08 juin 2012

Chronique amère: un grand rouge dans le grand bleu

Aujourd'hui, c'est chronique amère. Et salée. C'est l'actualité qui veut ça.

Je me réfère à la dégustation de Bordeaux immergés en mer, dont l'AFP (Agence France Pêche) nous régale dans une longue dépêche.

En définitive, on ne sait pas trop si c'est vraiment intéressant pour le vin. Par contre, c'est sûr, ça en fait parler. C'est pour ça que je ne citerai pas le nom du domaine. Suis pas payé pour ça.

Et puis je m'inquiète des répercussions que pourrait avoir une généralisation de cette brillante idée: si demain, tous les vignerons en quête d'excellence (et de notoriété) se mettent à immerger leurs bouteilles, on n'aura bientôt plus assez de côtes, et il faudra immerger des gendarmes pour empêcher les baigneurs d'écluser gratis.

Je sais de quoi je parle; il y a 10 ans, en baie de Banyuls, j'ai dégusté des vins immergés. Pas profond, notez bien. On les avait juste accrochés à une bouée. On voulait seulement les rafraîchir. Sacrée bonne idée.

Attention, je ne jette pas la pierre (ni l'ancre) au producteur bordelais et à son excellent service de relations publiques. Avec une telle histoire, les échos étaient quasi-garantis (et pas seulement radar). Alors pourquoi se priver? C'est si difficile, aujourd'hui, en France, de faire parler du vin.

Ce qui m'agace vraiment, c'est plutôt qu'une certaine presse ne s'intéresse au vin qu'au travers de ce genre de gadgets.

Je trouve pitoyable qu'on confonde à ce point l'anecdotique et l'essentiel, l'accessoire et le principal.

Serait-ce le mal du siècle, dans notre métier, que de prendre l'info par le petit bout de la lorgnette?

Je sais, il m'arrive de succomber à cette tentation. En général, sous l'ironie, c'est pour soutenir une idée. Mais là, quelle idée soutient-on? Pourquoi parle-t-on de ce non-événement, et pas plus des éléments qui influencent vraiment la qualité et l'authenticité des vins, aujourd'hui? L'osmose inverse. La chaptalisation. La cryoextraction. La réacidification. La désalcoolisation. Le goût de bouchon. La mort des terroirs sous les herbicides. C'est moins sexy, comme histoire, mais tant qu'à parler de vin dans la presse grand public, autant écrire utile...

Vous le savez, je milite activement pour que le bouchage n'influence plus la qualité du vin, que ce soit le travail du vigneron qui s'exprime lors de nos dégustations; alors si le lieu de conservation du vin, son altitude, ses conditions de pression deviennent des critères déterminants dans la critique des vins, je pense que je vais me reconvertir. Passer mon brevêt d'homme-grenouille et ne plus vous emmerder avec mes commentaires de vin, plus ou moins superficiels. Je me contenterai de vous parler de la profondeur de mes plongées.

Mais c'est mon ami Marc qui aura le dernier mot. En exclusivité, il nous livre sa réaction par rapport à l'opération: "Ouais, c'est super, on a même remonté une perle..."

08:21 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

31 mai 2012

Marathon de Sauternes, deuxième

Ce samedi va se courir la deuxième édition du Marathon de Sauternes - 42km au travers du vignoble sauternais. Départ à 8h30 au Château Guiraud, arrivée au Château Filhot où un "Village Marathon" et des animations attendront les quelque 600 courageux participants et leurs accompagnants.

 

Sauternes.jpg

Plus d'info: www.marathon-sauternes.com

23:21 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |