25 mai 2008

Boire, Boire, Boire

Ne perdons pas les bonnes habitudes: voici l'irremplaçable chronique dominicale de l'ami Eric Boschman. 

"Demain matin, l’oiseau de 7h32 sifflotera à vos oreilles que la vie est belle, qu’il y a 36 manières d’en être, 36 manière d’être rien ou quelqu’un, 36 manières de se dire que t’es belle quand j’ai bu. Demain matin, comme la mémoire est courte, que les idiots ne sont pas des imbéciles et que la vie est une balançoire, nous serons passés à autre chose. C’est à prendre ou à laisser. Un petit clin d’œil à un copain de dégustation, parce que le vin rapproche.

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Pernand Vergelesses (Photo O. Vanpé)


D’ailleurs, à ce propos, vous ne le savez peut-être pas, mais la grrrrrrrrosse tendance du moment, surtout en France, c’est le développement de l’oeno-tourisme. Vous avez peut-être déjà eu la chance de visiter l’une ou l’autre région viticole de l’hexagone. Vous avez peut-être remarqué au passage qu’hormis quelques exceptions notables, l’accueil n’était pas partout égal et sans reproches. C’est bien con. Surtout pour les accueillants qui laissent là filer une belle occasion de vendre au meilleur prix leurs boutanches.

Ailleurs, dans un sacré paquet de pays autour de la France, c’est une pratique presque courante. Il suffit de voler jusqu’en Espagne pour voir comment toutes les parties prenantes autour de la production, des pouvoirs publics locaux au plus haut niveau du fédéral en passant par les interprofessions, ont intégré la notion et travaillent de concert à son développement. Dans le « Nouveau » monde, les entreprises qui ne reçoivent pas sont plus rares encore que les neurones chez un finaliste de la Star AC, c’est dire. Certes, c’est hyper structuré, et l’on est loin du vigneron sympa qui vous entraîne dans sa cave pour déguster sur fûts. Parfois, c’est tellement lisse et artificiel, avec discours convenu qu’il ne manque que des personnages en peluche grandeur nature pour se croire dans un parc d’attractions, mais au moins, les visiteurs sont accueillis. Souvent, l’usage est de payer un droit de l’ordre de quelques dollars qui sont remboursés lors de l’achat éventuel. Comme ça, personne ne se sent floué. Il existe même des domaines, tels Mondavi en Californie, où des aires de pic-nic sont aménagées un peu partout dans les vignes, elles sont accessibles gratuitement à condition que les visiteurs consomment les vins du domaine. Les idées originales et sympathiques ne manquent pas. Mais dans le pays qui se dit le centre du monde vinicole, c’est le désert.

Bien sûr, comme dans chaque désert, on trouve quelques oasis, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas rédigé, mais globalement le sens du mot accueil est oublié. Il est des régions où l’on sent bien que rien n’est fait pour encourager les visites. Cela va de la grande difficulté à prendre rendez-vous à plus de deux, mais à deux ce n’est pas assez pour justifier la présence d’une personne, au manque de fléchage en passant par l’impossibilité de manger correctement à moins de cinquante kilomètres à la ronde. C’est Kafka au pays des Francs.

Il y a quelques jours, j’étais en Bourgogne en compagnie de joyeux et gentils camarades. Nous avions pris rendez-vous chez un sieur Rollin à Pernand-Vergelesses. Nous visitâmes, accompagné par le maître des lieux et de ses commentaires. L’homme n’était pas franchement liant, mais bon, tout le monde n’est pas destiné à s’exprimer en public. C’est une des difficultés du métier de vigneron, il faut produire, transformer, vendre, expliquer, guider, le sachant, nous étions fort enclins à lui passer son humeur maussade. Lors de la dégustation, nous avons testé quelques bouteilles plus ou moins intéressantes. Il y a un adage local qui dit que quand c’est bon il n’y a rien à vendre et que l’on ne visite pas. Comme nous visitions et qu’il y avait à vendre, l’adage se vérifiait mais pas de manière dramatique. D’ailleurs, certains achetèrent. Mais sans doute pas assez au gré de ce Monsieur, car nous fûmes grossièrement apostrophés quant à notre manque d’entrain aux achats. Les nerfs tout à fait lâchés, il nous signifia même son envie de nous compter un droit de visite de l’ordre de 200 € pour avoir gâché son après-midi.

Je dois vous confesser qu’en une petite vingtaine d’années de visites dans le vignoble, c’est la première fois que cela m’arrive. Cela pose une série de questions, surtout si l’on prend un peu de recul. La nouvelle politique européenne de mise en marché des vins vient de débloquer des sommes fort conséquentes pour promouvoir les régions de production vinicoles. Ne serait-il pas opportun, dans certaines régions plus particulièrement, d’utiliser ces mannes autrement qu’en affichages et balivernes du même genre. Former les gens à sourire, ne fût ce qu’un peu, à mettre en place des structures d’accueil dignes de ce nom, à créer des accès handicapés, et j’en passe et des meilleures, serait un bon plan. D’autant plus que ce genre de chose génère de l’activité économique. A l’heure où le bout du tunnel de la crise viticole semble arriver, ce serait se tirer une balle dans le pied que de ne pas développer l’accueil en France. En attendant, parce que tout n’est pas définitivement perdu et qu’il est possible de s’amuser autour du vin, je vous suggère de vous rendre à cette adresse:

 

http://www.dailymotion.com/video/x3ijdn_le-beaujo-en-vlib-la-chanson-du-dim_fun

Eric Boschman 

08:27 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

24 mai 2008

La Bourgogne mesure ses gaz

Le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne va faire inventorier les flux de gaz à effet de serre provenant des activités vitivinicoles de la région dans le but de les réduire.  Le comité de pilotage comprend des représentants des caves particulières traditionnelles et bio, des négociants, des coopératives et des Chambres d’agriculture. Les résultats de ce "Bilan Carbone" devraient être dévoilés à la fin 2008.

Le projet est soutenu par la région et l'Agence français des Economies d'Energie. 

10:35 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |