09 septembre 2013

Riche comme Angélus

Vous avez un peu, beaucoup d'argent, vous voulez l'investir pour vous payer un domaine viticole. Vous souhaitez vous installer dans un endroit affichant un certain standing, parce que tout de même, hein, à quoi ça sert d'être riche...

Bordeaux vous est venu directement à l'esprit - tant qu'à faire du vin, autant choisir une région de réputation, non?

Mais reste à choisir la commune. Pas question de vivre au côté de traîne-savates...

Alors ne cherchez plus: c'est Saint Emilion qu'il vous faut.

Sur la base de la dernière enquête du COMPAS, non seulement le revenu médian mensuel y est beaucoup plus élevé que la moyenne nationale (1.672 euros contre 1.328), mais il y est même plus élevé qu'à Bordeaux-ville (1.642).

Vous préférez les vins du Médoc? Réfléchissez bien: à Pauillac, le revenu médian mensuel n'est que de 1328 euros (c'est moins qu'à Corneilla la Rivière: 1.366 euros).

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A Mouton-Rothschild, chez les pauvres de Pauillac (Photo Benjamin Zingg)

Si l'on s'intéresse aux plus riches, l'écart se creuse encore. Malgré les Rothschild, à Pauillac, la moyenne du revenu mensuel des 10% d'habitants les plus riches de la commune n'est que de 2.501 euros, pour 3.864 à Saint Emilion.

Ne dites plus "riche comme Crésus", mais "riche comme Angélus..."

Et puis, si vous préférez vraiment les cabernets au merlot, il reste Château Figeac....

PS. Pour les gagne petit, il reste Toul (1302 euros de revenu médian mensuel ) ou Vix (1339), mais c'est nettement moins snob...

00:22 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

25 août 2013

Un Provençal à l'accent bordelais

De passage en Provence, j'ai goûté quelques Coteaux d'Aix, dont des rouges, pour me faire une idée. Et notamment l'Oppidum des Cauvins rouge 2011.

La propriété se trouve au bord de la route d'Apt à Marseille, non loin de Rognes. Un petit écrin de nature méditerranéenne au relief assez accidenté, aux jolies pinèdes, et qui gagne à être connu.

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Le vin, lui, est dominé par le cabernet (si ce n'est dans la réalité de l'assemblage, c'est pourtant ce que je ressens). Il est plaisant, mais un peu déroutant dans le contexte.

Comme vin jugé pour lui même, il est irréprochable; mais le consommateur qui recherche l'assent provençal sera déçu. Éternel problème de la typicité... Qu'est-ce qui a bien pu pousser cette appellation dont le nom lui-même renferme une promesse de Provence à accepter un cépage aussi peu local?

A part ça, je ne peux décemment vous déconseiller ce vin.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France, Provence | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |