21 septembre 2012

Dernière ligne droite avant les vendanges chez Durup, à Chablis

Dans la série des Flash Vendanges du Club Vignobles & Signatures, aujourd'hui, Michèle Piron-Soulat nous emmène à Chablis, chez Jean Durup Père & Fils...

«Ici, c’est la vendange méthodologique » explique Jean-Paul Durup. «Avec plus de 660 parcelles à vendanger, nous devons effectuer des prélèvements sur les grandes zones de notre vignoble afin de connaître la quantité de sucre et d’acidité contenus dans les raisins de manière à débuter les vendanges par les sites les plus mûrs. Le nombre de parcelles s’est considérablement élargi au fil des années : la propriété est passée de 2 hectares en 1968 à 197 hectares en 2012».

durup,chablisDurup Père & Fils


C’est aussi la vendange sportive ! En effet, bien que la vendange se fasse principalement mécaniquement, le domaine compte la plus forte proportion de côtes pentues et caillouteuses des terroirs de Chablis: pour ces pentes de 45 à 52% Jean Durup Père & Fils sélectionnent des vendangeurs non seulement sur leur motivation mais aussi sur leurs bons mollets.

Le millésime 2012 ?

Jean-Paul Durup: «Après une année difficile avec des gelées d’hiver et de printemps, de la grêle, et quelques attaques de maladies (a priori moins que dans d’autres régions), nous avons eu un bel été, surtout au mois d’août, qui a permis aux raisins d’obtenir une belle maturité. Les quelques averses des 10 et 12 septembre ont permis aux raisins de gagner en équilibre et en maturation après le soleil du mois d’août, par une bonne hydratation de la plante permettant une bonne photosynthèse. Nous pensons débuter les vendanges autour du 25 septembre».

Plus d'info: michelepiron@vinconnexion.com


11:13 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Tags : durup, chablis | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

13 septembre 2012

Le cru, un concept à géométrie variable

Ami lecteur, je vous fais juge. Qu'est-ce qui est le plus critiquable?

-Dépasser la proportion maximum de carignan ou de grenache dans un Pic Saint Loup dont le cahier des charges réclame un minimum de syrah?

-Mentionner 14,5° sur l'étiquette de son Gigondas quand il en fait 16°?

-Mettre un peu de Menetou dans son Sancerre, là où les vignes se touchent?

-Ou bien étendre son "Cru" en rachetant des parcelles au voisin, pour augmenter son potentiel d'exportation, par exemple?

Rien à voir, me direz-vous : les trois premiers cas sont dans l'illégalité, ce sont des fraudeurs.

Tandis que le quatrième ne fait que profiter d'une législation incompréhensible par le commun des mortels.

Car si le terme de cru, en Bourgogne, désigne un ensemble parcellaire immuable depuis le Moyen-Age, à Bordeaux, il ne désigne que des exploitations, des marques, des raisons sociales. Pour les étendre, il suffit de racheter le voisin, on n'en reste pas moins cru, et parfois grand, et même classé, par dessus le marché.

Bref, on a d'un côté le droit du sol, et de l'autre, le droit des sous.

Ce n'est pas demain que cela changera, il y a bien trop d'argent derrière les mots. Mais je ne suis pas obligé d'aimer ça. Alors, sachez que les "Crus" Bordelais de demain ne seront pas forcément issus des mêmes vignes que ceux d'aujourd'hui.

J'ai cru utile de vous le faire remarquer, parce que derrière les mots, pour moi, il y a surtout des principes. Et quand nous, pauvres journalistes, devons expliquer ces principes, notamment à des étrangers ahuris devant tant de subtilité, nous aimons bien que les concepts soient justes, qu'il n'y ait pas deux poids deux mesures. Là, en l'occurrence, c'est raté.

Bon, le vin n'en sera sans doute pas moins bon pour autant, mais ce n'est pas le problème. Ou vous croyez dans la validité du système des AOC ou vous n'y croyez pas.

00:20 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Bordeaux, Bourgogne | Tags : grand cru, bordeaux | Lien permanent | Commentaires (7) | | | |