19 décembre 2012

Bravo Yquem!

Pas d'Yquem en 2012! La raison invoquée par Pierre Lurton, "Excellence insuffisante", a de quoi faire sourire. C'est le plus bel oxymoron de l'année.

Mais au-delà de la formule (on ne demande pas à Lurton de faire de la littérature, juste du vin), la décision est excellente. Au prix où est l'Yquem, on peut exiger l'excellence.

Et si, malgré sa taille (90 ha), malgré la variété de ses micro-terroirs, malgré les tris, malgré la compétence des vendangeurs (qui font quasiment partie de la famille), le château n'a pas réussi à produire un vin "à la hauteur", on peut se demander qui, à Sauternes, peut se targuer d'avoir fait un vrai grand sauternes. Mais tous n'ont sans doute pas la trésorerie pour sauter un millésime, même dans les grands crus

Le vin, même dans les Grands Crus, c'est aussi, c'est d'abord du commerce, non? Et puis, qui fera la différence, à Hong Kong ou à San Francisco?

La question qui me brûle la langue: qu'est-ce qu'Yquem fera du raisin? Un second vin? Ou bien le vendra-t-il à Cordier ou à Dourthe?

Histoire à suivre, donc...

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

15 décembre 2012

Vente record de Cheval Blanc à Londres

Vente record chez Christies, à Londres: un lot de 12 bouteilles de Cheval Blanc 1947 a été adjugé pour 126.500 livres, soit 155.468 euros.

Soit 12.995 euros la bouteille. Ou encore, 172,7 euros le centilitre.

Ce qui fait cher la gorgée.

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Cheval Blanc, c'est du lourd (Photo Ejnot)

Les collectionneurs, les investisseurs, les spéculateurs et les revendeurs de tout acabit m'excuseront de ne pas partager leur enthousiasme, mais on me dit que dans le même temps, des malheureux grelottent sous les ponts de Paris, malgré tout le mauvais picrate qu'ils s'enfilent.

Alors un bon mouvement: améliorons leur ordinaire; que l'acheteur de ce lot en fasse cadeau aux Restos du Coeur. De toute façon, il n'avait certainement pas l'intention de le boire.

Je sais, c'est populiste, c'est vulgaire, et surtout, c'est hors de propos. Mais je n'ai pas demandé à recevoir cet indécent communiqué de victoire de Christie's, alors j'en fais ce que je veux.

Comme disait feu l'Abbé Pierre, "Y a des jours..." Oui, y a des jours où l'on a envie de piquer le Cheval Blanc.

PS. En parlant de chevaux: pour 155.000 euros, à Deauviell, on peut se payer un beau yearling. Et l'avantage, c'est que tout le monde peut l'admirer quand il court. Beauty is in the eye of the beholder.

09:46 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Tags : idécent, bordeaux, vin, vigne, spéculation, chevaux | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |