23 mai 2013

Les Climats de Bourgogne y croient toujours

Malgré le rejet de leur candidature pour l'inscription au Patrimoine Mondial de l’Unesco, édition 2014, les Climats de Bourgogne ne désarment pas. L’association qui soutient cette candidature, présidée par Aubert de Villaine, vise à présent l'édition 2015 et organise, le 1er juin à Comblanchien l’événement “Climats on the Roc”.

Cette journée de découvertes et d’échanges s’articulera en trois parties.

Tout d’abord, un volet pédagogique avec l’ouverture au public des carrières de Comblanchien et d’un “village des climats” : pavillon scientifique, dégustations, ateliers pour enfants, présentation de différents métiers permettront de faire appréhender aux visiteurs le lien intime entre la pierre calcaire et les climats de Bourgogne. Le soir, place au spectacle avec une projection son & lumière consacré à l’histoire des climats, suivi d’un concert-bal. Enfin, le dernier volet de cette journée est le lancement de la Conférence territoriale, “destiné à marquer une nouvelle étape sur le chemin de l’Unesco”.

unesco, climats bourguignons


Plusieurs édiles locaux, départementaux et régionaux (dont le maire socialiste de Dijon) seront là pour tenter de convaincre les représentants du Ministère (français) de la Culture et de l’Environnement, dans le but "d'inscrire dans le marbre” leur engagement commun à préserver le patrimoine universel des climats de Bourgogne." Une première étape importante, puisque que c'est la France qui doit d'abord "écrémer" les candidats avant de soumettre une liste à l'Unesco. Et c'est donc la France, l'année dernière, qui a rejeté et la candidature des Climats Bourguignons, et celle des Villages de Champagne.

Concrètement, j'aimerais bien savoir en quoi une telle inscription est de nature à préserver le dit patrimoine: des exemples récents à Saint Emilion, qui "accueille" depuis quelques années force caves monumentales et ultra-modernes (Château Faugères, Cheval Blanc ou encore La Croizille) m'incitent à me demander si ce classement est vraiment suivi d'effet, ou bien s'il s'agit essentiellement d'une question d'image et d'attractivité touristique.

Dans le cas de la Bourgogne, j'espère me tromper et attends avec impatience la contradiction.

Plus d’info: www.climats-bourgogne.com

00:43 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France, Vins de tous pays | Tags : unesco, climats bourguignons | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

20 mai 2013

Wine Mosaic... et un excellent pinot noir tunisien

J'apprends qu'en juillet va se tenir au Portugal une conférence sur les cépages méditerranéens, ceux qui n'ont pas l'honneur (serait-ce là notre malheur?) d'être plantés du Cap à Vancouver en passant par le Fleuve Jaune. Cela s'appelle Wine Mosaic. L'idée, si j'ai bien compris, est d'échanger et de susciter l'échange - de données, de bonnes pratiques, d'idées, voire de cépages. Bref, de favoriser la "cépageodiversité".

Je suis pour, bien sûr.

J'ai déjà fourni assez d'arguments historiques, je pense, pour la libre circulation des cépages (et le sauvetage de ceux menacés de disparition). Mais le meilleur argument, il me semble, ce sont encore les vins.

DSC00586.JPG

J'ai la chance de passer quelques jours en Tunisie, et d'y déguster quelques vins vraiment intéressants.

Parmi ceux-ci - et ce fut sans doute ma plus grande surprise de ce voyage, un pinot noir des Vignerons de Carthage (AOC Mornag 2012).

Du pinot noir au Cap Bon, vous imaginez un peu?

Et oui, et du bon! J'invite mon ami Jacky Rigaux à le déguster... s'il en trouve un jour en France, ce grand pays qui accueille 70 millions de touristes par an mais si peu de vins étrangers....

tunisie,mornag

Au nez, pas d'erreur, c'est bien du pinot noir - fraise écrasée, cerise griotte; plus surprenante, sans doute, est la bouche, gourmande, appétissante, charnue et bien mûre. De là à dire que la Bourgogne devrait arracher ses pinots et laisser le créneau au pays de Magon, il y a un grand pas que je ne suis pas assez bête pour franchir.

D'un autre côté, je trouverais particulièrement dommage que des règles étranges (que la Tunisie ne possède pas, heureusement pour elle) interdisent à un vigneron de faire ce vin. Ce serait, d'une certaine façon, couper une branche de l'arbre de notre plaisir gustatif, amputer notre choix.

Je me répète, encadrer le terroir, délimiter les dénominations, je soutiens l'idée - je suis même  favorable à ce qu'on les réduise, à ce qu'on fasse passer les AOC régionales en IGP, ce qu'elles n'auraient jamis dû cessé d'être, vu leur étendue et la diversité des terroirs, au sens strict, qu'elles engloblent.

Mais les cépages, c'est autre chose.

Nous autres Français avons importé énormément de cépages étrangers dans l'histoire - grenache, syrah, muscat, riesling, carignan. Devons-nous nous plaindre d'en avoir exporté d'autres? Certainement pas. 

Le végétal est à tout le monde, à chacun d'en faire le meilleur usage.

Et je suis bien content (pour elle et pour moi) que la Tunisie fasse un si beau pinot noir, ce qui n'enlève rien ni à Pommard ni à Volnay.

Plus d'info sur Wine Mosaic: Louise Hurren, +33 (0)4 99 64 09 77

05:53 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France, Portugal, Tunisie, Vins de tous pays | Tags : tunisie, mornag | Lien permanent | Commentaires (7) | | | |