Salissez, salissez, il en restera toujours quelque chose.

Pour moi, ce genre d'attaques "ad hominem", (ou plutôt, ici, ad feminem), ne servent vraiment pas la cause de ce qu'elles veulent défendre. Elles la disqualifient plutôt. Je pense que le vin, produit convivial, mérite mieux. Que l'on peut exposer ses divergences d'opinion sans agiter du papier bleu, ni recourir à l'invective.

J'en appelle donc à plus de mesure. Ne tirez pas sur le pianiste! Florence ne fait que dire ce qu'elle a vu, que pointer ce qui la choque, et c'est la mission d'une journaliste.

Mais sans doute faut-il en revenir aux textes de loi. La viticulture française est soigneusement encadrée, on le sait, et notamment Gevrey-Chambertin. Dans le décret 2009-1207 relatif aux AOC «Gevrey-Chambertin», «Irancy», «Ladoix», «Maranges», «Marsannay», «Meursault», «Monthélie», «Pernand-Vergelesses» et «Pommard», on lit le texte suivant (chapitre II, paragraphe 2, alinea b):

"Seuls sont autorisés les aménagements ou travaux avant plantation de vignes qui n'entraînent pas de modification substantielle de la topographie, du sous-sol, de la couche arable ou des éléments structurant le paysage d'une parcelle de l'aire délimitée".

C'est ICI

Ceci répondra peut-être au commentaire de Mme Plessis, une vigneronne angevine qui a elle-même eu recours au tractopelle à Savennières. Gevrey-Chambertin a sa propre réglementation qu'il convient de respecter, sauf à faire passer ses opinions avant la loi.

Florence dénonce, avec raison, une irrégularité, et tout le reste, les commentaires, le rappel des mânes cisterciennes, les exemples de concassages passés, restera hors sujet tant que les vignerons, qui sont à l'origine de cette réglementation, la tiendront pour leur.

00:37 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Tags : florence kennel, gevrey-chambertin | Lien permanent | Commentaires (8) | | | |

20 octobre 2011

Trois rencontres en Savoie

Lors de mon court séjour en Savoie, j'ai fait trois belles rencontres. Non, pour une fois, il ne s'agit pas de vignerons, mais de collègues.

D'abord, j'ai fait la connaissance de Véronique Raisin, alias www.picrocol.com, la RVF, Bettane & Desseauve... On se demande comment ce petit brin de femme peut mener tout ça de front (et bien, en plus). Et qu'est-ce que j'apprends dans le bus qui nous mène à Monterminod: Véronique est la cheville ouvrière d'Ecrivins, un amalgameur de blogs qui liste justement... le mien - c'est vous dire le goût qu'elle a! Et un beau sourire avec ça.

L1040666.JPG V. Raisin, c'est bien elle...

Concomitamment (j'aime ce mot, et c'est la première fois que je peux le placer), concomitamment, donc, j'ai rencontré Mr Vinosolex himself, Lincoln Siliakus, qui m'a fait forte impression. Un Australien qui goûte précis et qui connaît aussi bien les vins d'Europe (sans oublier le répertoire de Deep Purple), c'est aussi rare qu'un koala qui chante à Séguret! Vérifiez vous-même ICI

L1040572.jpgMr Vinosolex en chair et en os

Last but not least, j'ai revu Florence Kennel, journaliste bourguignonne, écrivain et blogueuse de talent aujourd'hui installée dans le Jura. Ses centres d'intérêt sont la Bourgogne, la Savoie et le Jura. Ne me dites pas que c'est limité: une vie ne suffirait pas pour comprendre ces trois vignobles. Or Florence est une fille qui aime les choses bien faites, les idées bien étayées, qui pense et qui écrit juste.

En témoigne son billet récent sur la casse du terroir à Gevrey-Chambertin. C'est ICI

Et dire que l'INAO fait des misères à Olivier Cousin pour ses étiquettes!

IMG_0564.JPG

Florence de profil mais en action

Bien sûr, je n'oublie pas mes autres complices de cette escapade en Savoie, Marc Vanhellemont, Christian Duteil,  Dominique Hutin,  Marie-Claude Fondanaux, Jean-Moise Breitberg... Et puis Michèle Piron-Soulat, notre courageuse cicérone.

Salut, les amis, et bon vent!