25 mars 2015

Les Vieilles Vignes de Sainte Claire, Jean Marc Brocard 2013

Parti de rien ou presque - ses bras, ses jambes et le maigre viatique de quelques arpents de vignes sur Préhy, Jean Marc Brocard est devenu un homme qui compte à Chablis. Rares sont les self made men de son espèce qui écoutent encore les autres, surtout les plus jeunes qu'eux. Jean Marc, lui, l'a fait quand son fils Julien a voulu s'essayer à la biodynamie.

Cette cuvée, Les Vieilles Vignes de Sainte Claire, en est l'illustration. La petite coccinelle qui trotte sur l'étiquette indique à sa façon, que ce vin est bio. Les petites lunes, elles, évoquent sa biodynamie.Brocard2.JPG

L'Eglise de Préhy se niche entre les vignes (Photo (c) H. Lalau 2012)

Quant à Claire, sainte femme italienne du 12ème siècle, c'est à elle qu'est dédié l'Eglise de Préhy, entourée de vignes. Vieilles, comme de juste: cette qui donnent cette cuvée ont plus de 60 ans, et des racines qui atteignent les 25m...

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Les vignes du domaine Brocard, à Préhy (Photo (c) H. Lalau 2012) 

Mais parlons plutôt du vin - parce que moi, les racines, ça me donne soif.

Sa robe - qui n'est pas de brocart - est d'or pâle. Son nez évoque le coing, le miel d'acacia, un peu de citronnelle. Rien d'explosif, mais sans reproche. L'avant bouche est dans le même registre, plutôt discrète, mais tout à coup, comme un éclair dans un ciel bleu de bouillie bordelaise, elle s'ouvre, pleine de sève, tranchante, comme un silex. Pour l'allégorie, je repasserai car ici, c'est du pur kimméridgien. Du calcaire à fossiles. Fossiles, comme celui qui fait office de logo chez Brocard. Ou serait-ce l'illustration de l'éternel recommencement de la vie?

Toujours est-il que cette bouche bien vive, aux petits accents de confiture de rhubarbe, m'a mis le coeur en joie. Et qu'est-ce qu'on mange avec ça? Un poisson en sauce? Moi, vu que c'était un peu tôt (j'ai dégusté vers 11h), je me suis rabattu sur des rillettes de porc, et ma foi, je ne l'ai pas regretté. Vu l'affutage de cette lame, un peu de gras ne peut pas lui faire de mal.

Brocard © H. Lalau 2015.JPG

 Et maintenant, le vin (Photo (c) H. Lalau 2015)

00:29 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

22 mars 2015

Il y a 200 ans… le vin de Napoléon

Il y a 200 ans, presque jour pour jour, le 20 mars 1815, Napoléon Bonaparte remontait sur le trône.

Trois semaines plus tôt, celui que la presse monarchiste appelait encore l’Ogre corse quittait l’Ile d’Elbe et débarquait à Golfe Juan. Phénomène amusant, au fil des jours et des ralliements, le ton changeait dans les journaux, l’usurpateur redevenant l’Empereur.

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20 mars 1815 , Rentrée de Napoléon aux Tuileries. Grav. sur bois d’après un dessin de Félix Philippoteaux

Paris fit même la fête à Napoléon.

Mais quelle était le vin préféré de Bonaparte? Un Champagne, en souvenir de ses jeunes années à Brienne?
Un Chianti, en souvenir de ses campagnes italiennes?
Ni l’un ni l’autre, mais le Chambertin, sans doute découvert à Auxonne par celui qui n’étant encore que Lieutenant d’artillerie, de 1788 à 1791.
 
Voila qui peut sembler flatteur pour l’illustre cru de Bourgogne.
Sauf que Napoléon le coupait d’eau! Sa recette: 50/50.
 
Les prix du Chambertin étaient pourtant encore loin de ceux d’aujourd’hui…

00:10 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Champagne, Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |