01 octobre 2008

Montagny blanc

Entre les villages de Buxy, Montagny, Saint-Vallerin et Jully, une lumière particulière nimbe le vignoble au levé comme au couchant, collines et amphithéâtres naturels tapissés de vignes semblent alors poudroyer de soleil. Au bout de la Côte Chalonnaise en descendant vers Lyon, se niche l’appellation Montagny. Consacrée essentiellement au Chardonnay, elle offre des blancs minéraux aux très belles expressions.

 

Côte Chalonnaise

Le charme discret de la Côte chalonnaise

 

Sols et climat


Le vignoble s’étale sur une succession de collines reliées par des vallées parfois encaissées. Vers Montagny, les marnes et les argiles vertes dominent, c’est le territoire des crus minéraux et puissants. Par contre, du côté de Buxy, décalé à l’est, grès du Trias et surtout les calcaires du Kimméridgien engendrent l’élégance florale, établi sur un soutien minéral plus ténu. Les altitudes vont de 250 à 400 mètres, les orientations privilégient l’est, voire le sud-est et le sud. L’entité, appellations communales et AOC régionales comprises, compte 440 ha dans lesquels les lieux-dits classés en 1er cru se partagent 255 ha.
Quant au climat, il est à la croisée des chemins. À la fois tempéré et continental selon les jeux des dépressions et des anticyclones, mâtiné d’un soupçon d’influences méditerranéennes. Les collines protègent le vignoble du vent humide du sud-ouest, mais n’offre aucune barrière à celui du nord.

Organigramme  


Une bonne vingtaine de vignerons, deux caves coopératives et le négoce, se répartissent la cinquantaine de lieux-dits, arrêtés depuis le décret du 11 septembre 1936. Le plus grand des climats s’appelle Les Coères et totalise 28 ha, sis entre les quatre villages de l’appellation.
Les rendements sont limités à 50 hl/ha, ce qui donne une moyenne annuelle d'environ 15.000 hectolitres. La densité de plantation est de minimum 8.000 pieds/ha.

Voici la liste des domaines dégustés (et appréciés):


-Cave de Bissey Montagny 1er Cru Les Pidances

-Château Cary Potet Les Burnins et Les Reculerons

-Christophe Aladame

-Domaine Laurent Cognard (à Buxy) Montagny 1er Cru Les Bassets

-Domaine Berthenet Montagny 1er Cru Les Saint Morilles

-Domaine des Moirots (à Bissey) Montagny 1er Cru Le Vieux Château’’

-La Buxynoise Montagny 1er Cru Les Chagnots et Montcuchot

 

 

Un petit avant goût avec le Château de Cary Potet ‘’Les Burnins’’ Montagny 1er Cru, de Charles et Pierre du Besset:

Les Burnins tirent leur nom de la bure des moines qui travaillaient le lieu-dit. L’exposition plein sud et la pente assez forte encourage la maturité, le sol argileux sur dalle calcaire, le minéral doublé d’élégance. Les Chardonnay ont 25 ans et s’élevent en barriques.
La robe est vert pâle ; jolie note de verveine au premier nez, puis s’enclenche les successions de rose, d’abricot, de gingembre, de pamplemousse, de grillé ; la bouche nous accueille vivement et nous envoie sans détour un coup de pierre à fusil, le gras nous dispense un baume léger et nous permet d’apprécier les saveurs senties ; la longueur ravive les papilles.

 

                                                    Marc Vanhellemont

 

Vous pourrez retrouver les commentaires complets dans un prochain In Vino Veritas.

La Bourgogne recèle décidément bien des trésors cachés...

 

06:40 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

18 septembre 2008

Crémant de Bourgogne... de Crus

Le 8 septembre se tenait au Be Manos, à l'initiative de Mafribel, une journée placée sous le signe de l'effervescence: "Bubbles in Brussels". Mark Schiettekat, Paul Taks et leur équipe présentaient à leurs clients et à la presse leur offre de bulles. Après une partie académique, où les différentes appellations ont été passées en revue, une dégustation était organisée. Dégustation de haute volée - et pas seulement parce qu'elle se tenait sur les toits.

Je ne vous surprendrai pas si je vous avoue mon faible pour le Brut Millésimé de Boizel. Mais là où vous ne m'attendiez probablement pas, c'est sur les Crémants de Bourgogne de Louis Bouillot.

 

Bouillot

 

Cette filiale de Boisset a eu l'idée saugrenue de s'intéresser aux terroirs de Bourgogne pour ses Crémants. Pas si saugrenue, en fait, quand on veut bien se rappeller qu'au début du XXème siècle, bon nombre de grands terroirs bourguignons faisaient de la bulle, Nuits Saint Georges en tête. Bouillot diffuse notamment une Cuvée "Les Trois Saints", assemblage de parcelles de Saint Aubin, Saint Romain et Saint Véran(d).

Le vin est somptueux. Crémeux, onctueux, puissant mais élégant. Le nez est un véritable bouquet de fleurs, la bouche veloutée évoque la poire (et même un soupçon de cassis... de Bourgogne). Last but not least, la finale de pain d'épice (encore une spécialité régionale) est inoubliable. Toute comparaison avec une grande appellation de bulles située au Nord-Est de la Bourgogne... est inévitable.

Les Trois Saints font partie d'une courte gamme de 3 réferences. Bon, évidemment, il s'agit d'éditions limitées (4.000 bouteilles), et mon ami Frank Vandenbogaert, qui s'y connaît non seulement en matière de Crémants, mais aussi en matière de prix, me souffle que les tarifs de cette gamme sont plutôt confortables. Pour le producteur, s'entend.

Mieux vaut un bon Crémant qu'un petit Champagne, oui, mais un Crémant au prix d'un Champagne de marque, c'est osé.

Enfin, le produit est très beau, alors c'est vous qui voyez...

Louis Bouillot, 00 33 3 80 62 61 47

08:07 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |