08 avril 2013

Beaujolais: "yes we can", nous dit Jean-Paul Brun, avec sa cuvée "L'Ancien"

Loin de moi li'idée de raviver la querelle des Anciens et des Modernes!

Mais le vin que j'ai bu hier à table, à Villefranche sur Saône, en prélude à mon voyage en Beaujolais, s'appelle : "L'Ancien".

Ancien, pas tant que ça, puisqu'il s'agit d'un 2011, mais je suppose que le producteur, Jean-Paul Brun (Domaine des Terres Dorées), a voulu jouer sur les mots, en l'opposant au Beaujolais Nouveau.

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Et donc, à la macération carbonique.

Ce vin, en effet, est vinifié "à l'ancienne" - oxygénation lente, égrappage, pigeage.

Et là, miracolo, pour un produit qui reste tout de même un milieu de gamme, on a de la matière, de la mâche, et même de la complexité; un nez fruité, oui, mais mûr, avec en prime de la réglisse, des épices, de petites notes de gibier; et une bouche solide, avec même une petite pointe saline en finale.

De la belle ouvrage, donc, pour un prix très raisonnable (8,50 euros). La preuve que même en Beaujolais "simple", hors Villages et hors des Crus, on peut faire autre chose que des vins à boire vite et à oublier encore plus vite.

La morale de cette bouteille: oublions, justement, nos a priori; Et dégustons les Beaujolais pour ce qu'ils sont, et non pour le mal que d'autres en disent...

C'est mon programme de la semaine et c'est tout le mal que je vous souhaite.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

11 février 2013

Journalisme et vendettas

Ce week-end, mon excellent collègue des 5 du Vin, Jim Budd, publiait sur son blog un article relatif au Quarts de Chaume 2012 du Domaine des Baumard. Un vin dont Jim conteste qu'il ait pu être obtenu en respectant le cahier des charges de l'appellation.

Ceux que l'histoire intéresse trouveront de quoi étancher leur soif d'information, ICI.

Au delà du sujet de fond, ce qui m'interpelle, moi, c'est la réaction d'un courageux anonyme sur le blog de Jim - cet anonyme accuse mon confrère d'entretenir une "vendetta" contre les Baumard.

Cette réaction n'est pas sans rappeler celle d'autres anonymes lors de l'affaire Pancho Campo, toujours à l'encontre de Jim.

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Mettant tout à fait de côté l'amitié qui me lie à notre moustachu confrère, je me dois de dire que je trouve la ficelle un peu grosse.

Si, à chaque fois qu'un journaliste va au fond des choses, à chaque fois qu'il ne se satisfait pas de mauvaises réponses et d'absences de réponses, qu'il enfonce le clou quand le clou doit être enfoncé, à chaque fois qu'il enquête sur le terrain et ne se contente pas de copier-coller, il se voit accusé de vendetta, de parti-pris, alors je crains le pire pour l'information du public en général.

Les documents que fournit Jim pour soutenir sa cause, et notamment ses photos et ses relevés météo, sont édifiants; je ne peux m'empêcher de repenser aux photos de Florence Kennel, qui ont déclenché l'affaire dite du concassage, à Gevrey-Chambertin, voici deux ans.

Dans ce cas aussi, heureusement qu'il s'est trouvé une fouineuse pour passer dans le coin et faire savoir à qui de droit ce qui se passait au domaine de la Vougeraie. L'ODG a réagi, et c'est bien. Pour l'Appellation, et pour les autres vignerons qui respectent le décret (quelle que soit votre opinion sur sa validité).

Bien entendu, les gens dont mes confrères ou moi-même, à l'occasion, dénonçons des pratiques qui nous semblent anormales, ont le droit de se défendre.

Mais que des tiers nous accusent d'avoir une sorte d'agenda secret, d'entretenir de vieilles rancoeurs, de faire passer un quelconque affect avant la recherche de l'information est tout à fait hors de propos.

Nous n'avons pas eu voix au chapitre quand les Cahiers des Charges des Appellations Quarts de Chaume ou Gevrey Chambertin ont été rédigés - ils ont été votés par les vignerons.

Nous n'avons aucun intérêt dans ces affaires, et notre seul souci est que le contenu de la bouteille soit conforme à ce que dit l'étiquette - car un journaliste a d'abord des comptes à rendre à son lecteur, et en l'occurrence, au consommateur.

Je ne connais pas les Baumard, et guère plus les gens de la Vougeraie. Je n'ai rien contre eux. Qui suis-je pour les juger? Je ne leur demande pas d'essayer de me plaire, à moi, journaliste, juste de respecter leur appellation, leurs collègues et le client final.

PS. Ce matin, à la radio, le Commissaire européen Barnier a réaffirmé que le consommateur a le droit de savoir ce qu'il achète - viande de boeuf ou viande de cheval, notamment. Les raisins "gonflés" à la cryoextraction aussi?

00:40 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France, Loire | Tags : vougeraie, concassage, baumards, cryoextraction, journalisme, aoc | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |