07 octobre 2012

Mâcon Lugny "Les Charmes"

Qu'il y a-t-il de meilleur qu'une bonne bouteille de chardonnay de Bourgogne? Je sais, deux bouteilles de bon chardonnay de Bourgogne...

J'ai une faiblesse avouée pour ce cépage, surtout dans sa version pure - je veux dire, non boisée, ou délicatement boisée. Anything but chardonnay, ont déclaré naguère quelques critiques américains. Peut-être parce qu'il buvaient toujours les mêmes? A force de demander la régularité, le goût de cépage, (ou de tisane de chêne), la facilité d'identification, on finit peut-être par s'ennuyer...

Il y a bien sûr deux grands types de chardonnay en Bourgogne: le type Chablis (tendu, minéral, très sec) et le type Meursault, plus gras, plus rond aussi (bien que tout à fait sec).

Mais s'en tenir à deux types, c'est faire injure à tous les autres - la finesse du Puligny, la minéralité un peu plus enrobée de la côte chalonnaise, type Montagny, le côté solaire du Pouilly-Fuissé...

Et où classer le Mâcon Lugny?

 

Macon Lugny.jpg

Mâcon-Lugny? Késaco?

C'est un des noms de villages qui ont le droit d'être accolés à Mâcon (comme Loché, par exemple).

Le fait que la commune abrite la plus grosse coopérative du Mâconnais, et même de toute la Bourgogne, la Cave de Lugny, a sans doute facilité la reconnaissance de ce cru, mais ce n'est que justice. Un dossier a même été introduit auprès de l'INAO pour que Lugny deveient une AOC à part entière, à l'instar de ses voisines Saint Véran et Pouilly-Fuissé.

Attention, tout ce qui est vinifié à la Cave ne vient pas de Lugny - ses membres ont des vignes sur plus de 20 communes, pour un total de 1.450 ha.

Et la bouteille d'aujourd'hui, le Mâcon Lugny Les Charmes 2010, est le haut de gamme.de la coopé Un vin issu d'une grosse parcelle de 105 ha au lieu dit "Les Charmes" (des sols aux accents calcaires).

Le mot clé: fraicheur. Fraîcheur des arômes (camomille, abricot, miel d'acacia, fruits secs), fraîcheur de la bouche, vive mais suffisamment profonde et une texture assez riche pour offrir une finale presque grasse - un vin plein de sève, de jus, un vin aux accents presques sudistes, crémeux au palais. Une note poivrée réveille la finale. Qui a dit que le chardonnay était un cépage ennuyeux?

La formule est un peu facile, oui, mais ce "Charmes" n'en manque pas.

Pas mal de chardonnays de Côte d'Or peuvent s'aligner contre ce digne représentant du Mâconnais. Et côté prix, on n'est pas dans la catégorie d'un Corton - ni même du Haut Brion dont je vous entretenais hier (promotion ou pas). Et dire que dans les trois cas, on parle de 75 cl d'un produit appellé vin...

Je sais, notoriété, marché, offre, demande, spéculation, étiquettes, bla, bla... mais à l'arrivée, on parle d'un liquide qui se déguste et qui se boit, non? Alors, si vous avez quelques piécettes à investir, pensez Bourgogne blanc, pensez  Mâcon, pensez Lugny...

08:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Tags : macon lugny | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

01 octobre 2012

Trois rosés à la santé d'Abraham

En ce temps-là, Abraham affutait son grand couteau. Il dit à Isaac, son fils:

 "Et si on se faisait un barbecue, plutôt, et qu'on débouchait une bonne bouteille de rosé?"

Et Isaac vit que cela était bon...

Au fait, au temps d'Abraham, à Ur-en-Chaldée, et dans tous les cantons limitrophes, on ne buvait sans doute que du rosé, vu qu'on n'avait pas encore pensé à inventer les macérations longues. Adoncques, tous les rouges étaient rosés, plus ou moins clairs.

Et pourquoi cette intro légèrement ésotérique? C'est pour le PPDC. Le seul, le vrai, le Plus Petit Dénominateur Commun: je viens de déguster une série de 6 vins dont les deux caractéristiques sont, primo, d'être rosés, et secundo,  de venir de chez Patriarche (aujourd'hui, Castel). CQFD.

Pour le reste, cépages, régions, effervescence, cela variait du tout au tout. J'ai trouvé le défi éminemment sympathique. Voici donc mon tiercé:

 

cremant.jpg

 La gamme des Crémants de Patriarche

 

Crémant de Bourgogne Patriarche
Chez Patriarche, la bulle, on connaît (Kriter, c'est eux, Veuve du Vernay, Léonce Bocquet, Pol Rémy, c'est encore eux). Ca, c'est pour le process. Mais quand la maison s'amuse à faire de l'appellation, c'est du sérieux. En témoigne ce Crémant de Bourgogne qui fait honneur à son nom, et surtout au pinot. Robe saumon assez pâle, nez de fraise écrasée et de cerise prise sur l'arbre. Bulle fine. La bouche rappelle bien le nez, on part aussi vers le bitter, c'est ce que  j'apprécie, qu'on l'appelle minéralité, salinité ou qu'on ne l'appelle pas, elle vient à point pour rallonger le plaisir de la dégustation et vous inciter à une gorgée de plus. Beau Crémant, vraiment.

Côtes du Rhône La Closerie Saint Vincent 2011
Belle couleur grenat tirant sur le violine. Nez explosif de fruits rouges; en bouche, de beaux épices et une bonne trame acide, de la tension qui fait toute la différence entre un rosé riche mais élégant et un vil séducteur.

Grain d'Eté 2011 Côtes de Provence
Robe saumon soutenue. Au nez, de la groseille. En bouche, c'est friand, mais assez corpulent. L'acidité soutient bien la bouche. Le genre de rosé joyeux, soyeux, qui met le sourire sur les lèvres.

 Comme quoi, une fois encore, il ne faut pas avoir d'a priori sur les gros faiseurs. Je ne dis pas que tout ce qu'on y fait est bon. Je dis qu'ils ont du mérite à produire en gros volume (et pas toujours, d'ailleurs) des vins plus qu'acceptables, et parfois, intéressants.

Et ne me dites pas que ce n'est plus la saison du rosé. Moi, des rosés comme ceux-là, je veux bien en boire toute l'année.

PS. Et pour rester chez Patriarche, voici deux jolis produits (hors rosé,) que je viens tout juste de déguster: le Rully 2010 (aérez un peu pour que le bois s'estompe, c'est de la dentelle liquide) et le Volnay 2010 (toute la finesse d'un pinot de race, assez mûr, et assez puissant aussi, en l'occurrence).

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Provence, Rhône | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |