15 octobre 2007

2006, année du Mâconnais

«Millésime difficile, année jalouse, année de vignerons»… les qualificatifs attribués à 2006 en Bordelais sont globalement valables pour la Bourgogne. Pourtant, dans le sud de la région (en Mâconnais, surtout), les blancs atteignent des sommets. Ils sont supérieurs aux 2005 et aux 2003 (légèrement surestimés), et pour ceux qui s’en rappellent encore (pas moi), ils égalent les 1979. Nos confrères de Bourgogne Aujourd’hui, généralement bien informés, leur attribuent même la note assez exceptionnelle de  17,5 sur 20 !
Voilà qui nous donne furieusement envie de nous rafraîchir la mémoire - et le gosier - du côté de la Saône et Loire. Avec ou sans Mitterrand, le pèlerinage de Solutré s’impose…

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Un peu de géo

Le Mâconnais, c’est l’extrême Sud de la Bourgogne, à la lisière du Beaujolais (Saint Amour peut produire du Mâcon, en blanc). Le vignoble, beaucoup plus large que celui de la Côte d’Or ou de la Côte Châlonnaise, s'étend sur 35 km de long, entre Sennecey et Saint-Vérand, de la vallée de la Grosne à celle de la Saône. Il s’agit d’une région de collines majoritairement exposées est/sud-est ; le climat est continental. On parle parfois d’influence méditerranéenne (sécheresse en été), et c’est vrai que les deux Roches (Solutré et Vergisson) ont un petit air de film de Pagnol. Mais les Provençaux, eux, vous diront que le Nord commence à Montélimar…
Jusqu'au 18ème siècle, le Mâconnais était surtout planté de Gamay. Il fut peu à peu supplanté par le chardonnay, qui représente aujourd'hui plus de 80 % des plantations. Avec 4.200 ha (et 13 millions de bouteilles), c’est d’ailleurs aujourd’hui, et de loin, la plus grande zone de production de vin blanc de Bourgogne
Le Mâconnais, ce sont 8 appellations. Trois appellations sous-régionales : Mâcon, Mâcon Supérieur (mêmes terroirs, mais degré alcoolique minimum supérieur) et Mâcon-Villages (centre de la zone de Mâcon) et 5 communales : Pouilly Fuissé (875 ha), Pouilly-Loché, Pouilly-Vinzelles , Saint-Véran et Viré-Clessé, la petite dernière, née en 1999 (219 ha). Le Mâconnais peut également produire  l'ensemble de la gamme des appellations régionales (Bourgogne, Bourgogne Aligoté, Bourgogne Passe-tout-grain et Crémant de Bourgogne).


2006, année jalouse

Grosso modo, en Mâconnais, le millésime 2006 a été aussi capricieux qu’ailleurs en Bourgogne : grosse chaleur en juillet, août en dents-de-scie, pluies et périodes ensoleillées (un peu moins de précipitations qu’en Côte de Beaune, cependant) ; mais septembre a été très clément. Guère de problème pour la concentration en sucre, donc, mais quelques petites faiblesses ça et là en matière d’acidité. Cela, c’est pour la moyenne, car en Mâconnais, on sait ce que « microclimat» veut dire. Prenez Viré-Clessé : le climat est plus chaud qu’ailleurs (surtout la nuit !) et les vignerons ont tendance à pousser la maturité (pour ne pas parler de vendanges tardives) ; ce qui conduit à des degrés naturels très élevés (jusqu’à 20° !). Et quand cela se conjugue au pourri, attention danger ! Le problème est moins flagrant à Saint Véran ; mais c’est Pouilly qui tire le mieux son épingle du jeu : beaucoup de fruit, une minéralité très pure, c’est un sans faute, et pas seulement chez les ténors, non, presque partout. Il faut dire que la zone a été plutôt épargnée par les pluies d’août, et que la récolte, effectuée un peu plus tôt qu’ailleurs, était très saine.
Pour vous le prouver, passons en revue les appellations. Quelques bonnes bouteilles viendront illustrer le propos, sans prétendre à une quelconque exhaustivité. Mais on vous l’a dit : en 2006, en Mâconnais blanc, presque tout est bon !


Mâcon, Mâcon-Villages

Les Mâcon et Mâcon Supérieurs proviennent surtout du nord et de l’Ouest du Mâconnais, les Mâcon-Villages, du centre de la zone, et les AOC communales se partagent la pointe sud, à l’exception de Viré Clessé, situé au centre de la zone des villages. La seule appellation Mâcon-Villages représente près de la moitié de la production du Mâconnais.
Ses terroirs sont les plus variés, du fait des sols, mais aussi des micro-climats, car nous sommes dans une zone assez vallonnée.

Bret Brothers

Pas de Brettanomyces à Vinzelles, non, enfin pas plus qu’ailleurs ; mais deux frères,
Jean-Guillaume et Jean-Philippe Bret, pour un domaine, la Soufrandière. Réparti entre Pouilly Vinzelles (deux climats) et deux parcelles de Mâcon Vinzelles.
Domaine biodynamique, au demeurant, et cajolé. Pas étonnant, dès lors, que 2006 soit l’occasion pour ce domaine de briller : les deux frères connaissent tellement bien leur vigne que le tri était déjà fait dans leur tête avant de devoir être fait sur le terrain. Peu ou pas de pourriture, des raisins en pleine forme, pour des vins pleins et purs.

A noter que les Bret Brothers ont également monté une activité de négoce, qui leur permet d’élargir leur gamme. Mais il s’agit toujours de Petites parcelles de vignes biologiques (entre 15 et 50 ares), dont les deux frères assurent toujours eux-mêmes la vendange. Un négoce « haute couture », comme ils disent.
A l’arrivée, des micro-cuvées qui ne dépassent guère les 4.000 bouteilles. Mais c’est cette dimension qui permet de garder le sens du détail et de l’humain.

-Mâcon-Cruzille
Pas mal de très vieilles vignes, sur cette parcelle, confèrent sans doute à ce vin un surcroît de complexité. Poire mûre et pamplemousse au nez, quelques notes miellées, en bouche. Un vrai cru.
-Mâcon-Uchizy La Martine :
Pas vraiment plus « simple » que le précédent, peu être un peu plus vif, surtout en avant-bouche. La bouche, elle, est toute sur le fruit (coing ?) De la très belle ouvrage.


Domaine Jambon
 omme la Soufrandière des frères Bret, le Domaine Jambon fait partie des Artisans Vignerons de Bourgogne du Sud. Ses 10 ha se trouvent au lieu dit Pierreclos, joli terroir argileux calcaire.  Ici, on entend préserver tout le fruit du chardonnay, alors on limite les rendements, on laboure, et l’on récolte à la main.
-Mâcon-Pierreclos 2006
Ce qui frappe le plus, dans ce vin, c’est sa salinité – très agréable, au demeurant. Les notes florales et fruitées (poire et agrumes) sont bien intégrées, la bouche est délicate. Bon potentiel de garde. Une version boisée est à la vente, du millésime 2005, également très séduisante – plus de rondeur, d’ampleur en bouche, un autre style.

Viré, sans préavis…

La plus jeune AOC du Mâconnais, Viré-Clessé, n’est pas la plus homogène. En 2006, certains n’ont pas su maîtriser les degrés alcooliques, il y a donc du déchet. Mais la qualité d’ensemble reste bonne, comme l’illustrent les résultats de la coopérative locale.

La Cave de Viré

La Cave de Viré (220 coopérateurs, 27.000 hl) est à l’origine de la reconnaissance de l’AOC Viré-Clessé. Mais elle propose aussi des Mâcon Villages très séduisants…
-Mâcon Terres Burgondes Cave de Viré 2006
Comme ce « Terres Burgondes », vin de plaisir, très fruité (poire, ananas), et à la bouche croquante. Le prix (moins de 6 euros au consommateur en Belgique) laisse aussi une jolie note en finale.
Domaine des  Chazelles & Sainte-Barbe
Deux domaines de la famille Chaland, sur Viré (10 ha au total). Le premier, celui des parents Chaland, compte en majorité de vignes de plus de 50 ans ; le second, a été créé par les enfants Chaland en 2000.  Les deux domaines pratiquent élevage en cuve et élevage en barrique. Le domaine de Sainte Barbe est membre des Artisans Vignerons de Bourgogne du Sud, et travaille en bio, donc.
-Viré-Clessé la Forêtille 2006 :
Du fruit jaune, du fruit blanc, encore du fruit, avec juste ce qu’il faut d’acidité pour relancer la machine en bouche ; car il y a de la matière, beaucoup de gras ; la finale reste vive, cependant – bref, du plaisir liquide !

Autres bonnes adresses : Château de La Balmondière/Albert Bichot, Cordier Père & Fils, Château des Chailloux

A Pouilly, ou à Fuissé ?


Pouilly et Fuissé sont deux villages distincts du Mâconnais - la zone couvre en fait 4 villages : Chaintré, Fuissé, Solutré-Pouilly et Vergisson, pour un total de 760 ha. C’est la Reine du Mâconnais, Pouilly-Vinzelles et Pouilly-Loché vivant un peu dans son ombre.
Le vignoble est à dominante argilo-calcaire, mais réparti ente deux grands types de sols : les marnes argileuses, qui prédisposent à des vins puissants et gras et amples, et des sols moins profonds et  plus pierreux, qui produisent plutôt des vins délicats, les vins qui ont “du grain”.
A Pouilly-Fuissé, un seul cépage règne  en maître : le chardonnay, planté ici en haute densité (10.000 pieds à l’hectare).

Pierre Vessigaud, Solutré

Arrivé à la tête du domaine en 1998, Pierre Vessigaud est un artiste du vin, qui entend renouer avec la tradition des grands blancs du Mâconnais, leur belle minéralité: « ici, nous ne faisons pas du Chardonnay, nous faisons des vins qui expriment notre terroir et notre personnalité». La preuve est dans le verre…

- Pouilly Fumé Vieilles Vignes 2005 :
assemblage de plusieurs climats de Fuissé, issu de différents types de sols calcaires, argileux et caillouteux, ce qui lui donne beaucoup de complexité aromatique, puissant, charnu avec toujours cette pointe de minéralité. Le 2004 a été Coup de Cœur du Guide Hachette

- Pouilly Fuissé Vers Agnières 2005 :
très fin, églantine, agrumes et pain grillé au nez, bouche très dense, complexe, ample ;  « Très Fuissé », nous dit Pierre, avec un air gourmand. Sol à dominante argileuse.

Cordier Père & Fils
Nous sommes ici à Fuissé, sur un domaine de 15 ha (plus, bientôt, 5 nouveaux ha rachetés à Pâtissier sur Pouilly et Solutré, et un hectare de rouge en Beaujolais). Christophe Cordier, le vinificateur, cherche plutôt à exprimer le terroir que le côté flatteur du cépage. Ses cuvées vieilles vignes, très bien élevées, sont impressionnantes de puissance.
Cordier propose d’autres AOC du Mâconnais, avec une régularité de métronome dans la qualité.

-Pouilly Fuissé 2006 :
Un « simple » Pouilly Fuissé, mais quelle richesse en bouche ! Le nez est friand (pêche, mangue), la bouche s’ouvre sur le poivre et la cannelle, puis le tout se fond dans un  superbe équilibre fuité, souplesse, alcool et minéralité. Un grand vin.

Autres belles adresses : Château des Rontets, Château de Fuissé. Bret Brothers, Georges Burrier, Château de la Bruyère, Domaine Jeandeau.

Daniel Barraud
« Tout ce qui doit se faire mérite de bien se faire ». C’est un peu la devise de Daniel Barraud, dont on ne peut pas dire qu’il se simplifie la vie. Son domaine, situé au pied de la roche de Vergisson, compte 7 ha, et produit Pouilly-Fuissé, Saint Véran et Mâcon Vergisson. Les vignes sont labourées, les travaux sont minutieux, la vendange, manuelle, se fait en caissettes de 40 kg, le but étant de rapporter les grappes intactes au pressoir.
A la cave, pas de levurage, le moins d’intervention possible (on écoule par gravité), débourbage et élevage en fût de chêne, sur lies, entre 10 et 15 mois.
Et toujours dans le souci de se faciliter le travail, Barraud vinifie séparément 6 Pouilly-Fuissés issus de 6 parcelles différentes. En voici une.

-Pouilly-Fuissé «En France » 2004

Une parcelle plantée de vignes de 30 ans sur terres argileuses. Un très bel équilibre entre fruit mûr et minéralité, arrondi par le passage en fût. Le 2006 n’est pas encore à la vente (l’élevage est encore en cours), mais ce 2004 est loin d’être inintéressant, dans un millésime moyen.

Avec ou sans d ?


Saint Véran (sans d) est une AOC de taille moyenne (645 ha), mais qui a le vent en poupe. La production est passée en 20 ans de 25.000 à 39.000 hl. De création relativement récente (1972), elle présente la particularité d’être coupée en deux: au nord de Pouilly, on trouve les communes de Davayé et de Prissé - au sud, celles de Chânes, Chasselas, Leynes, Saint Amour et Saint Vérand (le village, avec un d). Puissant, mais souvent bien enrobé, le Saint Véran type  est très « Bourgogne », en définitive, malgré son côté sudiste...

Domaine des Poncetys
Il en a vu, des propriétaires, ce domaine de Davayé: des nobles, des évêques, le département, puis un lycée viticole (installé sur son site).
Depuis  2003, c’est Vincent Darmuzey qui est aux commandes de l’équipe de vinification. Les 18 ha en exploitation sont bien tenus, les rendements modérés, une partie du domaine est en reconversion bio.

- Saint Véran Les Cras 2006 :
Très floral au premier nez (tilleul, fleurs blanches), quelques notes citronnées, bouche vive et souple à la fois, une balance intéressante.


Domaine des Valanges, Davayé
Un domaine familial de 11 ha, dont 7,5 en Saint Véran. Michel Paquet vous accueille entre ses fûts – son petit royaume. Car voici un artiste de l’élevage, qui nous livre des blancs tout en subtilité ; quelques unes  de ses cuvées assemblent 50% de vins élevés en cuve et 50% de vins élevés en fûts (bois neuf, bois de plusieurs vins, divers tonneliers).  Comme le 2006 n’est pas encore en bouteille au moment de notre passage, nous dégustons l’assemblage futur « en pièces détachées » ; la minéralité est déjà bien présente, un côté sauvage au nez de la partie en cuve, le lot élevé est en pleine phase d’intégration, cela promet.
En attendant, on se met en bouche avec deux vins embouteillés :


-Saint Véran Cuvée Hors Classe 2005:  tilleul, poire et agrumes au nez, beaucoup de matière, de gras, amis néanmoins de la fraîcheur en bouche, avec quelques notes fumées pour terminer. Somptueux.
-Saint Véran Cuvée Hors Classe 2004:  miel d’acacia, aubépine au nez, bonne ampleur en bouche, finale grasse et petites notes torréfiées, parfait à boire. Coup de cœur au Guide Hachette.

Autres bonnes adresses : Trénel, Saumaize, Jeandeau, Pierre Boyat, Daniel Barraud.

                              (c) Hervé Lalau

 

Vous pouvez retrouver cette chronique dans le magazine In Vino Veritas d'août-septembre 2007

10:42 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

14 octobre 2007

Fais comme Goisot...

De la Bourgogne, on retient le plus souvent les chardonnays minéraux de Chablis, les grands rouges de la Côte de Nuits, les grands blancs de la Côte de Beaune, Pouilly-Fuissé, et fermez le ban.
Au nord, il y a pourtant du nouveau. Je ne parle pas du Tonnerrois, qui vient de se voir attribuer l’AOC ; je pense surtout à Saint Bris (Le Vineux) et aux Côtes d’Auxerre, qui nous étonnent, non seulement avec le sauvignon, mais aussi avec quelques vignerons pointus qui cherchent à exprimer toute la richesse de terroirs insoupçonnés. Sur ce plan-là, la zone n’a pas grand chose à envier aux voisins de Chablis (même si, ici, la craie et le calcaire sont encore plus présents qu’à Chablis). La preuve par l’exemple, avec les vins de Jean-Hugues et Ghislaine Goisot.

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Pas de demi-mesures

Domaine familial de 27 ha (avec quelques parcelles d’Irancy en location), Goisot est un projet de convaincus. Ils participent à la renaissance du vignoble de l’Auxerrois, jadis très important (40.000 ha en 1850) mais qui ne s’était jamais remis de la crise phylloxérique.
Quelques preuves de l’engagement qualitatif de la maison: les vignes (sauvignon, chardonnay, pinot noir et césar) sont plantés à 10.000 pieds hectare (entre 4000 et 7000 ailleurs), et l’on utilise ni fertilisants, ni désherbants, ni pesticides. Mais pas mal d’huile de coude, les travaux de la vigne étant conçu pour en stimuler les mécanisme d’auto-défense. Ici, on griffe le sol en hiver, on le bine en été, on ébourgeonne et on effeuille (du côté du soleil levant).
A noter que Goisot a obtenu de l’INAO de réintroduire le sauvignon gris, ou fié, qui donne d’excellents résultats, sa capacité de vieillissement étant supérieur au sauvignon blanc.

Le terroir d'abord

Paradoxalement, pour ces fondus de bio, les millésimes plus chauds observés ces dernières années dans l’Yonne et la perspective d’un réchauffement climatique plus général ne suscitent pas une inquiétude particulière : «Nous sommes habitués, par notre mode cultural, à observer la nature, le cycle végétatif et le cycle lunaire ; nous sommes donc très réactifs».
Ceci est d’autant plus important, pour Ghislaine Goisot, que la maison ne cherche en aucun cas la sur-maturité, mais à élaborer des vins qui reflètent l’élégance des sols. En Chardonnay, la série des « Climats » (Gondonne, Biaumonts, Gueules de Loup) en est l’expression parfaite.


Goisot Bourgogne Aligoté 2005
Bonne acidité, nez discret au premier abord, se complexifie à l’aération ; notes métalliques en bouche, finale bien fraîche : petit rendement pour ce cépage assez productif (50hl/ha).

Goisot Côtes d’Auxerre Chardonnay Jeunes Vignes 2005
Pomme verte, fleurs blanches au nez ; la rondeur d’un année opulente enrobe l’acidité, en bouche. Bonne longueur.

Goisot Côtes d’Auxerre Le Corps de Garde 2004

Arômes subtils, minéralité, acidité très franche, bonne ampleur… ce vin a tout du Grand Chablis… mais ce n’est pas un Chablis.

Goisot Côtes d’Auxerre « Les Gueules de Loup » 2004
Contrairement au précédent, qui est une cuvée d’assemblage, ce vin-ci (toujours un chardonnay) est issu d’une seule parcelle à dominante de silex (sols du Portlandien). Est-ce une association d’idée, où bien y retrouvé-je un goût de pierre à feu ? Vin de classe, relativement souple en bouche malgré une belle minéralité.

Goisot Côtes d’Auxerre « Biaumonts » 2004
Toujours du chardonnay, mais issu d’une deuxième parcelle, de Kimméridgien celle-ci. Ce qui saute au nez, ici, c’est le côté iodé qui s’associe bien aux notes de fleurs ; en bouche, la minéralité et le gras se conjuguent à la salinité, laissant en bouche un goût de « revenez-y ». Le bois est superbement fondu.

Goisot Côtes d’Auxerre « Gondonne » 2004
Troisième parcelle, et troisième type de sol (argile bleu à coquillages) ; clou de girofle, poivre noir, et à nouveau une étonnante salinité, Peut-être pas le plus flatteur des trois, mais quelle complexité. Cannelle, épices, abricots secs, réglisse, faites votre marché !

Goisot Saint Bris Sauvignon Lieu dit Moury 2005

Jolis agrumes au nez, pierre à fusil en bouche, une belle acidité. Le sauvignon comme on l’aime, mûr, mais élégant.

Goisot Saint Bris Sauvignon Exogira 2005
La cuvée tire son nom du sol. Exogira, c’est le nom d’une huître fossile très présente dans le sols calcaires de Saint Bris (elle est assez commune à Chablis également). Très beau nez mêlant clémentine et pamplemousse rose, bouche complexe (poivre et minéralité), un finale, un joli côté fumé, superbe matière. Le clou de la dégustation.

Goisot Saint Bris Sauvignon Corps de Garde 2005 (sur cuve)

Bel assemblage ; un vin bien structuré, nez d’agrumes, ici encore ; bouche intéressante ou le gras et l’acidité jouent au bras de fer. Et du fer, il y en a peut-être, car la minéralité est sous jacente.

(c) Hervé Lalau




19:23 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |