13 avril 2012

Ecole de sommellerie internationale de Bordeaux: en français, s'il vous plaît!

Mon excellent confrère César Compadre nous révèle que Bordeaux, qui ambitionne de devenir "the" capitale mondiale du vin, aura bientôt son école internationale de sommellerie, alias Worldsom. Ceci, sous la houlette de la Chambre de Commerce et d'industrie locale (déjà principal actionnaire de Vinexpo).

On ne connaît pas encore précisément le contenu du cursus, mais on sait déjà que les cours seront donnés en anglais.

Comme français et francophone, cela me choque. D'autant que le français imprègne depuis longtemps le vocabulaire du vin, de l'élaboration à la dégustation en passant par le service.

Surtout, enseigner en anglais, c'est prendre le risque de couper les étudiants de la réalité locale. Et pourquoi viendraient-ils à Bordeaux?  A ce compte-là, ils seraient plus en phase à Modesto, Cal.

M. Juppé, vous qui avez enseigné au Québec, s'il vous plaît, expliquez à la CCI que le français a encore un avenir... au moins dans le vin.

 

11:26 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |

12 avril 2012

Gloria, Gloria, Château Guadet

Guy-Petrus Lignac, son épouse Catherine et son fils Vincent exploitent les 5,7 ha de vignes de Château Guadet, un nom chargé d'histoire, à Saint Emilion. Girondin, au sens politique du mot, Élie Guadet fut député de la jeune république française. Il en a perdu la tête, au sens propre, victime de la Terreur. Il y a gagné une rue - le Château Guadet est d'ailleurs situé... rue Guadet.

La maison reste familiale, un Lignac ayant racheté le domaine à la veuve du décapité dans les années 1840. Ca ne nous rajeunit pas.

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Lignac père (debout, à droite) et fils (assis)


D'aucuns, à propos de ce domaine, ont parlé de belle endormie. D'années de vaches maigres. Sont-ils seulement venus la visiter?

D'autres, au contraire, voient en lui une des valeurs sûres de l'appellation,  le plus Saint Emilion de tous les Saint Emilion.

Je fais plutôt partie des seconds - je ferai simplement remarquer que Guadet a pour voisins Clos Fourtet et Château Soutard, et que c'est un des deux seuls domaines de Saint Emiliion à avoir toujours ses chais en ville.

Guy Petrus et Vincent Lignac soignent leurs vignes comme on le ferait d'un jardin. Ils n'ont ni les moyens, ni la mégalomanie d'un Cheval Blanc ou d'un Faugères, et en plus, leur maison est classée.

Depuis le premier janvier 2012, le domaine est certifié bio (ce qui n'est pas encore si courant à Saint Emilion).

Fin mars, au Royal Monceau, à Paris, une verticale était organisée, qui m'a a permis de remonter le temps et d'évaluer la régularité du cru - n'en déplaise aux ronchons.

Vous pourrez retrouver mes notes in extenso dans un prochain In Vini Veritas. Il faut bien que la presse papier garde quelques exclusivités, ne serait-ce que pour pouvoir faire vivre les chroniqueurs. En avant première, un commentaire, tout de même, parce ce que c'est vous, celui du dernier millésime en date. Attention à l'effet "primeurs", bien sûr, il est bien loin d'être "fait"...  

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Un des vins du jour

2011 (échantillon pris sur fût le 24/3)

Très fruité, griotte, sureau, encore marqué par le bois mais belle matière, crayeuse, pointe de graphite, bonne acidité. Déjà très buvable.
Guy-Petrus rappelle que cette année, il a fallu bien choisir la fenêtre de vendange: les raisins ont été récoltés entre le  21 et le 30 septembre, avant une grosse chaleur. Le genre de choix qui démontre l'attention que le vigneron porte à sa vigne, mais aussi, qui fait la différence dans un "millésime de vigneron". 14,5/20

 

PS. François Audouze, présent lors de cette dégustation... pense qu'il faut encore attendre ce 2011 (!!!). Moi aussi.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (10) | | | |